Informations
Titre : Le mystère de la maison aux trois ormes
Auteur : Valentin Musso
Éditeur : Seuil et Pocket
Nombre de pages : 432 pages pour le poche
Formats et prix : broché 21.50 € / poche 9.60 € / numérique 15.99 €
Date de publication : 3 mai 2024 et 15 mai 2025 en poche
Genre : thriller psychologique
Résumé
Comment résoudre un meurtre si personne ne l’a commis ?
Le commissaire Forestier est appelé en urgence par Yves de Montalabert, un aristocrate qui a reçu des lettres de menace et craint pour sa vie. Le policier se rend chez lui, au cœur de la campagne normande, pour démasquer le corbeau. Mais à sa grande surprise il découvre que le comte a invité quatre personnalités à se joindre à eux : un jeune journaliste en vogue, la femme d’un riche industriel, un médecin des beaux quartiers et un général ayant l’oreille du pouvoir. Des convives bien sous tous rapports. Du moins en apparence…
Le soir même, le comte est assassiné brutalement dans son bureau, alors que porte et fenêtres sont verrouillées de l’intérieur. Qui plus est, tous les invités possèdent un alibi irréfutable. Confronté au plus déroutant des mystères de chambre close, Forestier prend l’affaire en main. Il ignore que cette énigme en cache une autre bien plus incroyable encore…
Avec ce roman à twists, Valentin Musso nous offre une intrigue aussi redoutable que ludique. Un suspense haletant, dont il serait criminel de révéler les multiples rebondissements.
Mon avis
Une énigme machiavélique dans la plus pure tradition du roman à suspense
Un aristocrate menacé, une réunion de convives au pedigree impeccable, un meurtre impossible derrière des portes verrouillées… et un commissaire dépassé par une mécanique infernale. Voilà le point de départ de ce roman de chambre close où les apparences sont, comme souvent chez Musso, délicieusement trompeuses.
Une atmosphère digne des grands classiques
Dès les premières pages, on est plongé dans une ambiance à la Agatha Christie, avec ce manoir normand isolé, ses boiseries qui craquent et cette galerie de personnages aussi raffinés que suspects. Valentin Musso excelle dans l’art de faire naître le malaise par petites touches : regards échangés, silences pesants, détails qui intriguent mais ne s’assemblent pas encore.
Tout dans le décor semble annoncer le drame et pourtant, quand il arrive, il prend le lecteur à contrepied.
Un commissaire face à l’impossible
Le personnage du commissaire Forestier se démarque par sa profondeur et sa pertinence. Cartésien, expérimenté, peu enclin aux excentricités, il se retrouve confronté à une énigme qui échappe à la logique pure : un meurtre en chambre close, des suspects intouchables, des alibis en béton… et aucune faille apparente.
Ce qui fascine ici, c’est la façon dont Valentin joue avec les codes du genre. Il en respecte les règles pour mieux les détourner et pousse son enquêteur, comme son lecteur, dans ses retranchements.
« Tout crime recèle une part évidente de psychologie : le choix de l’arme, la méthode utilisée, le modus operandi reflètent forcément une personnalité. C’est cela qu’il nous faut creuser si nous voulons trouver le coupable. »
Des personnages plus ambigus qu’il n’y paraît
Derrière les titres, les apparences bien lisses et les convenances sociales, chacun des personnages cache des failles, des secrets ou des parts d’ombre que Forestier va peu à peu découvrir.
Mention spéciale pour le jeune journaliste, dont la curiosité semble parfois dépasser le cadre de la simple observation, et pour la femme d’industriel, que l’on sent tour à tour vulnérable et manipulatrice.
On se surprend à changer d’avis sur chacun d’eux au fil des chapitres, preuve que Musso sait manier la psychologie avec finesse.
Un récit en trompe-l’œil
Ce qui frappe, c’est l’architecture du roman : « Le mystère de la maison aux trois ormes » est un jeu de pistes à plusieurs niveaux. On croit avoir compris, on pense tenir la clé, puis tout bascule. Et là, c’est un second récit qui s’ouvre, plus profond, plus vertigineux.
Je n’en dirai pas plus, car l’un des plaisirs majeurs du roman réside dans ses rebondissements (et ils sont nombreux), souvent brillants et toujours crédibles.
Manipulée comme dans un bon vieux polar
J’ai adoré me perdre dans cette enquête impossible, dans cette atmosphère feutrée qui dissimule des drames bien plus sombres qu’on ne le croit.
C’est un roman qu’on dévore en se disant « Encore un chapitre » et qui finit par nous happer jusqu’au bout.
Le suspense est parfaitement maîtrisé, le rythme ne faiblit jamais et chaque détail prend sens a posteriori, ce qui donne envie de relire certaines pages pour mieux apprécier l’ingéniosité de l’intrigue.
« Le mystère de la maison aux trois ormes » est un excellent cru de Valentin Musso. C’est un roman ludique, intelligent, qui rend hommage au polar classique tout en gardant une vraie modernité narrative.
On referme le livre avec le sourire… et l’envie de recommencer depuis le début pour voir ce qu’on avait raté. Une réussite !
Je remercie le groupe Editis, Lisez ! et les Editions Pocket pour cette lecture.
« Vous n’allez tout de même pas, comme le fait le détective belge de cette célèbre romancière, confondre le criminel devant tous les suspects en exposant par le menu les astuces auxquelles il a eu recours ? »
#Lemystèredelamaisonauxtroisormes #ValentinMusso
En bref…
Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : j’ai choisi ce roman car j’avais envie d’un polar à l’ancienne, avec une atmosphère de manoir, des suspects bien habillés, des secrets enfouis et surtout une vraie énigme de chambre close, comme on en voit trop peu aujourd’hui.
Le résumé promettait un jeu de pistes mental et du suspense à l’anglaise et je n’ai pas été déçue. J’avais aussi envie de retrouver la plume de Valentin Musso, que je savais capable d’alliances subtiles entre psychologie et narration.
Auteur connu : j’aime beaucoup Valentin, que je prends plaisir à redécouvrir, puisque c’est le second roman de l’auteur que je découvre ce mois-ci.
Émotions ressenties lors de la lecture : curiosité, fascination, doute, excitation.
Ce que j’ai moins aimé : RAS
Les plus : l’ambiance, le côté « énigme de chambre close », les rebondissements et les txwists, la plume.
Si je suis une âme sensible : pas de soucis, mais sachez que ce mystère risque de vous trotter dans la tête bien après la dernière page !


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