« 13 h pile ! » à la Librairie de Paris : Voyage au Québec

Bonjour la team, hier avait lieu le « 13 h pile ! » à la Librairie de Paris. Etant au bureau, j’ai pu m’y rendre, chouette !

13h pile, c’est le rendez-vous mensuel à thème des férus de littérature à la librairie de Paris à Saint-Etienne ! 


Le principe ? Profiter de notre pause déjeuner pour découvrir les coups de cœur de nos libraires préférés et partager les nôtres ! L’occasion donc de rencontrer aussi de nouveaux lecteurs !

Le thème d’hier :

« Voyage au Québec »

Je ne connais pas du tout la littérature québécoise, c’est donc l’occasion !

Je profite pour faire des photos de la librairie et des tables de livres.

Mise en avant des auteurs présents ce mois-ci pour dédicacer leurs romans : Daniel Cole, le 28 mai et David Vann, le 23 mai.

Il est l’heure de découvrir la littérature québécoise !

Emma et Elodie nous proposent des romans avec passion, comme d’habitude. J’ai pris note de certains titres !

« Il pleuvait des oiseaux » de Jocelyne Saucier

Vers quelle forêt secrète se dirige la photographe partie à la recherche d’un certain Boychuk, témoin et brûlé des Grands Feux qui ont ravagé le nord de l’Ontario au début du XX ième siècle? On ne le saura pas. Au moment où s’amène la photographe, Boychuck vient tout juste de mourir.
Tom et Charlie, deux survivants, ignorent que la venue de la photographe bousculera leur vie. Ils feront la rencontre d’un personnage aérien, Marie-Desneige. Elle a 82 ans et tous ses esprits, même si elle est internée depuis 66 ans. Elle arrive sur les lieux comme une brise espérée alors que la photographe découvrira que Boychuck était peintre et que son œuvre était tout entière marquée par le Grand Feu de Matheson.
C’est dans ce décor que s’élabore Il pleuvait des oiseaux. Nous voilà en plein cœur d’un drame historique, mais aussi pris par l’histoire d’hommes qui ont choisi la forêt. Trois êtres épris de liberté et qui ont fait un pacte avec la mort. Un superbe récit à la mesure du grand talent de Jocelyne Saucier, deux fois finaliste au Prix du Gouverneur général et récipiendaire du Prix à la création artistique du CALQ pour l’Abitibi-Témiscamingue (2010).

« Les marins ne savent pas nager » de Dominique Scali

Danaé Berrubé-Portanguen dite Poussin possède le rare don de savoir nager. Orpheline, tour à tour sauveuse et naufrageuse, elle vit au milieu de l’Atlantique, sur l’île d’Ys, berceau d’un peuple obsédé par l’honneur et le courage. Une île où même les terriens se vantent d’être marins, où seuls les plus braves ont le privilège de vivre dans la cité fortifiée à l’abri des grandes marées d’équinoxe. Suivant le destin des riverains qui doivent se partager plages et marges, Danaé Poussin se soumettra aux cycles qui animent les mouvements de la mer comme à ceux qui régissent le cœur des hommes.
Les marins ne savent pas nager s’adresse à celles et ceux qui, un jour, se sont demandé si c’était la montée des eaux qui les faisait pleurer ou leurs larmes qui faisaient monter les eaux. Dominique Scali signe un roman d’aventures maritimes époustouflant campé dans un XVIIIe siècle alternatif salé par l’embrun et rempli de la cruauté du vent.

« Le roitelet » de Jean-François Beauchemin

« Il ressemblait, avec ses cheveux courts aux vifs reflets mordorés, à ce petit oiseau délicat, le roitelet. Oui, c’est ça : mon frère devenait peu à peu un roitelet, un oiseau fragile dont l’or et la lumière de l’esprit s’échappaient par le haut de la tête. Je me souvenais aussi que le mot roitelet désignait un roi au pouvoir très faible, régnant sur un pays de songes et de chimères. »
Un homme vit à la campagne avec sa femme Livia, son chien Pablo et le chat Lennon. Depuis l’enfance, il partage aussi son quotidien et ses questionnements, sensibles et profonds, avec son frère cadet, schizophrène. Ici se révèlent, avec une indicible pudeur, les moments rares d’une relation unique, teintée tout autant d’inquiétude que d’émerveillement au monde.
« Délicatesse incommensurable, simplicité au cordeau, engagement total de soi. A quand remonte une émotion littéraire d’une telle ampleur ? »
Marie Landrot, Télérama

« Kukum », suivi de « Atuk » de Michel Jean

Au soir de sa vie, grand-mère (kukum, en langue innue) depuis longtemps déjà, Almanda Siméon se retourne sur son passé et nous livre son histoire, celle d’une orpheline québécoise qui tombe amoureuse d’un jeune Amérindien puis partage la vie des Innus de Pekuakami (l’immense lac Saint-Jean), apprenant l’existence nomade et brisant les barrières imposées aux femmes autochtones.
Centré sur le destin singulier d’une femme éprise de liberté, ce roman relate, sur un ton intimiste, la fin du mode de vie traditionnel des peuples nomades du nord-est de l’Amérique et les conséquences, encore actuelles, de la sédentarisation forcée.
Son auteur Michel Jean, descendant direct d’Almanda Siméon, est un journaliste reconnu au Québec.
***
. Lauréat du prix France-Québec: en novembre 2020 ;
. Lauréat du prix Vleel: en février 2021 ;
. Lauréat du prix Nature Nomade: en novembre 2021.

Deux personnages qui narrent leur propre histoire, Elle et Lui.
Elle se remémore sa jeunesse, passée entre les lacs et les forêts de son territoire ancestral, le Nitassinan, jusqu’à son mariage qui la conduit à quitter les siens et à s’installer en ville.
Lui, journaliste à Montréal, vient se recueillir sur sa dépouille à Elle, et s’interroge sur son identité, car l’Indien, lui dit-on, il l’a en lui.
Elle, c’est Jeannette, la fille d’Almanda et Thomas. Lui, c’est son petit-fils, Michel.
Dans le sillage de Kukum, et avec la même écriture, précise, sereine, ce dialogue à travers le temps et l’espace redonne vie aux riches heures de la culture innue et questionne son devenir actuel.

« Tiohtiá:ke » de Michel Jean

Elie Mestenapeo, un jeune Innu de la Côte-Nord, au Québec, a tué son père alcoolique et violent dans une crise de rage.
Il a fait 10 ans de prison.
À sa sortie, rejeté par les siens, il prend la direction de Montréal où il rejoint rapidement une nouvelle communauté : celle des Autochtones SDF, invisibles parmi les invisibles.
Il y rencontre les jumelles innuk Mary et Tracy, Jimmy le Nakota qui distribue des repas chauds au square Cabot, au cœur de la ville, mais aussi Mafia Doc, un vieil itinérant plus ou moins médecin qui refuse de quitter sa tente alors que Montréal plonge dans le froid polaire…
Dans ce roman plein d’humanité, Michel Jean nous raconte le quotidien de ces êtres fracassés, fait d’alcool et de rixes, mais aussi de solidarité, de poésie et d’espoir.

« Proies » d’Andrée Michaud

Non loin du village de Rivière-Brûlée, trois adolescents, Judith, Abigail et Alexandre, partent camper dans la forêt. C’est l’été, ils se réjouissent de passer ces trois jours au grand air loin de leur famille. Le premier jour est idyllique. Le soir, à la veillée, ils se racontent des histoires de fantômes et jouent à se faire peur.
Mais le lendemain, au retour d’une baignade dans la rivière, ils ont la nette impression que leurs affaires ont été déplacées. Ils sentent comme une présence autour d’eux sans pouvoir vraiment en identifier l’origine. Peu à peu, leurs peurs se concrétisent de la manière la plus effrayante. Et la nature exubérante se fait hostile quand leur vie est en jeu…

Autre conseil lecture, Sylvain Trudel, avec « Du mercure sous la langue » ou « Le souffle de l’Harmattan », mais ils ne sont plus édités en France. A chiner sur le marché de l’occasion, éventuellement.

« Du mercure sous la langue » de Sylvain Trudel

Ce roman raconte les dernières semaines de Frédéric Langlois, un adolescent qui, arrivé prématurément au terme de sa vie, fait le bilan de sa courte existence. Maudissant la compassion et la complaisance, le narrateur fustige l’espoir, l’amour, l’âme, la religion, c’est-à-dire toutes les illusions dont les hommes ont besoin pour adoucir leur condition tragique. Lucide jusqu’à la douleur, cruel comme on peut l’être au seuil de la mort, Frédéric repoussera la vie et ses mièvreries jusqu’à son dernier souffle, à peine consolé par cette parole de Marilou, son amie d’infortune : « L’idée qu’il n’y a peut-être rien après la mort est la seule qui pour moi ressemble à un espoir. » Du mercure sous la langue apparaît donc comme le chant brutal d’un esprit farouche, isolé mais libre de toute attache, qui profère à la ronde ses dures vérités, quitte à écorcher les fragiles oreilles du monde. Publié d’abord sous forme de nouvelle dans le recueil Les Prophètes, ce texte a été complètement retravaillé et métamorphosé pour devenir peut-être le plus beau et impitoyable roman de Sylvain Trudel.

« Le souffle de l’Harmattan » de Sylvain Trudel

Le souffle de l’harmattan est l’histoire d’une fraternité choisie, non imposée par le sang – fraternité nouvelle façonnée par les migrations, le métissage et l’interprétation des cultures. Habéké Axoum, jeune Africain rescapé d’« une guerre d’hommes qui s’ajoutait à la sécheresse de Dieu », se retrouve au Canada après avoir vu mourir les siens, mais le bien-être de sa nouvelle vie matérielle ne peut lui faire oublier le passé. Malgré les apparences, Habéké erre dans le monde « la tête pleine de paysages brûlés et d’ombres humaines », aveuglé par l’espoir de retrouver l’Ityopya, son pays natal mythifié. Dans sa quête folle, tout « recoquillé dans son coeur de nègre », Habéké fait la connaissance d’Hugues Francoeur (le « bâtard », l’« enfant de chienne » qui narre cette histoire), un garçon en rupture avec l’hypocrisie des « froids durcis » qui l’entourent, avec le monde où sévissent la vulgarité, la bêtise, la violence et le racisme larvé, et leur amitié débouchera sur des rêves d’exil et de recommencements. Ivres d’imaginaire, aidés de tout un peuple de totems et d’esprits invisibles (Mekkonen, l’aïeul ; les ancêtres africains réincarnés en oiseaux de feu ; les génies du soleil et de l’atmosphère ; l’âme de Gustave Désuet, poète suicidé qui « aimait l’amour »), les deux amis enfiévrés prendront le ciel, déchireront la terre et vogueront sur les eaux à la recherche de l’île « qui n’a jamais vu d’hommes », dans l’espoir d’y fonder un peuple neuf, plein de paix et d’espoir, « de l’autre côté des choses ». Dans leur périple à la frontière du rêve et de la chimère, ils croiseront le destin de deux jeunes filles, Odile et Nathalie, figures de la vie et de la tragédie, qui les mèneront jusqu’à « la muraille des choses » où ils apercevront le « monde au delà du monde » – mais, est-ce bien ce qu’ils espéraient ? Pour être animé par l’utopie et les élans d’une jeunesse idéaliste et généreuse à qui aucune vision d’horreur n’a été épargnée, Le souffle de l’harmattan n’en est pas moins un roman ambigu sur les illusions de l’enfance et sur une fin de l’innocence ; sur l’éternel abîme entre le rêve et la réalité. Sans cesse en rébellion contre le monde, la jeunesse à l’instinct radical est également soumise à la tentation du crime et de la pureté. Aussi le roman soulève-t-il cette question : le fameux fossé entre les générations ne serait-il pas l’illusion suprême dans notre monde perpétuellement troublé par les ténèbres et la démence, de la naissance jusqu’à la mort ?

J’ai noté, bien évidemment, « Proies », qui m’a fait saliver, mais aussi « Tiohtiá:ke ». « Le roitelet » serait une lecture difficile pour moi, puisqu’il parle de schizophrénie. Ayant vécu avec quelqu’un atteint de cette pathologie, cette lecture me rappellerait de trop mauvais souvenirs, je pense. Je pense également me laisser tenter par Jocelyne Saucier.

Un grand merci à la Librairie de Paris pour ces pauses instructives et conviviales.

J’aime ces pauses déjeuner hors du temps, au milieu des livres. Une véritable bulle d’oxygène ! A très vite pour de nouvelles aventures littéraires !

8 réflexions sur “« 13 h pile ! » à la Librairie de Paris : Voyage au Québec

  1. Hello Sonia 🌞 Voilà qui donne envie de faire des pauses plus souvent ☕📚😅 Merci pour ces superbes photos et pour la découverte de la littérature québécoise 🤩 Pour ma part, je note Le roitelet et Tiotià:ke qui ont tout pour me séduire 😄 Bien à toi ma chère 😉

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  2. quelle chance ! as-tu fait chauffer la CB ? sur quels romans as-tu craqué ? mais tu dois avoir une sacré pause. Pour moi j’attends le 2e salon du livre de mai (celui de Vannes où 200 auteurs vont se retrouver). Je démarre dès le vendredi a.midi fin de journée et je continue le samedi, peut-être le dimanche. A voir.

    bisous Manoue

    Aimé par 1 personne

    1. J’ai entre 45 minutes et deux heures de pause entre midi, ca permet de moduler et de faire des choses (en général c’est plutôt des rendez-vous médicaux donc là c’est bien plus sympa☺️). Je garde un très bon souvenir du salon de Vannes. Un peu loin de chez moi, c’est dommage je serai bien venue y faire un tour. Profites en bien. Bises

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