« Prime time » de Maxime CHATTAM

Informations 

Titre : Prime time

Auteur : Maxime Chattam

Éditeur : Albin Michel

Nombre de pages : 560 pages

Formats et prix : broché 22.90 € / numérique 15.99 €

Date de publication : 30 octobre 2024

Genre : thriller psychologique

Résumé

« Alors que des millions de téléspectateurs regardent le 20h sur la chaîne nationale, un homme masqué, la voix déformée, prend en otage le présentateur vedette.

Si le direct est coupé, il le tue. »

Maxime Chattam orchestre une véritable course contre la montre où s’affrontent le cynisme des médias, les jeux de pouvoir et les scrupules moraux. Jouant avec brio sur les ressorts psychologiques autant que sur l’action, il déploie dans ce nouveau roman tout son art de maître du suspense.

Mon avis

Le thriller qui vous cloue devant l’écran de télévision.

Maxime Chattam frappe fort avec « Prime time ». Il nous plonge dans les coulisses du journal télévisé et les techniques de négociation des forces d’élite.

Le récit commence alors que des millions de téléspectateurs sont devant leur poste de télévision pour le journal de 20h de la chaîne MD1, animé par son présentateur vedette, Paul Daki-Ferrant. Ils assistent alors, impuissants, à une scène d’une intensité folle : un homme masqué interrompt le journal en prenant Paul et son équipe présente sur le plateau, en otages. Le preneur d’otages, qui se fait appeler Kratos, fixe une règle simple mais implacable : si la diffusion du direct est coupée, Paul sera tué.

Dès lors, un huis-clos captivant s’installe entre la régie, où le GIGN, les politiciens et les dirigeants de la chaîne tentent de garder la situation sous contrôle, et le studio, où Charlène, la cheffe d’édition, entre dans un jeu périlleux avec l’agresseur, avec l’aide du négociateur du GIGN, Amar.

« La peur est pire dans l’attente, alors autant se lancer tout de suite pour l’évacuer, dans l’action, on y pense plus. »

Ce qui distingue « Prime time » des thrillers habituels, c’est le niveau de détail avec lequel l’auteur dépeint la préparation et le fonctionnement d’une grande chaîne de télévision. On découvre les rouages complexes du journal de 20 heures : les enjeux d’audience, les dynamiques de pouvoir entre journalistes et dirigeants, ainsi que les décisions prises sous pression pour gérer une crise en direct.

De l’autre côté, Chattam nous plonge dans les protocoles minutieux du GIGN, les techniques de négociation et la psychologie présente derrière chaque décision, aussi infime soit-elle. Ces détails renforcent l’immersion, donnant au récit une authenticité que j’ai beaucoup apprécié. On sent que l’auteur a mené des recherches approfondies pour rendre chaque scène crédible…ou presque (j’y reviens plus bas).

Maxime maîtrise l’art de tenir son lecteur en haleine. Le suspense est omniprésent, chaque chapitre nous pousse à passer au suivant pour découvrir l’issue de cet affrontement. La tension monte crescendo, et le jeu de manipulation entre le preneur d’otages et le duo Charlène / Amar est passionnant. Bon, ok, j’ai tiqué par rapport au fait que c’est Charlène qui parle directement avec Kratos. Cela ne m’a pas paru bien crédible, mais bon, j’ai fait abstraction. Les dialogues, les non-dits, les stratégies se déployant de chaque côté maintiennent la tension. Je me suis bien trituré les méninges pour tenter de découvrir la vérité avant la fin, j’avais des doutes, mais je me suis faite avoir quand même.

J’ai aimé la réflexion acérée sur l’impact des médias et la fascination du public pour le sensationnalisme. A travers les personnages, Maxime dresse un portrait incisif des coulisses du pouvoir et des écrans. Il soulève des questions importantes sur le pouvoir des médias et leur capacité à façonner l’opinion publique. Il interroge sur la responsabilité éthique des journalistes et des producteurs face à une véritable industrie de l’information où la course à l’audience prime souvent sur le reste.  Il nous pousse à réfléchir sur le rôle des médias dans nos vies. Je n’ai pu m’empêcher de me demander ce que je ferai, si une telle prise d’otages avait réellement lieu. Je resterai probablement scotchée au direct, comme la majorité des gens…Un autre point intéressant abordé est celui des comportements abusifs pouvant avoir lieu dans cet univers. Cette thématique fait écho au mouvement #MeToo, en montrant comment ces pratiques sont cachées derrière les paillettes du petit écran.

La plume de Maxime est précise, intense, immersive. Il y a une rigueur quasi journalistique dans les détails qu’il apporte. Les informations techniques qu’il donne au lecteur sont compréhensibles et passionnantes. Les descriptions sont précises, mais jamais pesantes, je suis restée captivée sans être submergée. J’ai trouvé le dosage parfait. La tension narrative est maîtrisée de bout en bout. Chaque mot semble choisi minutieusement, c’est du travail d’orfèvre, et c’est ce que j’aime chez Maxime. Les dialogues sont percutants, les rythmes des phrases varient pour refléter l’urgence ou la réflexion, les chapitres se terminent quasi systématiquement en cliffhanger. Efficacité redoutable !

Malgré ses nombreuses qualités, la fin de « Prime time » m’a laissée un peu sur ma faim. Si elle reste tout à fait cohérente avec l’ensemble de l’intrigue, je l’ai trouvée relativement prévisible et moins convaincante que le reste du récit. Bien que je n’ai pas deviné tous les détails, l’impact final manquait un peu de surprise.

« Prime time » permet une immersion fascinante dans deux univers méconnus mais cruciaux, celui des médias et celui des forces spéciales. Un roman à la fois divertissant et instructif, captivant et poussant à la réflexion.

Je vous recommande la lecture de « Prime time » si vous êtes adepte des thrillers incisifs ancrés dans l’actualité.

« Mesdames et messieurs, notre monde est malade. C’est une histoire humaine et cyclique que de voir les civilisations croître, dominer, puis s’effondrer. Force est de constater que la nôtre, en Europe et dans le monde occidental, s’effondre. Elle a fait son temps. Votre modèle économique basé sur une croissance permanente, arrive à son apogée et ne peut plus que retomber, cette folle course au « toujours plus » nous a conduit à la situation écologique que nous connaissons, et notre dépendance à la croissance va donc entraîner la chute de nos nations, tout en obscurcissent l’avenir des générations à venir. »

#Primetime   #MaximeChattam    #AlbinMichel

Prime time

En bref…

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : l’auteur est le résumé.

Auteur connu : j’ai lu plusieurs romans de Maxime, retrouvez ici la page regroupant toutes mes chroniques.

Émotions ressenties lors de la lecture : peur, angoisse, effroi, crainte, admiration, curiosité.

Ce que j’ai moins aimé : quelques points peu crédibles, et la fin, un peu trop prévisible.

Les plus : la tension, le huis-clos, les personnages, la minutie des détails.

Si je suis une âme sensible : pas grand chose, à part la tension psychologique.

6 réflexions sur “« Prime time » de Maxime CHATTAM

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