« Les enquêtes de l’aliéniste : La danse macabre » de Jean-Luc BIZIEN

Informations 

Titre : Les enquêtes de l’aliéniste : la danse macabre

Auteur : Jean-Luc Bizien

Éditeur : L’Archipel

Nombre de pages : 300 pages

Formats et prix : broché 22 € / numérique 15.99 €

Date de publication : 3 octobre 2024

Genre : thriller historique

Résumé

Alors que l`Exposition universelle de 1889 bat son plein aux abords de la tour Eiffel, un assassin sème la terreur dans Paris. Après la découverte de la main momifiée d`une jeune femme, puis du corps mutilé d`un malfrat, les morts s`amoncellent. Alerté par la police, l`aliéniste Simon Bloomberg reprend du service, aidé de son intrépide gouvernante, Sarah Englewood.
La seconde enquête de Simon Bloomberg, aliéniste à la réputation sulfureuse.
Paris, Mai 1889. L`Exposition universelle vient d`ouvrir ses portes et la tour de Mr Gustave Eiffel se dresse majestueusement vers le ciel. Tandis que la foule s`y presse chaque jour plus nombreuse, une découverte macabre alerte les services de la Sûreté : à deux pas du champ de Mars, on a ramassé la main momifiée d`une jeune femme et le corps effroyablement mutilé d`un malfrat est découvert à son tour…Dès lors, les autorités redoutent qu`un vent de terreur submerge la capitale. Qui est donc ce tueur insaisissable ? Un tueur professionnel accomplissant une vengeance, un dément qui frappe au hasard… ou bien un monstre jailli de nulle part, que nul ne peut arrêter ?
L`inspecteur Desnoyers, son fidèle lieutenant Mesnard, l`intrépide Sarah Englewood, l`aliéniste Simon Bloomberg et leurs compagnons vont tenter de résoudre ce puzzle macabre. Et d`identifier le meurtrier qui sème ses trophées au pied de la tour Eiffel.
En bonus, suivez les pas de Simon Bloomberg en déambulant dans l`exposition universelle de 1889 comme si vous y étiez, grâce à la reproduction du Guide Joanne de Paris édition 1889 inclus dans cet ouvrage.

Mon avis

Le second volet des « Enquêtes de l’aliéniste » nous plonge dans le Paris de 1889, en plein cœur de l’Exposition Universelle et sous l’ombre imposante de la Tour Eiffel, fraîchement achevée.

Bien que les deux romans puissent se lire de manière indépendante grâce à des intrigues distinctes, il est préférable, à mon sens, de commencer par « La chambre mortuaire ». Cela permet de mieux comprendre les personnages. 

Jean-Luc nous immerge dans l’Exposition Universelle grâce à des descriptions précises et une documentation minutieuse. Les ruelles parisiennes, le Champ de Mars, les pavillons de l’Exposition… tout est décrit avec un tel réalisme que l’on s’y croirait. Le clin d’œil au Guide Joanne de Paris, dont la reproduction est incluse dans le roman, ajoute une dimension immersive et instructive à l’intrigue. 

« Le public varié – on trouvait à la fois des spécialistes attirés par les innovations et de nombreuses familles à la recherche de l’émerveillement – ne savait où donner de la tête. Le gigantesque ouvrage dressait sa silhouette improbable à la pointe du Champ-de-Mars. À ses pieds, les badauds s’extasiaient : qui oserait y monter ? Que pouvait-on bien voir de là-haut ? Quel panorama s’ouvrait à ceux qui défiaient le vertige ? On se perdait en conjectures, on formulait les hypothèses les plus farfelues. À n’en pas douter, on vivait une époque démente ! »

Simon Bloomberg, l’aliéniste, gagne en profondeur dans ce second tome. Marqué par son passé (je vais essayer de ne rien spoiler du tome 1), il continue d’évoluer en affrontant ses démons intérieurs. Il est bien loin du cliché du héros infaillible. Quant à Sarah Englewood, la gouvernante de l’aliéniste, elle brille encore davantage ici. Intrépide, perspicace et déterminée, elle apporte une énergie contagieuse à l’enquête et s’impose comme une figure incontournable. 

Autre duo apportant de la richesse à l’histoire : l’inspecteur Desnoyers et son lieutenant, Mesnard, jouent un rôle crucial dans la résolution de cette « Danse macabre ». Tous deux apportent une touche pragmatique et parfois humoristique à l’enquête. Ils ancrent l’intrigue dans un cadre policier réaliste et participent à l’atmosphère tendue du roman.

« – Plus j’y songe, intervint Mesnard, et plus je me dis que le tueur ne l’a pas suspendu pour faire bicher la police.
– Ben voyons ! grasseya Desnoyers. Il cherchait quoi, dans ce cas ? À refaire la décoration ? »

Et Ulysse, ce cher Ulysse, que j’ai tellement apprécié dans le premier tome. Il gagne en importance, pour mon plus grand plaisir. Il dévoile une facette humaine et attachante. Son charisme et son aura captivent le lecteur.

L’intrigue est menée tambour battant, avec un assassin insaisissable qui sème des indices macabres à travers Paris. Les découvertes successives, comme la main momifiée d’une jeune femme, ou encore le corps mutilé d’un malfrat, maintiennent la tension. L’équilibre entre enquête policière et atmosphère glauque est parfaitement dosé. Jean-Luc explore les recoins les plus sombres de la société parisienne tout en introduisant des thèmes profonds, comme la justice, la folie ou encore la vengeance.

Si le premier volume servait à poser les bases de l’univers et des personnages, ce second tome en tire pleinement parti. On entre directement dans le vif du sujet, ce qui donne un rythme plus soutenu. L’action s’enchaîne sans temps mort et l’enquête se déroule avec une belle fluidité. La plume de l’auteur est incisive, immersive et riche en détails sans être pesante. 

J’ai adoré comment Jean-Luc développe les méthodes d’investigation de l’époque. L’utilisation des observations scientifiques, l’analyse des preuves (comme les mutilations corporelles) sont au centre de l’enquête. Les travaux de Bertillon sur l’anthropométrie démontrent comment les enquêtes criminelles se transforment. 

La magie et l’illusion occupent également une place intéressante dans « La danse macabre ». Elles ajoutent une dimension mystérieuse et renforcent l’ambiance énigmatique du récit. Jean-Luc exploite l’attrait pour le surnaturel et les spectacles d’illusion très populaires à la fin du XIXè siècle, tout en les intégrant de manière subtile à l’enquête. Ces éléments nourrissent le doute et la fascination, créant des parallèles intriguant entre l’art de l’illusion et la manipulation psychologique. Misdirection

En lisant « La danse macabre », j’ai été complètement transportée par l’atmosphère sombre et fascinante que Jean-Luc parvient à créer. Les personnages ont réussi à m’émouvoir et m’embarquer dans leurs luttes intérieures et leurs quêtes. Chaque page me faisait plonger un peu plus dans ce Paris de 1889, me faisant regretter de ne pas avoir de machine à remonter le temps pour m’y rendre pour de vrai.

Comme pour le premier tome, je suis tombée amoureuse de l’objet-livre. Comme je le disais plus haut, il contient la version intégrale du Guide Joanne, qui s’est avéré être une mine d’information sur l’Exposition Universelle.

La danse macabre

Jean-Luc Bizien signe ici une suite plus aboutie que le premier volet. Porté par un duo de protagonistes attachants, une intrigue captivante et un contexte historique fascinant, « La danse macabre » est faite pour les amateurs de thrillers historiques

Et bonne nouvelle ! Un tome 3, « Les fantômes des catacombes », est prévu pour 2025. Le prologue nous est servi sur un plateau d’argent…et nous met l’eau à la bouche. Le rendez-vous est pris, et je sais déjà qu’il sera très difficile pour moi d’attendre…

« – Cette Exposition est une vitrine, messieurs, l’occasion pour la France de briller aux yeux du monde ! Vous devez en garantir le calme et la sécurité ! »

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La danse macabre

En bref…

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : j’avais bien accroché au premier tome et à cet univers particulier.

Auteur connu : retrouvez ma chronique du tome 1 : « La chambre mortuaire ».

Émotions ressenties lors de la lecture : angoisse, peur, émerveillement, empathie, admiration curiosité, envie. 

Ce que j’ai moins aimé : RAS

Les plus : l’époque, la plume, l’immersion, le travail de documentation, les personnages, l’intrigue, la fin.

Si je suis une âme sensible : certaines scènes sont difficiles. Attention.