« Candeur fatale » de Didier ESPOSITO

Informations 

Titre : Candeur fatale

Auteur : Didier Esposito

Éditeur : Caïman

Nombre de pages : 312 pages

Formats et prix : broché format poche 16 € 

Date de publication : 7 mars 2024

Genre : thriller

Résumé

Alexis et Julien mènent leur vie d`étudiants, sur le campus de la Fac de St-Étienne, entre les repas au restau U, les soirées en ville et les entraînements au Parc de l`Étivallière. Et un peu de travail quand même ! Mais un soir, en regagnant sa résidence universitaire, Alexis découvre le cadavre de sa voisine au pied de l`immeuble. Visiblement défenestrée, s`agit-il d`un meurtre ou d`un suicide ? Alexis, qui se reproche de ne pas s`être intéressé plutôt à cette discrète jeune femme, va tenter de mener sa propre enquête. Mais quand l`un des rares témoins, un SDF du quartier, se fait molester, il comprend qu`il vient d`entrer dans une histoire peut-être trop grande pour lui. Une histoire qui prend ses sources en Europe de l`est, sur fond de prostitution internationale…

Mon avis

Saint-Étienne, ses rues, son campus, son ambiance si particulière… et un drame qui vient tout bouleverser.

Dans ce nouveau roman, Didier nous entraîne dans un thriller haletant, à la fois ancré dans le quotidien des étudiants et plongé dans une intrigue sombre et glaçante. Accrochez-vous, car ça déménage !

L’un des aspects qui m’a immédiatement séduit dans ce roman est son cadre. Saint-Étienne, ville que je connais bien puisque j’y travaille depuis une vingtaine d’années, est plus qu’un simple décor : elle est un personnage à part entière. Les lieux évoqués, le campus, le restaurant universitaire, les rues du centre ville, sont décrits avec justesse, renforçant l’immersion du lecteur. Pour ceux qui connaissent la ville, c’est un vrai plaisir de retrouver ces endroits familiers, teintés d’une atmosphère pesante et menaçante.

La construction du roman alterne entre deux récits : d’un côté, Alexis, étudiant ordinaire qui se retrouve malgré lui embarqué dans une enquête dangereuse ; de l’autre, Marina, une jeune Biélorusse dont le destin tragique éclaire l’ampleur du drame qui se joue en arrière-plan.

« Encore un matin à se lever tôt pour aller enrichir son patron et gagner quelques roubles en retour. Cette phrase, Marina se la répétait tous les matins, à la même heure. Celle de s’extraire en sursaut de ses rêves d’ailleurs, d’une nouvelle vie, plus juste et moins dure. »

Alors qu’Alexis découvre sa voisine morte au pied de l’immeuble et commence à se poser des questions, le lecteur plonge en parallèle dans l’histoire de Marina. Elle travaille dans un restaurant de Minsk et rêve d’ailleurs. Lorsqu’elle est abordée par un homme lui proposant un emploi en France, elle pense saisir une opportunité… mais tombe en réalité dans les filets d’un réseau de prostitution qui l’entraînera vers un avenir cauchemardesque.

Ce double point de vue donne au roman une intensité particulière : d’un côté, l’amateurisme touchant d’Alexis, dont l’enquête avance par tâtonnements ; de l’autre, la descente aux enfers de Marina, qui révèle progressivement l’horreur d’un système organisé où des jeunes filles disparaissent dans l’indifférence générale. L’auteur parvient à entrelacer ces deux récits avec une efficacité redoutable, nous laissant entrevoir des indices tout en maintenant un suspense haletant.

En suivant les pistes, Alexis comprend bien vite qu’il s’attaque à quelque chose de bien plus vaste. Ce qui semblait n’être un simple suicide se révèle être la face émergée d’un trafic d’êtres humains.

La tension monte crescendo dès le début. Didier excelle dans l’art de la progression dramatique : plus Alexis s’enfonce dans l’affaire, plus le danger se rapproche. Et lorsqu’on atteint le dernier quart du livre, impossible de lâcher prise. J’ai littéralement lu ces dernières pages en apnée, tant le suspense devient insoutenable. L’auteur joue avec nos nerfs, dans une traque maîtrisée de bout en bout.

« – Elle habite…Elle habitait pardon, au même étage que moi. Je la croisais tous les matins en allant en cours, on avait discuté une fois ou deux ces derniers temps, elle avait l’air sympa. Je lui avais demandé d’où venait son accent, elle m’avait dit fièrement qu’elle était biélorusse. »

La plume de Didier est fluide et percutante. Elle sert parfaitement l’ambiance sombre du roman. Son style direct, sans fioritures inutiles, renforce l’immersion du lecteur et donne du rythme au récit. Il alterne des descriptions évocatrices et des dialogues incisifs, ce qui rend chaque scène vivante et réaliste.

Alexis est un personnage auquel on s’identifie facilement. Simple étudiant sans histoire, il se retrouve plongé dans une affaire qui le dépasse, oscillant entre peur et détermination. Son évolution est particulièrement intéressante : parti d’un sentiment de culpabilité, il se transforme peu à peu en enquêteur téméraire, prêt à tout pour comprendre la vérité. Il va pouvoir compter sur ses amis étudiants, Julien, Sophie et Laetitia, qui n’hésitent pas à affronter tous les dangers pour résoudre cette affaire. Voir ce quatuor se lancer avec fougue et naïveté dans cette enquête apporte une légèreté bienvenue. Leur jeunesse, leur motivation et leur insouciance contrastent avec la noirceur du sujet.

« Alexis commande un second café pour retarder le moment d’affronter le froid stéphanois et pour rassembler ses idées. Il y voit de plus en plus clair. Il ne l’explique pas, mais il sait que cette histoire l’obsédera tant qu’il ne saura pas qui a tué sa voisine. »

« Candeur fatale » est un roman qui soulève des questions graves, notamment sur les réseaux de prostitution et la manière dont, abusées par de fausses promesses et piégées par leur propre candeur, des jeunes femmes se laissent entraîner, souvent sans en avoir pleinement conscience, jusqu’au point de non-retour, où elles deviennent la proie d’hommes sans scrupules, réduites à l’impuissance. Le personnage de Marina donne un visage humain à cette réalité, rendant son histoire d’autant plus bouleversante. Loin de se contenter d’un simple divertissement, Didier nous pousse à réfléchir à ces réalités sordides, rendant son récit encore plus percutant

Avec « Candeur fatale », Didier signe un thriller captivant et intense, qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière page. C’est une lecture qui marque.

Si vous aimez les polars immersifs, ce livre est fait pour vous. Préparez-vous à retenir votre souffle… jusqu’au dernier mot.

« Il monta les marches menant à l’étage et s’allongea sur son lit en essayant de ne plus penser à cette fille à qui il avait fait miroiter monts et merveilles pour la jeter dans la gueule du loup. Il lui avait promis le paradis, et lui avait offert l’enfer. »

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Candeur fatale

En bref…

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : j’ai été attiré par ce roman pour plusieurs raisons. D’abord, l’intrigue se déroule à Saint-Étienne, ce cadre familier a éveillé ma curiosité et ajouté une dimension immersive à ma lecture. Ensuite, le résumé laissait présager un thriller à la fois captivant et ancré dans une réalité sombre, un mélange que j’apprécie particulièrement.

Auteur connu : retrouvez ma chronique de « Une héroïne stupéfiante« , ainsi que l’article consacré à la rencontre avec Didier chez Forum, en 2022.

La dernière fois où j’ai croisé Didier, c’était à l’automne dernier à la Fête du Livre de Saint-Etienne.

didier esposito

Émotions ressenties lors de la lecture : angoisse, tension, colère, révolte, indignation, tristesse, empathie, espoir.

Ce que j’ai moins aimé : RAS

Les plus : le suspense, la construction, le cadre géographique, la plume, la thématique, la tension narrative, la fin.

Si je suis une âme sensible : certains passages peuvent être un peu compliqué, mais cela reste à la marge.

2 réflexions sur “« Candeur fatale » de Didier ESPOSITO

    1. Hello ! Il faut foncer ! Ce thriller est aussi prenant que percutant. L’ambiance de Saint-Étienne est vraiment bien retranscrite, et l’intrigue monte en tension jusqu’à devenir totalement addictive. J’ai fini en apnée ! Tu me diras ce que tu en penses quand tu t’y mettras. Bon week end avec un peu d’avance.

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