Informations
Titre : Bigoudis et petites enquêtes – Panique au festival du livre
Auteur : Naëlle Charles
Éditeur : Archipoche
Nombre de pages : 576 pages
Formats et prix : broché 16 € / numérique 9.99 €
Date de publication : 2 mai 2024
Genre : cosy mystery
Résumé
Une nouvelle enquête s’annonce pour Léopoldine Courtecuisse, la coiffeuse de Wahlbourg. Cette fois, c’est sa sœur cadette qui est dans le viseur de la justice. Elle va mener l’enquête avec Quentin Delval, son lieutenant préféré, dessaisi officiellement de l’affaire. Ils vont devoir résoudre ce crime en secret au milieu du festival du livre de la ville.
Léopoldine Courtecuisse démêle une nouvelle enquête !
Jocelyne Courtecuisse a une nouvelle lubie avec ses amies du club féminin : organiser un grand salon du livre en mai à Wahlbourg ! Ses filles, Léopoldine et Constance sont sceptiques. Elles acceptent malgré tout d’intégrer le comité organisateur pour soutenir leurs parents.
Au fil des réunions, des tensions apparaissent entre Constance et Agathe Meyer, la bibliothécaire de Wahlbourg et sœur du maire. Un soir, la querelle entre les deux femmes prend de telles proportions que Léopoldine jette l’éponge, épuisée par ce climat délétère.
Aussi, quand une semaine avant le festival, on retrouve le corps d’Agathe, tous les regards se tournent vers la cadette du clan Courtecuisse. N’a-t-elle pas menacé la victime devant témoins ?
De son côté, Quentin Delval se voit retirer l’enquête au profit de la police, en raison de ses liens avec les Courtecuisse. Il décide donc de mener ses propres investigations en parallèle et sollicite pour cela ses collègues et surtout sa complice préférée, Léopoldine.
Pour notre duo de choc, l’enjeu est double : prouver que les gendarmes sont les meilleurs – question d’honneur ! – et innocenter Constance qui fait figure de suspecte idéale. Il n’y a pas une seconde à perdre !
Mon avis
Une coiffeuse s’allie à la gendarmerie pour résoudre des meurtres.
Tome 5 de la série, revoilà Léopoldine Courtecuisse et sa bande ! Je précise que les enquêtes sont indépendantes, vous pouvez donc arriver au salon de coiffure en cours de route (même si je pense que vous loupez quelque chose). D’ailleurs, une liste des personnages est proposée en début de récit. Utile !
Nous sommes à Wahlbourg, petite commune alsacienne. Un salon du polar se prépare activement, justement nommé « Wahlbourg mène l’enquête ». Jocelyne, la mère de Léopoldine, est membre active du comité d’organisation. Elle embarque dans l’aventure ses deux filles, Léo et Constance, avocate. Déjà que les membres du comité ont la fâcheuse habitude de se crêper le chignon lors des réunions préparatoires, tout part en cacahuète (une fois de plus et pour notre plus grand bonheur) lors de la découverte du corps de la bibliothécaire et célèbre influenceuse littéraire, Agathe Meyer, enfoui sous les bibliothèques renversées. C’est quand même le comble pour une bibliothécaire de mourir ensevelie sous les livres. Lorsque c’est Constance qui est soupçonnée, tout le clan Courtecuisse monte au créneau.
« Mais Constance a hurlé au scandale, si bien qu’elle s’est engueulée avec Agathe. C’était juste épouvantable ! Quentin s’est levé et est parti, tellement il en avait marre de ces querelles de clocher. Quant à Tom, il ne veut plus y mettre les pieds et je ne vois pas comment je pourrais l’y contraindre. »
D’autant plus que cette fois, la Gendarmerie et Quentin sont évincés par le SRPJ de Strasbourg et le chef de groupe, Franck Lefion (ça ne s’invente pas…). Quentin décide donc d’enquêter en sous-marin, avec l’envie furieuse de clouer le bec à ce Lefion en lui prouvant que la Gendarmerie est plus efficace que la Police (il fallait bien ajouter une guéguerre, sinon, ça perd son charme !). Il se fera aider par tout le clan Courtecuisse, avide d’innocenter Constance et de redorer la réputation familiale. Les enjeux sont donc énormes pour tous.
On retrouve ce qui a fait le succès des autres volets : l’humour, les personnages savoureux, et un thème chaque fois différent. Ici, nous entrons dans les coulisses d’un salon du livre. J’en ai organisé un près de chez moi durant plusieurs années, je me suis amusée à suivre les préparatifs. L’occasion pour le lecteur de découvrir l’envers du décor de ces salons que l’on apprécie tant. Intéressant. Et conforme à la réalité, je dois bien l’avouer !
Naëlle pointe également du doigt le juteux marché des Épreuves Non Corrigées envoyées aux Bookstagrameuses. Avec beaucoup d’humour, elle dévoile la face cachée du monde de l’édition. Le visage sombre, où tous les coups-bas sont permis. Un vrai festival !
« Elle remonte le fil Instagram jusqu’à un court film où la bibliothécaire présentait des réceptions du jour, dont une ENC. Agathe racontait à quel point elle avait hâte de découvrir la nouvelle œuvre d’une célèbre autrice de feel-good qu’elle disait adorer. »
L’enquête est bien menée, tout se tient, le dénouement comprend son lot de péripéties et de révélations, comme d’habitude, Naëlle ne se contente pas de demi-mesure. Sa plume est fluide, drôle, les dialogues sont pétillants, le ton se révèle léger, l’humour est présent, c’est un régal !
« -Il y a une différence entre sentir l’homme et puer le grizzli. Tu pourrais coucher avec un affreux pareil, toi ?
– Jamais de la vie ! Je préfèrerais faire une pédicure à Donald Trump avec les dents, plutôt que de laisser cet homme me toucher. »
On retrouve les relations amicales qu’entretenaient Quentin et Léo lors du tome 1 et j’ai beaucoup apprécié. Je n’aime pas quand ils sont en bisbille ! Autre duo dont les relations se radoucissent : Léo et sa sœur, Constance. Cette série vit, les personnages évoluent, et cela rajoute vraiment de l’intérêt à l’ensemble de la série. Tom, le fils de Léo, continue de grappiller de la place, il apporte à la fois un vent de fraicheur et de l’humour bien placé. La construction alterne entre le point de vue de Quentin et celui de Léo. C’est amusant de savoir ce que chacun pense de l’autre. Bien qu’ils soutiennent farouchement le contraire, ces deux-là veillent l’un sur l’autre.
Deux ou trois petites choses m’ont chagrinée néanmoins : Léo est propriétaire de son salon de coiffure. Comme tout commerçant qui se respecte, elle se plaint de la période creuse du moment. Ce qu’elle a déjà fait lors d’un précédent tome se déroulant également en janvier. Et quelques répétitions se sont avérées agaçantes pour moi, notamment dans les réparties de Tom, mais bon, ça ne gêne pas la lecture non plus, rassurez vous !
Je vous conseille ce cinquième tome (et la série entière) pour vivre une enquête policière dans un cadre chaleureux et drôle. Parfait pour l’été !!
« Un réseau relationnel ? Mais de quoi est-ce qu’on parle ? Elle est bibliothécaire dans une bourgade, ça ne fait pas d’elle François Busnel ! »
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En bref…
Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : j’aime beaucoup cette série, que je suis depuis ses débuts. Il était naturel pour moi de lire celui-ci. En plus, il se déroule dans un salon du livre, vous pensez bien !
Auteur connu : retrouvez ici la page regroupant les chroniques des quatre tomes précédents.
Émotions ressenties lors de la lecture : un panel d’émotions positives qui font du bien au moral !
Ce que j’ai moins aimé : quelques répétitions, et certains détails déjà présents dans les tomes précédents, mais rien de bien gênant.
Les plus : les personnages, l’humour, le récit, la construction.
Si je suis une âme sensible : pas de soucis, vous pouvez y aller tranquillement. C’est l’avantage du cosy mystery !
