« L’alpha et l’oméga » d’Estelle THARREAU

Informations 

Titre : L’alpha et l’oméga

Auteur : Estelle Tharreau

Éditeur : Taurnada

Nombre de pages : 256 pages

Formats et prix : poche 10.90 € / numérique 7.99 €

Date de publication : 7 novembre 2024

Genre : thriller

Résumé

Cédric est l’enfant non désiré de Nadège Solignac, tueuse en série.
Au fil du temps, il découvre son passé familial et tente de grandir sous l’ombre meurtrière de sa mère.
Mais un tel monstre peut-il aimer ? Peut-on seulement lui survivre ?

Mon avis

Bienvenue dans les racines du Mal.

On parle souvent de l’enfance des serial killer, tentant trouver pourquoi et à quel moment ils ont vrillés. Dans « L’alpha et l’oméga », Estelle Tharreau décide de développer un sujet qui est assez rare dans le monde du thriller : celui de l’enfant du Mal. Comment vit-on, comment se construit-on lorsqu’on est le fils d’une meurtrière ?

Nadège Solignac, institutrice, a été soupçonnée de plusieurs meurtres (dont celui de ses parents, tout de même…), puis acquittée. Elle disparaît des radars, se fait discrète, déménage et continue sa vie. Julien, son frère, tente de la retrouver. Il souhaite faire la lumière sur la mort de ses parents, savoir si Nadège est vraiment coupable. Et puis, elle reste désormais sa seule famille.

« Si à l’époque, la confiance l’avait emporté sur les doutes, aujourd’hui, Julien n’est plus certain de ce qui se cache derrière le masque affable de sa sœur ni de ce qui a provoqué sa colère et sa disparition soudaine après l’enterrement de sa femme. »

Nadège accouche d’un petit garçon, né d’un viol, Cédric. Nadège ne sait pas si elle va le gratifier du droit de vivre. Il faut dire que « Ça » l’encombre. Bon, elle veux bien faire un effet et lui accorder le bénéfice du doute. Si « Ça » ne pleure pas trop, pourquoi pas ?

Contre toute attente, Nadège va élever et surtout, aimer Cédric. Elle va le façonner à sa manière, le garder dans une bulle, lui apprendre à se méfier des autres.

« L’alpha et l’oméga » est un thriller psychologique glaçant, oppressant, et surtout poisseux. Estelle enveloppe le lecteur d’une fange d’horreur. Les personnages sont finement ciselés. Nadège est terrifiante. La tension entre son instinct maternel et la noirceur de ses actes est palpable à chaque page. Cette figure maternelle dysfonctionnelle joue néanmoins son rôle, celui de protéger son enfant, telle une louve. Nadège paraît ordinaire et pourtant elle cache de lourds secrets. Son amour pour Cédric l’humanise (un peu). Le lecteur entre totalement dans son esprit dérangé, il en découle une certaine proximité qui est très troublante.

« Notre fusion se nourrit de nos tourments. Ma fureur ne se repaît plus de ma souffrance, mais de la sienne ; tout comme mon fils, elle ne cesse de croître. »

Cédric grandit dans un environnement où les repères moraux et affectifs sont profondément perturbés, et cela va indéniablement impacter sa construction. Il ressent très vite l’ambiance inquiétante dans laquelle il vit sans pour autant réussir à la cerner. L’amour et la peur s’entremêlent, se fondent. Même s’il a conscience que sa mère est étrange, il lui voue un amour inconditionnel. On perçoit ses moments de doute, de culpabilité, ses tentatives pour comprendre sa mère. Cédric est un personnage touchant mais également contrasté.

« Il a parfaitement intégré que sa vie scolaire et sa vie familiale sont deux mondes imperméables qui ne doivent jamais se rencontrer. »

La construction alterne entre la perspective de Nadège (« Je »), de Julien (« Il ») et de Cédric (« Il »). Ce choix permet, je trouve, d’intensifier le suspense et l’immersion. Le lecteur peut ainsi ressentir toute la complexité des relations entre les protagonistes. Et cela lui permet également d’avoir un coup d’avance par rapport à certaines révélations. Nadège pense qu’elle contrôle la situation alors que le lecteur sait que Cédric perçoit et comprend bien plus de choses qu’elle ne le pense. Cela crée une indéniable complicité entre le lecteur et Cédric.

« L’alpha et l’oméga » oscille entre des moments d’intimité et de tension psychologique, ce qui crée un contraste entre la douceur de la relation parent-enfant et l’horreur de la violence cachée. Estelle joue avec la transmission, l’innocence, la culpabilité.

La plume d’Estelle est subtile, fluide, maîtrisée. Elle navigue sur la frontière entre l’innocence et l’horreur, la normalité et la folie. Elle plonge le lecteur dans un malaise croissant, elle le rend presque complice du drame qui se joue et ménage la tension jusqu’au bout.

La fin est absolument incroyable, je ne me doutais pas de cela.

Une très belle lecture pour moi, qui s’est révélée troublante, car j’avoue avoir ressenti des émotions contradictoires envers les personnages, jonglant entre sympathie et aversion envers eux. J’ai vraiment beaucoup apprécié cette ambiguïté. J’ai dévoré ce roman avec une certaine voracité.

Je vous recommande la lecture de « L’alpha et l’oméga » pour la richesse des personnages, l’intensité émotionnelle et le sujet novateur qu’il développe.

Je remercie les Éditions Taurnada pour cette lecture.

« Lui seul connaît ses enseignements et l’omerta qui les accompagnent. Il se demande quelle est sa vraie nature, à lui, et si elle changera au fil du temps et des désillusions. Il se demande si le meurtre tiendra une place dans sa vie… »

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L'alpha et l'oméga

En bref…

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre :  l’auteure, tout simplement !

Auteur connu : je suis Estelle depuis quelques années maintenant, et à chaque fois, c’est un enchantement. Retrouvez ici les chroniques de ses romans.

Émotions ressenties lors de la lecture : angoisse, oppression, empathie, compassion, fascination.

Ce que j’ai moins aimé : RAS

Les plus : la plume, le sujet, la construction, les personnages, la fin. 

Si je suis une âme sensible : pas grand chose à signaler.

5 réflexions sur “« L’alpha et l’oméga » d’Estelle THARREAU

  1. Rebonjour Sonia.

    Bon moi qui n’aime pas l’es thrilleurs, tu penses que je peux quand même le lire ?

    En tous les cas je me poses beaucoup de questions. À suivre.

    Bonne fin de journée et bonne soirée.

    Domi Benetti (pas anonyme pour toi😎😉

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