Coucou la Book Team, jeudi soir, la Librairie de Paris accueillait Laure Leroy, directrice des éditions Zulma, pour une rencontre aussi riche qu’inspirante. Je vous raconte ?

J’ai retrouvé ma copine Ségolène pour cette soirée exceptionnelle. Ce moment qui rappelle pourquoi on aime tant pousser la porte des librairies : pour entendre parler des livres autrement, par celles et ceux qui les défendent avec conviction, patience et passion.





Dès les premières minutes, une évidence s’impose : Laure Leroy ne se contente pas de diriger une maison d’édition. Elle l’incarne. Et cette passion, profondément communicative, se ressentait dans chacune de ses paroles.
Fondées en 1991, les éditions Zulma se sont construites loin des effets de mode, avec une ligne éditoriale singulière et immédiatement reconnaissable. Laure Leroy est revenue sur l’origine du nom de la maison, une anecdote à la fois littéraire et symbolique : Zulma était la meilleure amie d’Honoré de Balzac.

Zulma défend une littérature ouverte sur le monde, où les textes étrangers occupent une place centrale, toujours portés par un immense respect du lecteur.




Impossible de parler de Zulma sans évoquer ses couvertures si reconnaissables. Laure Leroy est revenue sur ce travail graphique devenu emblématique : des motifs, des couleurs franches, une esthétique forte qui ne cherche pas à illustrer l’histoire mais à en capter l’atmosphère.
Ces couvertures attirent l’œil, intriguent et donnent surtout envie d’ouvrir le livre. Elles participent pleinement à l’expérience de lecture.






Avec la création de la collection poche, Laure Leroy a expliqué combien cette aventure éditoriale allait bien au-delà d’un simple changement de format. Il s’agissait avant tout de rendre accessibles des textes forts, parfois exigeants, sans jamais transiger sur la qualité.
Passer en poche, chez Zulma, ne signifie ni simplification ni compromis. Les textes restent travaillés avec le même soin, la fabrication reste exigeante et chaque livre conserve son identité propre. Une démarche fidèle à la philosophie de la maison : faire confiance aux lecteurs.




La rencontre a aussi permis de revenir sur plusieurs romans cultes du catalogue Zulma. L’un des projets les plus marquants évoqués ce soir fut sans conteste la réédition de « Les Frères Karamazov » de Dostoïevski.

Drame social, familial et moral, « Les Frères Karamazov » dépeint une Russie à son apogée, et explore les questions philosophiques, religieuses, et existentielles chères à son auteur. Dostoïevski, maître du suspense, livre une œuvre magistrale, un roman révolutionnaire, et confirme par le ton presque oral de la narration et par la construction même à quel point, jouant avec le lecteur dès le prologue, il fut visionnaire dans sa maîtrise de l’art du récit.
Laure Leroy a partagé les coulisses de ce chantier colossal :
- trois ans de travail,
- une nouvelle traduction,
- un budget de 50 000 euros, rien que pour la traduction.
Un chiffre impressionnant, qui en dit long sur l’engagement de la maison. Publier Dostoïevski aujourd’hui, c’est repenser la langue, le rythme, la modernité du texte, pour offrir une version fidèle et vivante. Un pari audacieux, presque déraisonnable, mais profondément cohérent avec la vision de Zulma.


Tout au long de la rencontre, ce qui frappait, c’était la manière dont Laure Leroy parlait des livres : avec précision, ferveur, mais aussi une grande humilité. Elle a évoqué les traducteurs, les auteurs, les graphistes, les libraires comme autant de piliers indispensables d’un écosystème fragile.
On sent chez elle une confiance profonde dans les lecteurs et une foi intacte dans la capacité de la littérature à traverser le temps, à interroger le monde et à nous faire voyager.


Cette soirée rappelle à quel point le travail éditorial mérite d’être défendu, pourquoi le temps long est précieux et pourquoi certains livres existent contre toute logique économique.
Un grand merci à la Librairie de Paris pour cette belle rencontre.



Une réflexion sur “Rencontre avec Laure Leroy (Editions Zulma)”