Informations
Titre : The guilty mother
Auteur : Diane Jeffrey
Éditeur : Points
Nombre de pages : 360 pages
Formats et prix : poche 9.30 € / numérique 2.99 €
Date de publication : 13 juin 2025
Genre : thriller psychologique
Résumé
Et vous, croiriez-vous en son innocence ?
Melissa Slade avait tout pour elle : une vie douce à Bristol, un mari aimant et d’adorables jumelles. Mais soudain, tout bascule. Ses deux bébés décèdent coup sur coup. Accident ? Mort subite du nourrisson ? La justice l’envoie pourtant en prison pour meurtre. Un journaliste, Jonathan Hunt, s’en émeut et reprend l’enquête. De fausses pistes en rebondissements, il devient peu à peu obsédé par une seule question : qu’est-il vraiment arrivé à Amber et à Ellie Slade ?
Mon avis
Une mère, un procès et une vérité impossible à saisir
Peut-on juger une mère sans comprendre ce qu’elle a traversé ?
Peut-on vraiment distinguer la culpabilité de la détresse ?
Avec « The Guilty Mother », Diane Jeffrey signe un thriller psychologique profondément dérangeant, qui dépasse largement le simple cadre d’une enquête criminelle. Ici, il est question de maternité, de santé mentale, de pression sociale… et surtout de zones grises.
Un roman qui ne donne pas de réponses faciles, c’est le moins qu’on puisse dire !
Une maternité fragile, loin des clichés
Melissa Slade n’est pas une mère comme les autres. Une seconde maternité tardive et non désirée. Et, qui plus est, grossesse gémellaire. Très vite, le vernis se fissure. Fatigue extrême, rejet, détresse… Melissa souffre de dépression post-partum, un élément central du roman et traité avec une justesse troublante.
Et pourtant, rien n’est binaire. Car malgré cette difficulté évidente, Melissa aime ses enfants. Cela transparaît, parfois maladroitement, parfois intensément. C’est précisément cette ambivalence qui rend le personnage si réaliste… et si dérangeant.
« Je me souviens très bien de la première fois où j’ai compris que quelque chose ne tournait pas rond chez moi. En captant mon reflet dans le miroir au-dessus du canapé, un après-midi. Je n’ai pas reconnu la femme qui était devant moi. J’avais les cheveux gras, le visage marqué et les yeux rougis par le manque de sommeil. »
Un drame insoutenable… et une condamnation
Le pire arrive. Les deux nourrissons, Amber et Ellie, meurent à quelques mois d’intervalle. L’incompréhension laisse rapidement place aux soupçons. Puis au verdict. Melissa est reconnue coupable du meurtre de ses propres enfants et est incarcérée.
L’affaire semble bouclée sans doute possible : une mère fragile, un contexte difficile, le drame parait inévitable.
Pour la justice, l’équation est simple.
Mais pour le lecteur… elle ne l’est jamais.
Le doute surgit
Quatre ans plus tard, un fait nouveau relance l’affaire.
Jonathan Hunt, journaliste local, avait couvert le procès initial. Il y avait assisté, observé, retranscrit. Aujourd’hui, on lui demande de couvrir le nouveau procès. Mais replonger dans cette affaire est pour lui extrêmement difficile. Quelque chose le retient. Quelque chose le dérange.
C’est grâce à Kelly, une jeune journaliste déterminée, qu’il accepte finalement de reprendre l’enquête.
À deux, ils vont revisiter les témoignages, analyser les preuves et surtout prendre le temps d’explorer les incohérences. Ils vont s’aventurer là où personne n’a jamais vraiment regardé…
Kelly apporte une énergie nouvelle, une fraîcheur, presque une audace, qui contraste avec les réticences de Jonathan.
J’ai trouvé que leur duo fonctionnait particulièrement bien.
« Je ne savais pas comment m’extraire du gouffre obscur dans lequel j’étais tombée. »
Une enquête qui fissure les certitudes
Plus Jonathan et Kelly creusent, plus l’affaire se trouble. Ce qui semblait évident ne l’est plus. Ce qui paraissait solide vacille. Et surtout, une question s’impose : la dépression de Melissa explique-t-elle tout ? Ou bien a-t-elle servi de raccourci, de justification, presque de preuve implicite de culpabilité ?
Diane Jeffrey met ici en lumière un point essentiel : la manière dont la société perçoit les mères. Une mère doit aimer, doit être stable, doit être irréprochable.
Mais que se passe-t-il quand ce modèle s’effondre ?
Un thriller psychologique profondément humain
« The Guilty Mother » n’est pas un thriller psychologique classique. Ce n’est pas tant la résolution qui importe que le chemin pour y parvenir. Ce roman explore :
- la culpabilité (réelle ou supposée)
- la fragilité psychologique
- les biais judiciaires
- et le poids du regard extérieur
La narration joue habilement avec les points de vue, semant le doute à chaque instant. Impossible de trancher. Impossible de se positionner confortablement.
Et c’est précisément ce qui rend cette lecture si marquante.
« Monsieur Moore, je mets toujours un point d’honneur à rapporter les faits de manière objective, vous avez ma parole. Je n’écris pas d’articles à sensation. Je ne déforme pas les paroles ni la réalité. Je ne m’intéresse qu’à la vérité. »
Mon ressenti de lecture
Ce roman m’a mise mal à l’aise. Parce qu’il m’a obligée à regarder une réalité que l’on préfère souvent éviter : celle d’une maternité imparfaite, difficile, parfois rejetée.
Melissa n’est ni totalement innocente, ni clairement coupable. Et c’est ce doute constant qui dérange le plus. Je me suis surprise à ressentir de l’empathie pour sa détresse, de la compréhension face à sa dépression (je suis mère, je sais combien on peut vite perdre pied face à un bébé qui ne dort pas, qui pleure sans cesse), mais aussi du doute… et parfois une forme de méfiance.
Jusqu’où peut-on comprendre sans excuser ?
Diane Jeffrey ne cherche pas à rassurer son lecteur. Elle le confronte, au contraire, à ses propres jugements. Et c’est une expérience de lecture aussi inconfortable que captivante.
Pourquoi lire « The Guilty Mother » ?
Si vous aimez les romans qui :
- explorent la psychologie humaine en profondeur
- interrogent les failles du système judiciaire
- abordent des sujets sensibles comme la dépression post-partum
- et surtout, vous laissent avec plus de questions que de réponses !
alors « The Guilty Mother » est une lecture à ne pas manquer.
En bref
Un thriller psychologique fort, dérangeant et profondément humain, qui interroge notre rapport à la maternité, à la justice et à la vérité.
Un roman qui ne se contente pas de raconter une histoire…mais qui vous oblige à vous positionner.
Et à douter !
« En les regardant gigoter dans leurs transats, je les trouvais adorable. Simplement, je ne ressentais aucun lien affectif. Aucune émotion. Je ne parvenais pas à établir une relation. Aussi mignonnes et souriantes soient-elles, la vérité, c’était que je n’aimais pas mes filles. »
Je remercie les Editions Points pour cette lecture.

En bref…
Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : j’aime les romans qui s’ancrent dans une réalité plausible, qui interrogent plus qu’ils ne répondent et qui laissent une trace une fois la dernière page tournée. Ici, je savais que j’allais sortir de ma zone de confort, et c’est exactement ce que je recherchais !
Auteur connu : je découvre Diane avec ce roman. Une belle découverte. J’ai une rencontre prévue avec Diane dans 15 jours pour les Quais du Polar, j’ai hâte !
Émotions ressenties lors de la lecture : malaise, doute, empathie, incompréhension, tension, frustration, tristesse, colère, compassion, méfiance
Ce que j’ai moins aimé : RAS
Les plus : le sujet, le personnage de Mélissa, la réflexion, la construction, la psychologie des personnages, la fin.
Si je suis une âme sensible : ce roman aborde des thématiques particulièrement dures (la mort de nourrissons, la dépression post-partum, la détresse maternelle et le regard souvent implacable de la société face à une mère qui ne correspond pas à l’image attendue). Il peut être préférable d’aborder cette lecture avec précaution.
Si je suis une âme sensible :
