Informations
Titre : Le lagon
Auteur : Catherine Cooper
Éditeur : L’Archipel
Nombre de pages : 400 pages
Formats et prix : broché 22 € / numérique 15.99 €
Date de publication : 26 juin 2026
Genre : thriller psychologique
Résumé
Cinq journalistes et influenceurs sont invités aux Maldives dans l’hôtel de luxe que dirigent Henry et Ophelia. Le voyage de presse ultime.
Sur place, ils sont accueillis par Aramanita, en charge des relations publiques. Au programme des réjouissances : plongée sous-marine, sorties en quad, dîners gastronomiques, baignade avec les tortues…
Mais, alors que l’île privée est coupée du monde après une tempête, un premier corps est retrouvé. Puis c’est au tour d’Ophelia de disparaître… Qui sera le suivant ? Qui reviendra vivant de son séjour ?
Quand le voyage au paradis vous mène en enfer…
Mon avis
Le paradis a un goût de cauchemar
Catherine Cooper revient frapper fort avec « Le lagon », un thriller psychologique qui nous entraîne cette fois dans un décor de carte postale : les Maldives. Un cadre sublime et trompeur, où la mer turquoise et le sable immaculé deviennent le théâtre d’une tension grandissante… et mortelle.
Cinq journalistes et influenceurs sont invités à un voyage de rêve dans un hôtel de luxe dirigé par Henry et Ophelia. Accueillis par Aramanita, responsable des relations publiques, ils enchaînent plongées, balades en quad et repas somptueux, savourant un séjour paradisiaque. Mais la tempête qui isole l’île du reste du monde va tout changer…
« Je découvre une piscine privative avec une espèce de grand hamac accroché au-dessus, des coussins géants et des transats pour se prélasser, un jacuzzi, une douche extérieure, même un toboggan qui donne directement dans la mer, et tout ça rien que pour moi. »
Une construction habile et déroutante
Le roman s’ouvre sur un premier chapitre situé en mai 1990, où une fille est retrouvée morte lors d’une soirée. On bascule ensuite dans le présent, aux côtés de Malia, une influenceuse invitée sur l’île, qui s’interroge sur les raisons de sa présence : avec sa petite communauté sur Instagram, elle ne comprend pas pourquoi elle a eu ce privilège, mais elle compte bien en profiter. Les chapitres consacrés à Malia sont écrits à la première personne du singulier, rendant ses pensées et ses craintes encore plus immersives.
En parallèle, d’autres chapitres nous ramènent en mai 1990, cette fois sous le regard de Xander, également à la première personne. Ces allers-retours entre passé et présent rythment le récit et entretiennent le suspense : chaque bond temporel apporte des indices qui viennent éclairer la situation… ou la compliquer davantage. Catherine Cooper maîtrise l’art de semer la confusion, et le lecteur, pris dans ce jeu de miroirs, se met à soupçonner tout le monde.
« Les soirées elle-mêmes sont toujours l’occasion de passer un super moment, et le bénéfice est double. Primo, mon rôle de co-organisateur me vaut d’être populaire au lycée ; secundo, mon père est impressionné de me voir gagner de l’argent comme lui à mon âge. »
Un hôtel soucieux de la nature
Dès leur arrivée, les invités découvrent que l’hôtel se veut respectueux de son environnement exceptionnel : gestion raisonnée des déchets, sensibilisation à la faune marine, excursions encadrées pour limiter l’impact sur les récifs coralliens… Ce souci de protection de la nature apporte une dimension supplémentaire au roman. Catherine souligne subtilement combien ce paradis fragile peut basculer, autant à cause des éléments déchaînés que des humains eux-mêmes.
Ce contraste entre la splendeur du cadre et la noirceur des événements rend la tension palpable. Le lecteur se sent prisonnier de l’île en même temps que les personnages.
Une atmosphère unique : la nature, belle et implacable
Catherine démontre, une fois encore, son talent pour utiliser la nature comme un personnage à part entière. Ici, le lagon turquoise et l’île luxuriante sont tour à tour enchanteurs et terrifiants. L’auteure parvient à créer une ambiance claustrophobique, paradoxale dans un espace ouvert où l’horizon semble infini. Car cette beauté absolue se transforme en piège : la tempête coupe toute issue, la mer devient un mur infranchissable et la végétation cache peut-être un meurtrier.
Une intrigue à plusieurs voix, un casting riche en secrets
Catherine joue habilement avec la psychologie de ses personnages. Les journalistes et influenceurs, venus pour profiter et briller sur les réseaux, se révèlent peu à peu sous un jour plus sombre : jalousies, ambitions, mensonges… Chacun a quelque chose à cacher et l’auteure sème les indices et fausses pistes avec brio. Et petit bonus : les clichés sur les influenceurs, parfois un brin caricaturaux, qui m’ont bien fait sourire !
« Je prends mon téléphone avec l’étui waterproof que je n’ai pas oublié cette fois – encore heureux – et je me filme à l’aide de ma perche en train de barboter avec les tortues. Les retouches et filtres s’annoncent indispensables, mais je m’en préoccuperai plus tard. »
Les chapitres alternent les points de vue, permettant de rentrer dans la tête de plusieurs protagonistes et de mieux sentir la paranoïa qui s’installe à mesure que le danger se précise. Comme dans un huis clos, chaque interaction devient suspecte.
Un rythme maîtrisé, une tension constante et une plume immersive
Le roman est parfaitement rythmé : après un début totalement idyllique, la tension monte crescendo dès la tempête. L’alternance entre les moments de luxe et la peur qui s’installe entretient un suspense haletant. Les chapitres courts, efficaces, donnent envie d’enchaîner sans pause.
La plume de Catherine est un vrai atout : fluide, précise, évocatrice, elle nous plonge au cœur de l’île et de ses mystères, tout en rendant les personnages terriblement humains. Elle parvient à transmettre aussi bien le sentiment d’émerveillement face aux paysages que l’angoisse qui s’installe peu à peu.
Et surtout, elle sait comment nous prendre au piège : au fur et à mesure, on croit deviner l’identité du coupable, puis un nouvel élément vient tout remettre en question. Et jusqu’aux dernières pages, elle nous tient en haleine.
Ma plongée dans le lagon
J’ai dévoré « Le lagon » en une journée tant il est addictif. J’ai adoré la sensation d’être moi-même coincée sur cette île magnifique et menaçante. J’ai eu le sentiment de glisser petit à petit du rêve à l’angoisse, exactement comme les personnages. Les chapitres à la première personne m’ont vraiment fait ressentir leurs peurs et leurs doutes. Et jusqu’au bout, j’ai été ballotée par les fausses pistes semées par l’autrice. Bref, une lecture prenante, immersive et un parfait page-turner !
Si vous recherchez un page-turner où la tension monte jusqu’à l’explosion, ce livre est fait pour vous ! « Le lagon » séduira celles et ceux qui aiment les huis clos modernes et dépaysants, avec un soupçon de glamour et de critique du monde des influenceurs.
« Chaque année aux Maldives, on recense plus d’une centaine de tortues de mer blessées à cause des filets de pêche ou de débris en tout genre. »
Je remercie Editis, le groupe Lisez! et les Editions L’Archipel pour cette lecture.
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En bref…
Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : pour l’évasion promise par le titre, la couverture et le résumé. Mais aussi pour l’auteure. J’avais beaucoup aimé « Le chalet » et j’étais curieuse de découvrir ce décor radicalement différent.
Auteur connu : retrouvez ma chronique de « Le chalet », le premier roman de Catherine. « Le lagon » est son troisième.
Émotions ressenties lors de la lecture : l’évasion (et ça s’est top !), puis une angoisse et un malaise grandissant.
Ce que j’ai moins aimé : RAS
Les plus : le décor, l’atmosphère, les personnages, le suspense, la double temporalité, la plume, la fin.
Si je suis une âme sensible : « Le lagon » n’est pas gore, mais l’ambiance est sombre et la tension psychologique constante. Il y a quelques scènes de mort et un sentiment de danger permanent. Si vous êtes sensible à l’idée de huis clos oppressant, préparez-vous : le malaise est intense, même au milieu des cocotiers.


Une réflexion sur “« Le lagon » de Catherine COOPER”