(ou comment survivre à l’une des résolutions préférées des lecteurs)
Coucou la Book Team, avouez-le, chaque début d’année, c’est un peu la même chose. Parmi les bonnes résolutions du 1er janvier, il y en a une qui revient inlassablement chez les lectrices et les lecteurs passionnés : réduire sa pile à lire, cette fameuse PAL qui ne cesse de grandir au fil des mois…

La pile à lire.
Trois mots qui font sourire… ou soupirer.
Elle trône parfois fièrement dans un coin du salon, parfois dangereusement sur une étagère déjà pleine, parfois en version numérique, tout aussi envahissante. Réduire sa PAL, beaucoup en rêvent. Peu y arrivent vraiment. Et pourtant, ce n’est pas une question de discipline stricte ou de privation, mais plutôt de rapport au livre, au temps et au désir de lire.
Si réduire votre PAL fait partie de vos bonnes résolutions de cette année, je vous propose quelques pistes testées, réfléchies, parfois approuvées, souvent contournées, pour tenter de faire baisser cette fameuse PAL ou au moins de l’apprivoiser…
1. Accepter que sa PAL ne disparaîtra jamais vraiment
Commençons par regarder la vérité en face :
quand on est lecteur ou lectrice, une pile à lire totalement vide est impossible. Et ce n’est pas grave !
Avant de chercher à la faire disparaître, il faut déjà accepter qu’elle fasse partie intégrante de notre vie de lecteur.
Acheter des livres, c’est souvent anticiper un futur moment de lecture, une émotion à venir, un besoin qui n’est pas encore là. Vouloir réduire sa PAL ne signifie donc pas vouloir arrêter d’acheter des livres, mais plutôt rééquilibrer ses envies et ses lectures réelles.
Réduire sa PAL commence par arrêter de se battre contre elle.
2. Faire un état des lieux honnête (même s’il pique un peu)
Avant toute chose, il faut savoir ce que contient réellement sa pile à lire.
- Quels livres sont là depuis plus d’un an ?
- Lesquels ont été achetés sur un coup de tête ?
- Lesquels vous attirent encore aujourd’hui ?
- Lesquels vous regardent avec insistance… mais sans envie réelle ?
Ce tri est parfois un peu rude, mais il est nécessaire. On évolue en tant que lecteur, nos goûts changent, nos attentes aussi. Un livre qui ne vous attire plus n’est pas un échec, c’est simplement un livre qui ne correspond plus à la personne que vous êtes aujourd’hui.
3. Se donner le droit de sortir un livre de sa PAL sans le lire. C’est sans doute le point le plus libérateur.
L’une des raisons pour lesquelles la PAL devient oppressante, c’est cette petite voix intérieure qui répète : Je devrais le lire.
Un livre peut être donné, revendu, échangé, ou simplement rangé ailleurs (si vous avez la place !), sans jamais avoir été lu.
Conserver un livre uniquement parce qu’on devrait le lire est souvent contre-productif. Se débarrasser d’un livre qui ne vous attire plus, c’est souvent se libérer mentalement et redonner de l’air à sa PAL.
Lire doit rester un choix, pas une obligation morale.

4. Lire selon ses envies du moment (et pas selon un plan rigide)
Beaucoup essaient de réduire leur PAL en établissant des listes strictes, des plannings, des défis trop contraignants. Résultat : la lecture devient une tâche à accomplir.
Or, on lit mieux (et plus) quand on lit ce qui nous appelle maintenant.
- Un polar après une lecture exigeante
- Un roman court entre deux gros pavés
- Une relecture quand l’envie de nouveauté n’est pas là
Écouter ses envies, ce n’est pas se disperser, c’est respecter son rythme de lectrice ou lecteur. Et paradoxalement, c’est souvent ce qui permet d’avancer plus vite dans sa PAL.
5. Alterner formats et genres pour éviter la lassitude
La PAL grossit parfois parce que la fatigue s’installe.
Enchaîner des lectures trop similaires peut ralentir le rythme :
- trop de romans lourds émotionnellement,
- trop de thrillers sombres,
- trop de pavés exigeants.
Varier les genres, les styles, les formats (roman court, BD, livre audio, nouvelles) permet de relancer l’élan de lecture sans abandonner les livres plus ambitieux.
Un livre audio peut parfaitement cohabiter avec un roman papier. Ce n’est pas tricher, c’est lire autrement.
6. Réfléchir à sa manière d’acheter des livres
Réduire sa PAL passe aussi, forcément, par une réflexion sur les achats.
Quelques pistes simples :
- attendre un peu avant d’acheter un livre très médiatisé (envie durable ou effet de mode ?),
- noter les titres qui vous tentent au lieu de les acheter immédiatement,
- privilégier la bibliothèque pour les curiosités passagères,
- se demander : ai-je vraiment envie de le lire maintenant ?
Acheter moins ne signifie pas aimer les livres moins fort. Cela peut aussi vouloir dire les choisir avec plus d’attention.
7. Se fixer des objectifs réalistes (et bienveillants)
Lire un peu chaque jour, terminer un livre par semaine, réduire sa PAL de cinq titres dans l’année… Tout est valable, à condition que ces objectifs soient :
- atteignables,
- adaptés à votre rythme de vie,
- et surtout non culpabilisants.
La lecture ne devrait jamais devenir une source de pression. Si un objectif vous décourage, ce n’est pas vous le problème, c’est l’objectif !
8. Se rappeler pourquoi on lit
Enfin, la question la plus importante :
Pourquoi voulez-vous réduire votre PAL ?
Pour faire de la place ?
Pour retrouver du plaisir ?
Pour ne plus être submergé(e) ?
Pour mieux savourer chaque lecture ?
Revenir à cette intention permet de remettre les choses à leur place. La PAL n’est pas un ennemi à abattre, mais un indicateur. Elle parle de vos envies, de vos périodes, de vos excès parfois… et de votre amour pour les livres, toujours.
9. Quand les livres sont aussi un besoin de présence
Il y a aussi une réalité dont on parle peu : certains lecteurs aiment profondément être entourés de livres. Les voir, les toucher, savoir qu’ils sont là. Acheter des livres n’est alors pas seulement un acte de lecture future, mais presque un geste rassurant. J’en fais partie !
Pendant longtemps, le manque de place freinait mes achats et rendait ma pile à lire presque anxiogène. Depuis que j’ai une pièce bibliothèque, avec de l’espace (pour le moment du moins), mon rapport aux livres a changé. J’ai retrouvé le plaisir d’acheter, sans me sentir immédiatement submergée. Les livres ne s’entassent plus en piles instables, ils trouvent leur place, visuellement et mentalement. Et paradoxalement, cette sensation d’espace rend mes achats plus joyeux, moins compulsifs, plus assumés. Être entourée de livres me fait du bien, tout simplement.

Et si la meilleure résolution était ailleurs ?
Réduire sa pile à lire fait souvent partie des bonnes résolutions du 1er janvier quand on est lecteur. Mais plutôt que de chercher à la faire disparaître à tout prix, il est peut-être plus juste d’apprendre à la gérer avec douceur et lucidité.
Lire, ce n’est pas cocher des cases.
C’est choisir, ressentir, parfois renoncer, souvent se faire plaisir.
Et si, au final, la meilleure résolution était simplement de lire mieux… plutôt que de lire moins ou plus vite ?


Non car j’en achète toujours plus que je ne peux en lire.
Très bel article qui m’évite de culpabiliser 🙂
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