Coucou la Book Team, hier soir, j’ai eu le plaisir d’assister à une rencontre littéraire avec Marc Alexandre Oho Bambe à la Librairie de Paris. Un moment précieux, profondément humain, que je suis impatiente de vous raconter !


Toutes les citations contenues dans cet article sont de Marc Alexandre.
J’avais déjà eu la chance de rencontrer Marc Alexandre Oho Bambé lors de la Fête du Livre de Saint-Étienne en 2023. À l’époque, il avait été mon auteur chouchou de cette édition. Sa présence, sa manière de parler des mots, de la poésie et de la vie m’avaient profondément marquée.
J’avais lu « Souviens-toi de ne pas mourir sans avoir aimé », qui a été un véritable coup de cœur.
Alors, lorsque la Librairie de Paris a annoncé cette nouvelle rencontre, j’étais enchantée !
Mais la semaine a été assez compliquée : beaucoup de travail au bureau, un peu de fatigue et surtout quelques soucis de santé. Jusqu’à la dernière minute, je ne savais pas si je pourrais m’y rendre. Finalement, j’ai décidé d’y aller malgré tout… et je suis vraiment heureuse de l’avoir fait.
Car certaines soirées font simplement du bien.



Dès le début de la rencontre, Marc Alexandre Oho Bambé a installé une atmosphère chaleureuse et sincère. Il fait partie de ces auteurs qui ne se contentent pas de parler de leurs livres : ils racontent la vie, les influences, les rencontres qui façonnent une écriture.
Et ce qui frappe immédiatement chez lui, c’est l’énergie qu’il dégage.
Une énergie positive, généreuse, presque contagieuse.
Il parle avec passion, avec sensibilité et surtout avec une immense sincérité. On sent que pour lui la littérature n’est pas un simple objet intellectuel : c’est une manière d’habiter le monde.
« Je crois de moins en moins à l’universalité, je crois à la diversité ».


Au fil de la rencontre, l’auteur est revenu sur ce qui nourrit son écriture.
Il a évoqué les figures fondatrices de sa vie : sa grand-mère, sa mère (ses Merveilleuses), son père.
Ces présences familiales ont façonné sa manière de regarder le monde, d’écouter les silences, de transformer les souvenirs en matière poétique.
« Je n’écris pas de la poésie, je pense que la poésie m’écrit. »
Il a également parlé des poètes qui l’ont accompagné dans son parcours de lecteur : René Char, Césaire, et bien d’autres. Car avant d’être écrivain, il est d’abord un lecteur de poésie. Un amoureux des mots qui cherchent à dire l’essentiel : la mémoire, la transmission, l’espoir.
On comprend alors mieux pourquoi ses textes portent souvent cette dimension à la fois intime et universelle.
« Mon geste d’écriture est un geste d’âme ».


Ce qui m’a particulièrement touchée pendant cette rencontre, c’est sa manière de parler de la poésie.
Pour lui, elle n’est pas réservée aux livres ou aux cercles littéraires. Elle existe partout : dans les rencontres, dans les souvenirs, dans les combats du quotidien, dans les gestes simples.
La poésie devient alors une manière de résister au cynisme, de continuer à croire en la beauté du monde malgré ses fractures.
« L’humanité a essaimé en marchant. Il faut regarder l’horizon et imaginer ce qu’il y a derrière. Aller voir ailleurs si j’y suis. »
Et dans une période où l’actualité peut parfois sembler lourde, ce type de discours résonne particulièrement fort.
On ressort de la rencontre avec l’impression d’avoir reçu une bonne dose d’optimisme.
« Nous sommes du monde. Nous sommes solidaires du monde. »

La rencontre a également été ponctuée par plusieurs moments particulièrement émouvants. Marc Alexandre Oho Bambé n’était pas venu seul : il était accompagné de Caroline Bentz, installée au piano.
Pendant qu’elle jouait, l’auteur nous a offert plusieurs lectures de ses poèmes.
La musique et les mots se répondaient avec une grande douceur, créant une atmosphère presque suspendue dans la librairie. Les notes du piano accompagnaient les textes comme un souffle, donnant encore plus de force aux images et aux émotions portées par la voix du poète.
Ce moment avait quelque chose de très intime, presque fragile, comme si la librairie s’était transformée le temps de quelques minutes en une petite scène de poésie vivante.
C’était un instant rare, qui rappelait que la poésie est avant tout une expérience à partager : une rencontre entre les mots, la musique et ceux qui écoutent.
Le public a fait « tapis de silence », comme le dit Marc Alexandre.


« Le je ne peut pas exister sans le nous ».
Ces rencontres littéraires sont aussi l’occasion de partager ces moments avec d’autres passionnés de lecture. Hier soir, j’ai eu le plaisir d’y retrouver ma copine blogueuse Ségolène.
Nous avons passé un très beau moment à écouter Marc Alexandre Oho Bambe parler de son écriture, de ses influences et de sa vision de la poésie. Entre passionnés de livres, ces instants prennent souvent une saveur particulière : on écoute, on échange des regards complices, on partage ensuite nos impressions.
Ce sont aussi ces petits moments de convivialité qui rendent les rencontres littéraires si précieuses.

La soirée s’est terminée par un temps d’échange avec le public. Les questions ont prolongé la discussion autour de l’écriture, de la transmission et du rôle des artistes dans la société.
Marc Alexandre Oho Bambe s’est montré, comme toujours, très accessible et attentif aux lecteurs.
Puis est venu le moment de la dédicace, un instant toujours particulier dans une rencontre littéraire. Ces quelques minutes permettent souvent de prolonger la conversation et de remercier l’auteur pour ce qu’il nous transmet à travers ses mots.



Merci Ségolène pour ces photos prises sur le vif !
Je lis énormément. Des centaines de livres passent entre mes mains chaque année. Les histoires s’enchaînent, les univers se succèdent, et il est finalement assez rare qu’un texte provoque une réaction physique, presque instinctive.
Pourtant, c’est exactement ce qui se passe chaque fois que j’écoute ou que je lis Marc Alexandre.
Je l’avais déjà ressenti lors de notre première rencontre pendant la Fête du Livre de Saint-Étienne et ce sentiment est revenu hier soir avec la même intensité. Il n’y a que cet auteur qui parvient à me donner ces frissons si particuliers, cette chair de poule qui remonte le long des bras… et parfois même les larmes aux yeux.
Ses mots touchent quelque chose de profondément humain, de très intime. Ils résonnent longtemps après avoir été prononcés, comme une vibration qui continue de circuler en nous.
« Quand le monde tangue, on peut se retenir sur des phrases étincelles. »



En sortant de la librairie, je me suis dit que j’avais vraiment bien fait de venir malgré mon problème de santé.
Les rencontres littéraires ont ce pouvoir rare : elles nous rappellent pourquoi nous lisons.
Elles donnent un visage, une voix, une énergie aux livres que nous aimons. Elles nous permettent aussi de découvrir les coulisses d’une écriture, les racines invisibles d’un texte.
Et parfois, comme hier soir, elles nous offrent simplement un moment de lumière dans une semaine un peu compliquée.
Je suis repartie avec « Carnet de vertiges » qu’il me tarde de lire. Nul doute qu’il va devenir ma lecture du soir, je vais piocher un poème de ci, de là, au fil des pages, pour prolonger encore un peu la beauté de cette rencontre. Et puis, avec le sourire, je me suis dit que le titre tombait plutôt bien… moi qui ai justement été embêtée par des vertiges ces derniers jours. Espérons que ceux-ci soient d’une toute autre nature : des vertiges de poésie, ça sera quand même plus agréable !


Je n’ai pas pu résister à le feuilleter, lol, et je suis tombée sur ce poème, terriblement d’actualité :

Je tiens à remercier chaleureusement la Librairie de Paris pour cette magnifique rencontre.

