« L’ombre d’un héros » de M.W. CRAVEN

Informations 

Titre : L’ombre d’un héros

Auteur : M.W. Craven

Éditeur : L’Archipel 

Nombre de pages : 400 pages

Formats et prix : broché 23.90 € / numérique 16.99 €

Date de publication : 11 septembre 2025

Genre : thriller

Résumé

La 4e enquête de Washington Poe, par M.W. Craven, lauréat du CWA Gold Dagger Award pour Le Cercle de pierres, qui s’est vu décerner pour ce roman le CWA Ian Flemming Steel Dagger Award.
Dans le Cumbria, au nord-ouest de l’Angleterre, un pilote d’hélicoptère recruté à l’occasion d’un sommet international est retrouvé mort dans une maison close. On apprend bien vite que cet homme était un héros de l’armée britannique, capturé et torturé par une cellule d’Al-Qaïda en Afghanistan.
L’enquête n’aurait jamais dû être confiée à Washington Poe et Tilly Bradshaw, dont la mission au sein de la National Crime Agency est de traquer les tueurs en série. Mais les services secrets britanniques en ont décidé autrement…
Parce qu’en haut-lieu on sait que Poe sera imperméable à la pression et aux tentatives d’intimidation ? Ou pour des raisons moins avouables ? Et quel est le lien avec ce casse audacieux commis trois ans plus tôt par des individus portant les masques des différents James Bond ?

Mon avis

Avec ce quatrième tome des enquêtes de Washington Poe, M.W. Craven surprend ses lecteurs en délaissant partiellement le registre du thriller criminel pur pour s’aventurer sur le terrain de l’espionnage et du roman à dimension militaire. Un choix audacieux qui confère une tonalité différente à la série… mais qui ne m’a pas totalement convaincue.

Une intrigue aux accents d’espionnage

L’histoire s’ouvre sur la découverte du corps d’un pilote d’hélicoptère, ancien héros de l’armée britannique, retrouvé mort dans une maison close. Loin d’un banal fait divers, ce crime cache de lourds secrets : la victime avait été capturée et torturée par une cellule d’Al-Qaïda en Afghanistan. Très vite, les services secrets s’invitent dans l’enquête et la National Crime Agency est contrainte de confier l’affaire à Poe et Bradshaw, même si leur domaine habituel reste la traque des tueurs en série.

L’intrigue prend rapidement une ampleur inattendue, mêlant enjeux politiques, manipulations en coulisses et souvenirs de captivité. Le mystère du casse spectaculaire, commis trois ans plus tôt par des malfaiteurs masqués en James Bond, vient enrichir cette toile de fond déjà dense. Tout est habilement tissé, mais l’ensemble s’éloigne sensiblement de l’ambiance criminelle sombre et oppressante des premiers tomes pour s’ancrer dans une atmosphère plus géopolitique et militaire.

Le duo Poe/Bradshaw, toujours au centre

Heureusement, le charme de la série réside surtout dans son duo principal. Washington Poe reste égal à lui-même : bourru, obstiné, allergique à l’autorité, mais animé par un sens aigu de la justice. Dans ce contexte où tout semble dicté par les intérêts d’État, il incarne cette figure d’homme droit qui refuse les compromis.

Mais c’est surtout Tilly Bradshaw qui brille dans ce tome. Je l’ai adorée une fois encore. Sa candeur, son intelligence hors norme et son humour involontaire apportent des respirations salutaires au récit. Elle demeure ce personnage lumineux et unique, capable d’émouvoir autant que de faire sourire. Sans elle, je crois que ce tome aurait perdu une grande partie de sa saveur.

« En tous cas, on n’apprendra rien d’intéressant en restant ici à caqueter comme des poules. Le mieux est encore d’enfiler des combinaisons stériles et d’aller jeter un coup d’œil à l’intérieur. »

Un rythme soutenu mais différent

La plume de Craven reste efficace et addictive. Les chapitres courts donnent au récit une cadence nerveuse et les rebondissements s’enchaînent sans temps mort. Le rythme est incontestablement soutenu, mais la nature de la tension diffère : moins de noirceur psychologique, plus d’action et de stratégies d’espionnage. Cela donne parfois l’impression de lire une autre série, où Poe et Tilly auraient été propulsés dans l’univers du polar géopolitique.

Mon regard sur ce tome

Si j’ai apprécié le soin apporté à l’intrigue et la capacité de l’auteur à tenir son lecteur en haleine, j’avoue avoir été moins emportée que par les précédents tomes. J’ai un faible pour les atmosphères sombres, pour ces enquêtes où la psychologie des criminels est disséquée et où l’on plonge dans l’âme humaine. Ici, les complots, l’armée et les services secrets prennent le dessus, et même si c’est maîtrisé, j’ai eu parfois le sentiment que la série perdait un peu de son identité.

En revanche, j’ai retrouvé avec plaisir les personnages et leur évolution. Le duo Poe/Tilly reste un atout incontestable et leur complicité rend la lecture toujours agréable.

« En particulier ce qui avait été découvert au cours de la première heure d’enquête. Ce que l’on nomme dans le jargon de la police « l’heure d’or », moment crucial puisque les indices sont encore frais. Le sang n’a pas eu le temps de sécher, ce qui le rend plus visible, les témoins ne se sont pas éparpillés dans la nature et n’ont pas eu le temps de se forger un alibi. »

 En refermant le livre…

« L’ombre d’un héros » est un tome différent, plus orienté espionnage et armée que thriller criminel. Si vous aimez les intrigues liées aux services secrets et aux enjeux militaires, vous serez comblés. Pour ma part, j’ai moins accroché à ce changement de cap, même si la plume de M.W. Craven et ses personnages m’ont permis de rester accrochée jusqu’au bout.

C’est un bon roman, mais qui m’a laissée légèrement nostalgique de l’ambiance glaçante et criminelle des débuts. Reste à voir si Craven poursuivra dans cette voie ou s’il ramènera Poe et Tilly à leurs premières amours.

« Quand on lui confiait une enquête, Poe préférait que le premier témoin appelé sur les lieux soit un flic et non un urgentiste. Même en présence d’un cadavre vert et rance dont le torse ouvert en deux grouillait de vers et dont le visage était en compote, il fallait toujours que les secouristes posent un perfusion. Plus d’un criminel avait échappé à la justice parce que les ambulanciers avaient contaminés la scène de crime avec leurs gros sabots. »

Je remercie les Editions L’Archipel et NetGalley pour cette lecture.

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En bref…

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : Je suis accro à cette série, tout simplement ! J’avais envie de retrouver Poe et Tilly, comme on retrouve de vieux amis.

Auteur connu :  Retrouvez mes chroniques de la série :

tome 1 : « Le cercle de pierres »

tome 2 : « Black Summer »

tome 3 :  « Le guérisseur »

J’ai eu la chance de rencontrer M.W. lors des derniers Quais du Polar. Un grand moment de ma vie de lectrice.

Émotions ressenties lors de la lecture : envie, joie et plaisir de retrouver les personnages, frustration face au virage pris par l’auteur.

Ce que j’ai moins aimé : le changement de cap, le côté plus espionnage, la perte du côté purement psychologique de l’intrigue.

Les plus : la richesse de l’intrigue, la plume, les personnages, les rebondissements, le rythme. 

Si je suis une âme sensible : les âmes sensibles pourraient être dérangées  par le réalisme des scènes. Même si « L’ombre d’un héros » est moins sanglant que « Le cercle de pierres » ou « Le Guérisseur », il contient des descriptions très crues liées à l’armée, aux tortures et aux séquelles psychologiques.

 

3 réflexions sur “« L’ombre d’un héros » de M.W. CRAVEN

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