« La fabuleuse laverie de Marigold » de Jungeun YUN

Informations 

Titre : La fabuleuse laverie de Marigold

Auteur : Jungeun Yun

Éditeur : Nami

Nombre de pages : 352 pages

Formats et prix : broché 20.90 € / numérique 12.99 €

Date de publication : 17 mai 2024

Genre : littérature coréenne

Résumé

Sur une colline du petit village côtier de Marigold, une laverie insolite est un jour apparue comme par magie dans la nuit. Loin de laver uniquement les vêtements, Ji-Eun, l’énigmatique propriétaire, propose à ses clients de nettoyer leur cœur en effaçant leurs souvenirs les plus douloureux. Devant un thé bien chaud, les clients de passage lui confient leurs secrets. Mais suffit-il vraiment de faire disparaître les taches laissées par la tristesse et le chagrin pour trouver le bonheur ?

Mon avis

Une blanchisserie enchantée qui peut littéralement effacer les problèmes.

Une mystérieuse laverie, sortie de nulle part au bout milieu de la nuit, sur une colline de Marigold. Déjà le nom du village donne le ton : Marigold, fleur de souci. Ji-Eun, la propriétaire, sert du thé chaud aux clients de la blanchisserie. Ceux qui boivent son thé (« la tisane de la consolation« , elle porte bien son nom) confient leurs secrets qu’ils n’ont jamais partagés avec personne d’autre et lui demandent d’effacer leurs souvenirs douloureux, comme s’ils effaçaient une tache sur une chemise.

J’ai eu du mal à entrer dans le récit, j’ai trouvé la mise en place du décor et du sujet longue et un peu ennuyante. Ji-Eun est née avec deux capacités remarquables l’ayant conduite à une soudaine séparation avec ses parents. Elle erre depuis entre les siècles, mettant à profit ses pouvoirs pour aider les autres, tout en gardant espoir de retrouver ses parents un jour.

L’auteure campe son récit dans un lieu banal et familier. Chaque chapitre nous fait connaître un personnage ayant un fardeau mental trop lourd à porter et qu’il décide de déposer dans les machines à laver le linge de la blanchisserie. Dans le but de repartir dans une vie meilleure et apaisée.

Des sujets d’actualité forts dans lesquels on peut se retrouver sont développés : une enfance marquée par la pauvreté, des rêves abandonnés, des trahisons de la part d’êtres chers ou encore des blessures causées par le harcèlement scolaire.

J’ai trouvé toutes ces histoires touchantes. Le côté feel-good du roman n’est pas à décrier, certaines phrases résonnent dans l’esprit du lecteur.

« Quand on n’arrive pas à se relever de quelque chose, il faut en prendre son parti. On ne peut pas toujours être parfait. On s’égare, on flanche, on fait des erreurs, on tombe. Mais on se relève quand même, on reprend son équilibre. Voilà ce qu’il faut faire. Ce n’est pas grave. »

Beaucoup de questionnements ressortent de cette lecture.

Le passé n’est pas seulement une ancre, il est aussi une boussole qui nous guide. Pendant que les personnages explorent la possibilité d’effacer leurs souvenirs les plus douloureux, le lecteur est amené  à s’interroger sur le véritable sens du bonheur et de l’authenticité. Pouvons-nous vraiment trouver la paix en occultant des pans fondamentaux de notre histoire ? Devons-nous vraiment effacer nos peines, nos blessures, nos traumatismes ? Serons-nous vraiment plus heureux sans ces cicatrices qui nous ont construit ? D’ailleurs, que voudrions-nous effacer ? 

J’ai trouvé cette réflexion assez stimulante. Elle nous invite à examiner notre propre parcours personnel et les défis auxquels nous sommes confrontés. Elle nous aide à nous réconcilier avec notre passé.

« Et si elle repassait les âmes, comme on repasse les vêtements froissés ? Mais suffit-il vraiment d’effacer toutes les taches de l’âme pour trouver le bonheur ? »

Côté personnages, j’ai beaucoup aimé le destin d’Eunbyeol. Célèbre influenceuse, mannequin, elle ne supporte plus que tous ses faits et gestes soient le centre des conversations. Elle souffre de cette popularité trop compliquée à gérer. Et elle est loin de pouvoir trouver du réconfort auprès de sa famille : ses parents, sa sœur, ou encore son frère exigent sans cesse de l’argent.

Yeonhui, quant à elle, pousse la porte de la laverie, suite à un chagrin d’amour. Heureuse avec Huijae jusqu’à la fin de leur histoire, elle ne parvient même pas à le détester, vivant dans les souvenirs des jours heureux.

Certains personnages reviennent, tous sont plus ou moins liés entre eux. La plume de l’auteure est poétique, chaleureuse. L’atmosphère régnant dans ce petit village de montagne ajoute un peu de magie et de singularité à toute l’histoire. On parle également beaucoup cuisine. « La Grignote », le restaurant situé juste à côté de la laverie fait les meilleurs gimbap du pays.

« La fabuleuse laverie de Marigold » se lit de manière tranquille. Perso, j’ai grignoté un chapitre de-ci de-là, au gré de mon temps et de mon envie.

En fait, l’auteure nous apporte ce qui nous apaise : un bon thé, un succulent repas, cela réconforte toujours ! Et la satisfaction de voir son linge propre. Un environnement propre contribue à réduire le stress et l’anxiété, c’est bien connu. L’auteure nous montre combien un rituel peut apporter de l’apaisement.

A la fin de cette lecture, on a juste envie de nettoyer sa maison, de boire un thé, et surtout, de vivre avec ses blessures. Elles font partie de nous, il faut les accepter, tout simplement. La vie est devant nous, ici et maintenant.

Je vous recommande la lecture de « La fabuleuse laverie de Marigold » pour le bien-être qu’elle apporte, ses réflexions philosophiques et pour la résilience qui se dégage des pages.

A noter qu’une suite est en préparation, je vais scruter cela d’un œil attentif !


« Le bonheur est une lumière intérieure. Une lumière qui ne vient pas du ciel là-haut, hors d’atteinte, mais du ciel de notre cœur. Le bonheur est déjà dans notre cœur. Il est ici et maintenant. On ne peut pas revenir sur le passé, et l’avenir n’est pas encore arrivé : il faut se concentrer sur cet aujourd’hui que nous vivons actuellement. »

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Marigold

En bref…

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : j’aime la littérature asiatique en général, c’est toujours un moment de lecture calme et apaisant. Le résumé de « La fabuleuse laverie de Marigold » m’intéressait.

Auteur connu : Jungeun Yun  nous propose son premier roman. Une belle découverte.

Émotions ressenties lors de la lecture : évasion, joie, optimisme, réconfort, apaisement, relaxation.

Ce que j’ai moins aimé : le début un peu longuet.

Les plus : la plume, le rythme, l’ambiance, les réflexions philosophiques, le côté feel-good. 

Si je suis une âme sensible : RAS

2 réflexions sur “« La fabuleuse laverie de Marigold » de Jungeun YUN

  1. Bonjour Sonia, tout d’abord bonnes vacances. Nous serons sur Lyon le 13 août, est-il possible de se voir. Nous serons contents de tous vous revoir. Merci pour ton commentaire. Encore un à acheter. Je te fais de gros bisous. Domi Benetti

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