« 13 h pile ! » à la Librairie de Paris : romans courts et nouvelles ! 

Coucou la Book Team, le rendez-vous mensuel « 13 h pile ! » de la Librairie de Paris avait pour thème, en ce mois de mars : romans courts et nouvelles.

13h pile, c’est le rendez-vous mensuel à thème des férus de littérature à la librairie de Paris à Saint-Etienne ! 


Le principe ? Profiter de notre pause déjeuner pour découvrir les coups de cœur de nos libraires préférés et partager les nôtres ! 

Le thème de mars :

Mardi dernier, j’ai retrouvé avec grand plaisir le cercle de lecteurs du « 13h pile ! », ce rendez-vous mensuel qui ne cesse de nourrir ma curiosité littéraire.

Avant la présentation, j’ai flâné dans la librairie, comme à mon habitude.

D’ailleurs, je soupçonne les libraires de m’avoir tendu un traquenard, puisque l’accueil était on ne peut plus tentant. Visez un peu :

Évidemment, un passage par le rayon polar s’imposait, d’autant plus que les Quais du Polar approchent à grands pas.

Fin mars, Pierre Lemaitre sera présent pour une rencontre que j’attends avec impatience. Vous y serez aussi ?

Une table originale consacrée aux coloriages de printemps a également retenu mon attention.

Le bac approche, lui aussi, voilà une manière ludique de réviser :

Joël Dicker en bonne place, pour son nouveau roman, « La très catastrophique visite du zoo ».

Place au 13h pile !, dont le thème ce mois-ci est un choix judicieux pour ceux qui aiment les textes percutants et ciselés, où chaque mot compte. Coralie et Emma, nos libraires passionnées, étaient accompagnées d’une apprentie libraire, Lisa, qui prépare un master métiers du livre.

Voici les ouvrages présentés :

Dans une langue sobre et sans emphase, ces histoires de couples, d’hommes et de femmes déploient la fresque des relations humaines, régies par les inégalités : que ce soit dans les rapports de genre ou de classe, les mots ici sont puissants, capables de faire naître l’espoir comme de le briser.

Ces trois courts romans ont en commun leur fraîcheur, leur simplicité et leur concision exemplaires. Mais tous trois se caractérisent aussi par des personnages à la naïveté cruelle, à la perversité troublante. Yoko Ogawa manipule merveilleusement l’art de la description, qui s’arrête sur les détails pour révéler des émotions profondément enfouies dans l’inconscient des êtres.

Guide de voyage alternatif, Barcelone Noir permet de (re)découvrir la capitale catalane sous la plume de 14 auteurs locaux, chacun livrant une nouvelle noire inédite sur le quartier qu’il a choisi.
Guide de voyage alternatif, Barcelone Noir permet de (re)découvrir la capitale catalane sous la plume de 14 auteurs locaux, chacun livrant une nouvelle noire inédite sur le quartier qu’il a choisi.

Le tableau atypique et détonnant d’une ville mythique… Toute la faune de LA est passée au crible, des castes les plus évidentes – starlettes d’Hollywood, flics modèles du LAPD, émigrés ayant fait fortune, familles richissimes de Beverly Hills – aux populations les plus underground – mafia des femmes de ménage, gangs ultraviolents, travailleurs clandestins, has been fauchés… Toute la galerie des habitants prend vie dans une topographie mi-réelle mi fictive.

Magdalena est l’épouse de Pieter van Beyeren, administrateur de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Issue d’une famille de riches armateurs, Magdalena est rigoureuse, soucieuse d’ordre et d’économie, maîtresse d’elle-même et de son foyer. Elle aurait pu succéder à son père si le commerce n’était réservé aux hommes, et la place des femmes à la maison. C’est sur un espace intérieur qu’elle semble s’être repliée. Intérieur où elle s’est fait représenter vue de dos, à son clavecin, près d’une fenêtre éclairant une enfilade de pièces qui respirent le calme, dans un tableau au charme presque irréel peint par un artiste du temps, Emanuel de Witt.
Ce décor a ses secrets, que livre le journal intime de Magdalena. Sa déception de n’avoir pu succéder à son père, née sans héritier mâle. Sa rencontre avec Pieter. Toutes les failles intimes de son existence. Un souvenir qui l’oppresse, emplit ses nuits d’angoisse : le meurtre dont elle a été témoin, enfant. Et d’autres infortunes autour d’elle. Sa sœur Judith, qui se morfond de ne pouvoir enfanter.

Tombée en dépression, une jeune mère se soumet à une cure de repos d’un genre radical, imposée par son médecin de mari. Censée reprendre goût à son quotidien réglé de femme au foyer par ce qui s’apparente à une séquestration pure et simple, elle ne réagit cependant pas comme son époux l’avait prévu… Classique des lettres américaines, La Séquestrée dénonce l’asservissement des femmes au mariage et à la maternité, ainsi que les méthodes de soins barbares destinées à guérir la neurasthénie qui en découle.

En cette fin d’année 1985 à New Ross, Bill Furlong, le marchand de bois et charbon, a fort à faire. Aujourd’hui à la tête de sa petite entreprise et père de famille, il a tracé seul sa route : élevé dans la maison où sa mère, enceinte à quinze ans, était domestique, il a eu plus de chance que d’autres enfants nés sans père.
Trois jours avant Noël, il va livrer le couvent voisin. Le bruit court que les sœurs du Bon Pasteur y exploitent à des travaux de blanchisserie des filles non mariées et qu’elles gagnent beaucoup d’argent en plaçant à l’étranger leurs enfants illégitimes. Même s’il n’est pas homme à accorder de l’importance à la rumeur, Furlong se souvient d’une rencontre fortuite lors d’un précédent passage : en poussant une porte, il avait découvert des pensionnaires vêtues d’horribles uniformes, qui ciraient pieds nus le plancher. Troublé, il avait raconté la scène à son épouse, Eileen, qui sèchement lui avait répondu que de telles choses ne les concernaient pas.
Un avis qu’il a bien du mal à suivre par ce froid matin de décembre, lorsqu’il reconnaît, dans la forme recroquevillée et grelottante au fond de la réserve à charbon, une très jeune femme qui y a probablement passé la nuit. Tandis que, dans son foyer et partout en ville, on s’active autour de la crèche et de la chorale, cet homme tranquille et généreux n’écoute que son cœur.
Claire Keegan, avec une intensité et une finesse qui donnent tout son prix à la limpide beauté de ce récit, dessine le portrait d’un héros ordinaire, un de ces êtres par nature conduits à prodiguer les bienfaits qu’ils ont reçus.

Déjà présenté lors du 13h pile d’octobre 2024, « Nos meilleurs coups de cœur ».

Ancrées dans l’Irlande du Nord où vit leur autrice, les seize nouvelles de ce formidable recueil ont la double qualité de nous inviter à arpenter avec elle ce territoire dont elle ne cesse d’explorer les complexités et aussi de nous proposer comme un concentré de sa vision du monde, de son monde. Chez Jan Carson, tout est question de point de vue : on ne peut qu’épouser celui de la narratrice du premier récit, indignée, après sa longue et habituelle baignade, de découvrir sur « sa » plage d’ordinaire déserte un couple envahissant flanqué d’un affreux bébé mangeur de sable ; rien d’anormal non plus à ce que la jeune Ruth converse avec le fumeur invétéré installé sur la banquette arrière d’une voiture que son grand-père vient d’acheter, même si l’on apprend qu’il s’agit du propriétaire d’origine, aujourd’hui décédé ; et, bien sûr, on compatit avec le père londonien qui, après de vaines recherches, est bien forcé de constater que ses deux gamins turbulents ne reparaîtront pas à l’extrémité du toboggan où ils se sont engouffrés : il le savait bien, qu’il n’aurait pas dû accepter qu’ils viennent s’installer à Belfast. Férocement drôles, impeccablement construites – dans la pure tradition d’efficacité des nouvelles anglo-saxonnes –, les textes de Jan Carson déclinent avec brio ce que les lecteurs de ses romans connaissent bien : un réalisme cru conjugué à la capacité de convoquer le surnaturel comme un élément parfaitement intégré au quotidien. C’est bien le cas avec le « fantôme de la banquette arrière » : la nouvelle titre du recueil prend en effet un tour politique dès qu’il s’avère que le passager clandestin de cette famille protestante est catholique. De même que la mémoire des Troubles – qui ont déchiré le pays pendant des années –n’est jamais loin, la talentueuse écrivaine propose ici une véritable et passionnante cartographie de sa terre natale, nous traçant le portrait lucide et parfois mélancolique d’un monde où tout ou presque peut arriver.

« Une maison sur le bord d’un lac, des murs chargés de livres, un dépôt à mon compte bancaire chaque quinzaine et Marthe ce matin encore avec un pain tout chaud enroulé dans un carré de papier kraft, que demander de plus. L’urbain que j’étais se découvre des zones inexplorées. Comment ai-je pu être aussi longtemps ignorant de moi-même? »
Patrice, dans son Clova à flanc de rails et de forêt, a réinventé sa façon d’être libraire. La nuit, les doigts sur le clavier, il alimente sa boutique virtuelle, correspond avec sa toile d’invétérés du livre rare et précieux. Le jour, il emballe les paquets que le train emportera vers le reste du monde. Et ça fonctionne, un univers prévisible et doux comme la tartine matinale. Jusqu’à l’arrivée de Gladys et de son cortège funèbre.

Les récit, de Raymond Carver sont d’une simplicité déconcertante. S’ils nous touchent si profondément, c’est que les vraies tragédies de notre époque se déroulent dans l’intimité autant que sur les champs de bataille. Leurs héros : une serveuse de restaurant, un chômeur, un père anxieux, une femme divorcée, des voisins trop curieux, un enfant malade. Ils nous ressemblent…

Les demeurées, ce sont une idiote du village et sa fille, fruit d’un contact éphémère avec un ivrogne de passage. Entre ces deux êtres d’infortune, nulle parole. Leur amour est silencieux, bâti sur leur seule présence l’une à l’autre. Leur vie recluse, solitaire, doit cependant prendre fin lorsque la petite Luce prend le chemin de l’école. Là, le monde l’attend et mademoiselle Solange, l’institutrice, est décidée à rompre l’ignorance, à faire jaillir les mots. La Varienne et sa fille vivent cette intrusion de l’extérieur comme une menace. Ensemble, elles renforceront ce lien primal, instinctif qui les unit: un amour quasi mystique, indéfectible, originel.

(Désolée pour la photo floue…)

« La plus grande nouvelliste de notre époque. » Sunday Times
Un recueil de nouvelles remarquable, explorant des sujets comme la famille, le couple, le deuil et la mémoire, avec la justesse, l’audace et l’humour qui la caractérisent l’autrice emblématique de La Servante écarlate.
On retrouve, au fil de ces quinze textes très personnels, deux sœurs évoquant le passé, un couple à l’épreuve du temps, mais aussi des chats, un escargot perdu, Martha Gellhorn, George Orwell, le philosophe et astronome Hypatie d’Alexandrie, une cabale de vieilles universitaires, un extraterrestre, ou encore une fille cherchant à comprendre si sa mère est véritablement une sorcière.

La nuit polaire est longue au Groenland. Pour la meubler, les chasseurs disséminés sur le désert de glace se racontent leurs aventures, véridiques ou pas, leurs racontars, devant une bouteille de schnaps. Un jour déboula Lady Herta, aristocrate aventurière, pour organiser un safari. Les mythiques recueils de racontars arctiques de Jørn Riel rejoignent la collection Babel.

Une sélection aussi riche qu’éclectique, qui prouve que le format court peut contenir une intensité et une profondeur insoupçonnées.

Ce rendez-vous avait une saveur particulière, car il coïncidait avec l’événement « 11 mars, je lis », une belle initiative pour célébrer et promouvoir la lecture sous toutes ses formes.

Ce fut un moment d’échange passionnant, où chacun a pu partager ses impressions et repartir (forcément) avec une belle liste d’envies de lecture. Vivement le prochain « 13h pile ! ». A bientôt pour de nouvelles aventures littéraires.

8 réflexions sur “« 13 h pile ! » à la Librairie de Paris : romans courts et nouvelles ! 

  1. une petite rectification au début il faut changer février en mars. Oui je sais c’est pour voir si nous suivons 😂

    Toujours sympa ce rendez-vous en te lisant

    Bolla

    💚 Sonia

    Aimé par 1 personne

    1. je viens de découvrir ton blog et il va rester tout en haut de blogs visités. Je te pique Alexandre Courban. A bientôt pour de nouvelles visites

      Je vais commencer le dernier Niko Tackian

      Bolla

      Aimé par 2 personnes

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