Informations
Titre : Je suis un monstre
Auteur : Christine Adamo
Éditeur : Taurnada
Nombre de pages : pages
Formats et prix : poche 10.90 € / numérique 7.99 €
Date de publication : 5 mars 2026
Genre : thriller psychologique
Résumé
Moi, c’est Tom. J’ai 7 ans, un cerveau trop fort, une maman trop horrible, un papa et un chien trop gentils que je veux rejoindre dans les Ardennes.
Mais entre un double pas sympa dans ma tête et des gens qui sont morts partout sans prévenir, c’est pas gagné.
Une histoire drôle, noire et bizarre, comme la vie. Mais en pire.
Mon avis
Avec « Je suis un monstre », Christine Adamo propose un roman noir déroutant, audacieux et profondément troublant.
Ici, le narrateur s’appelle Tom. Il a 7 ans.
Et c’est à travers son regard que nous découvrons une histoire où l’innocence se fissure, où la violence affleure et où la frontière entre imagination et réalité devient poreuse.
Un choix narratif risqué : la voix d’un enfant
Dès les premières pages, le lecteur comprend qu’il devra s’adapter.
Tom est un enfant de 7 ans. Il pense donc comme l’enfant qu’il est. Il interprète le monde avec ses mots à lui : « cerveau trop fort », « maman trop horrible », « double pas sympa ».
Ce parti pris stylistique peut déstabiliser. Les phrases sont simples. Les explications partielles.
Mais très vite, on se rend compte que cette narration enfantine n’adoucit rien. Au contraire. Elle rend tout plus brutal.
Car ce que Tom raconte n’a rien d’enfantin.
Des morts surgissent dans le récit. Une tension sourde s’installe. Un « double » semble occuper son esprit.
Le décalage entre la naïveté apparente du discours et la noirceur des faits crée un malaise constant. C’est précisément là que réside la force du roman.
Un roman noir psychologique d’une grande subtilité
« Je suis un monstre » n’est pas un thriller classique. Il ne cherche pas l’effet spectaculaire. Il s’inscrit davantage dans la tradition du roman noir psychologique, où l’atmosphère compte plus que l’action.
Le lecteur doit lire entre les lignes. Comprendre ce que Tom ne comprend pas. Interpréter ce que l’enfant ne formule pas.
Cette mécanique narrative engage pleinement le lecteur. On devient presque enquêteur, cherchant à recomposer la vérité derrière le filtre déformant de l’enfance.
Et plus l’histoire avance, plus une question obsédante s’impose : Tom est-il réellement un monstre ? Ou est-il le produit d’un environnement qui l’a dépassé ?
« L’embêtant, c’est que, quand je m’ennuie, les idées pas marrantes reviennent dans mon cerveau. »
Innocence, violence et perception du réel
Ce roman interroge frontalement la perception du réel chez l’enfant. Tom observe, enregistre, interprète. Mais il ne possède pas toutes les clés. Son regard est à la fois pur et déformé.
Le texte joue constamment sur cette ambiguïté : ce qui relève de l’imaginaire, du traumatisme, de la réalité.
Cette incertitude crée une tension psychologique particulièrement efficace. On doute. On hésite. On soupçonne.
Et ce doute fait tout le sel du récit.
Une lecture dérangeante mais maîtrisée
Il serait faux de dire que ce roman est confortable. Certaines scènes mettent mal à l’aise. Certaines phrases résonnent longtemps.
Pourtant, rien n’est gratuit. La noirceur n’est jamais complaisante. Elle est au service d’une réflexion plus large sur la violence, la construction psychique et la fragilité des repères.
Christine Adamo fait preuve d’une grande maîtrise dans la progression dramatique. Le rythme est précis, même s’il s’avère inégal. La tension monte sans jamais exploser inutilement.
C’est un texte qui travaille en profondeur.
Mon avis sur « Je suis un monstre »
Ce roman m’a bousculée.
J’ai d’abord été complètement déstabilisée par la narration. Il faut accepter d’entrer dans la tête d’un enfant de 7 ans et de ne pas tout comprendre immédiatement. Cela n’a pas été facile !
Mais une fois ce cap franchi, la lecture devient hypnotique.
J’avoue avoir ressenti une certaine fascination pour la mécanique psychologique mise en place.
C’est une lecture qui dérange, qui interroge, qui oblige à réfléchir. Et c’est précisément pour cela qu’elle mérite d’être lue.
Je suis sortie de ma zone de confort avec ce roman et vous savez quoi ? Ça fait un bien fou !
« Sauf qu’à ce moment-là, il y a eu une contrariété. »
À qui s’adresse ce roman ?
Je recommande « Je suis un monstre » :
- Aux amateurs de romans noirs psychologiques
- À ceux qui aiment les narrations atypiques
- À celles et ceux qui n’ont pas peur d’être déstabilisés
En revanche, si vous recherchez un thriller rythmé et spectaculaire, ce roman pourrait ne pas correspondre à vos attentes.
En conclusion
Avec « Je suis un monstre », Christine Adamo signe un roman original, porté par une voix enfantine aussi fragile que dérangeante.
Un texte noir et étrange.
Une lecture qui laisse une empreinte.
Et une question persistante : qui est vraiment le monstre ?
« Et je me suis dit qu’il y a seulement une chose pour ça, c’est l’amour qu’elle a encore un petit peu pour moi. Je crois pas qu’il lui en reste beaucoup, sinon elle crierait pas après moi tout le temps. »
Je remercie les Editions Taurnada pour cette lecture.

En bref…
Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : le résumé : j’ai eu envie de découvrir ce roman pour son angle narratif atypique. Ce parti pris m’intriguait beaucoup et promettait une expérience de lecture différente des thrillers psychologiques plus classiques.
Auteur connu : Christine est l’auteure de plusieurs romans. Je la découvre ici.
Émotions ressenties lors de la lecture : malaise, curiosité, fascination, trouble, tristesse, tension, empathie.
Ce que j’ai moins aimé : la narration qui m’a déstabilisée au début, le rythme un peu inégal.
Les plus : cette même narration !, la lecture immersive, poussant le lecteur à s’interroger, l’intrigue, la psychologie de Tom, la fin.
Si je suis une âme sensible : Ce roman peut clairement mettre mal à l’aise.
