Informations
Titre : Obsessions
Auteur : Émilie Chani
Éditeur : Taurnada
Nombre de pages : 256 pages
Formats et prix : poche 10.90 € / numérique 7.99 €
Date de publication : 15 janvier 2026
Genre : thriller psychologique
Résumé
Et si traquer la vérité réveillait nos propres démons ?
1995. Un corps est retrouvé, soigneusement mis en scène. Rien d’un crime ordinaire. D’autres morts suivent, toutes marquées par des détails troublants.
Pour le commandant Victor Dufresne, l’affaire devient obsessionnelle. Derrière chaque indice, il devine un fil invisible, une histoire ancienne qui remonte à la surface.
Mais à mesure qu’il approche de la vérité, il se heurte à ses propres failles…
Ce roman explore les cicatrices invisibles, les liens d’emprise et la frontière fragile entre victime et coupable.
Mon avis
Quand les blessures de l’enfance façonnent les monstres d’aujourd’hui…
Avec « Obsessions », Émilie Chani signe un thriller psychologique sombre et percutant, qui explore la violence sous toutes ses formes et ses répercussions durables sur les individus. Ce roman noir interroge la mémoire traumatique, l’emprise et cette frontière fragile entre victime et coupable.
Une construction narrative en deux temps au service du suspense
Le roman repose sur une construction narrative en deux temps, qui alterne entre passé et présent, donnant, à la fois, une belle profondeur psychologique au récit et un tempo bigrement efficace !
Nina : une enfance brisée par la violence
On suit Nina depuis son enfance, marquée par la violence familiale.
Elle grandit et se construit dans un climat de rejet perpétuel. Je ne vous en dis pas plus !
Pour survivre à ce quotidien, Nina se réfugie dans la littérature, qu’elle dévore depuis toujours, et dans la musique. Les chansons de Daniel Balavoine, chargées de colère et de lucidité, deviennent pour elle une forme de refuge émotionnel, une manière d’exprimer ce qu’elle n’a jamais pu dire à voix haute.
« Elle choisissait ses lectures comme on choisit une arme, selon l’émotion qu’elle voulait éprouver, la leçon qu’elle voulait retenir. »
Sa rencontre avec Valentine marque un tournant. Mais Valentine n’est pas une sauveuse, là aussi, je ne vous en dis pas plus.
Victor : un commandant de police hanté par le passé
En parallèle, le roman suit Victor, commandant de police, profondément marqué par la mort de sa femme dans un accident de voiture. Une femme qui n’a jamais été acceptée par ses parents, ajoutant une couche supplémentaire à son deuil.
Chargé d’une enquête sur plusieurs meurtres à la mise en scène troublante, Victor découvre d’étranges similitudes entre les crimes. Peu à peu, il comprend qu’un fil invisible relie ces morts. À mesure qu’il s’approche de la vérité, l’enquête vient réveiller ses propres failles et fissurer ses certitudes.
« Victor Dufresne n’était pas du genre à prendre du recul. Il fonçait, toujours. Il creusait, il fouillait, il s’acharnait jusqu’à ce que quelque chose cède. »
Des personnages complexes et profondément humains
L’un des grands points forts du roman réside dans ses personnages. Nina et Victor sont profondément travaillés, complexes, crédibles dans leurs failles comme dans leurs zones d’ombre. Aucun n’est idéalisé. Aucun n’est totalement innocent.
Émilie prend le temps de creuser leurs psychologies, leurs traumatismes, leurs contradictions. On ne lit pas seulement une enquête, on entre dans des existences fracassées, façonnées par la violence, le silence et l’abandon.
Des thèmes forts, abordés sans détour
« Obsessions » explore des sujets lourds, au cœur du roman noir contemporain : la violence conjugale et familiale, le harcèlement, l’emprise psychologique, la frontière trouble entre victime et coupable.
Rien n’est survolé. Émilie ne cherche pas à choquer gratuitement, mais à montrer comment les traumatismes s’accumulent, se transforment et parfois explosent. Le roman pose une question dérangeante : à partir de quand cesse-t-on d’être une victime pour devenir autre chose ? Et cette frontière existe-t-elle vraiment ?
Un rythme rapide et une plume fluide
Malgré la noirceur des thèmes, la lecture reste fluide. Le rythme est soutenu, les chapitres s’enchaînent sans temps mort, alternant efficacement entre les deux intrigues. La plume d’Émilie est directe, précise, efficace, ce qui renforce encore l’impact émotionnel du récit.
Mon avis de lectrice
« Obsessions » est une lecture éprouvante, parfois inconfortable, mais difficile à lâcher. Ce n’est pas un simple thriller, c’est un roman qui dérange parce qu’il touche juste. Parce qu’il montre que la violence ne disparaît jamais vraiment, qu’elle change de forme, qu’elle se transmet.
J’ai été particulièrement marquée par le personnage de Nina, par la façon dont la littérature devient pour elle un outil de survie, puis un élément presque ironique face à la noirceur de ce qu’elle traverse.
Faut-il lire « Obsessions » d’Émilie Chani ?
Sans hésitation oui !
« Obsessions » est un thriller psychologique intense, sombre et profondément humain, porté par des personnages forts et une réflexion exigeante sur la violence et ses conséquences.
Un roman qui laisse une trace durable et qui s’adresse aux lecteurs amateurs de romans noirs psychologiques qui n’ont pas peur de plonger dans les zones les plus sombres de l’âme humaine.
« Une nuit, alors qu’elle tentait de trouver le sommeil malgré la faim qui lui nouait l’estomac, elle se fit une promesse : un jour, elle ne dépendrait plus de personne et elle ne laisserait plus jamais personne lui marcher dessus. »
Un grand merci aux Editions Taurnada pour cette lecture.
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En bref…
Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : attirée par sa couverture et son résumé, j’ai eu envie de me pencher sur l’approche proposée au sujet de la violence et de ses conséquences.
Auteur connu : « Obsessions » est le premier roman d’Émilie. Une belle réussite ! Une auteure à suivre !
Émotions ressenties lors de la lecture : colère, impuissance, peur, révolte, dégoût, fascination, admiration.
Ce que j’ai moins aimé : RAS
Les plus : les thématiques, la construction, les personnages, la plume, la sensibilité du récit.
Si je suis une âme sensible : pas de violence gratuite, mais des thématiques psychologiquement rudes. À privilégier si vous aimez les romans noirs exigeants et sans concession.

