Informations
Titre : J’aimerais te dire
Auteur : Christian Pernoud
Éditeur : Taurnada
Nombre de pages : 247 pages
Formats et prix : poche 10.90 € / numérique 7.99 €
Date de publication : 9 octobre 2025
Genre : roman psychologique
Résumé
Il y a toi… il y a elle… il y a nous…
Quand Thomas emmène sa fille, April, camper au lac Sebago, Angela, son ex-femme, pense qu’il veut simplement lui offrir un dernier moment d’insouciance avant son hospitalisation. Elle regarde son enfant partir sans imaginer une seule seconde que ce voyage va tout changer… et la hantera à jamais.
Faux-semblants, secrets de famille… l’histoire n’est pas toujours celle que l’on croit.
Un père et sa fille. Une odyssée bouleversante.
Mon avis
Entre aveux et héritage : le long chemin d’un père vers la vérité
« J’aimerais te dire » est le genre de roman qui se déploie comme une confidence, à voix basse, presque en secret. Ce que nous propose Christian n’est pas seulement un drame familial : c’est une traversée intime, où un père se livre à sa fille, le temps d’un voyage.
Un voyage en apparence ordinaire
Thomas est divorcé d’Angela. Quand il emmène leur fille April pour une semaine de vacances au bord du lac Sebago, Angela pense assister à une simple parenthèse avant l’hospitalisation d’April. La jeune fille est malade (on ignore encore de quoi) et cette escapade semble être un moment d’amour avant l’épreuve.
Mais dès les premières pages, quelque chose sonne faux. Le trajet s’allonge, les détours se multiplient. Très vite, on comprend que Thomas ne se dirige pas vers le lac.
Ce voyage devient alors une fuite, mais aussi une confession. Sur la route, Thomas parle, se livre, raconte à sa fille l’histoire qu’il n’a jamais osé dire. Celle d’un été américain, en 2006, où tout a basculé…
Retour en arrière : l’été de tous les drames
Jeune étudiant français venu poursuivre ses études aux États-Unis, Thomas travaillait à l’époque dans un camp de vacances. C’est là qu’il a rencontré Wendy, une jeune femme aussi séduisante qu’instable. Leur histoire, brève et passionnée, tourne vite à l’orage : Wendy est bipolaire, jalouse, incontrôlable. Thomas rompt brutalement et tombe sous le charme d’Angela, plus douce, plus équilibrée, plus lumineuse.
Mais Wendy n’accepte pas la rupture. Un jour, elle est mystérieusement agressée et sombre dans le coma. Thomas devient le principal suspect. L’accusation, la rumeur, la peur : tout s’effondre. Il faudra le courage d’Angela pour faire éclater la vérité et sauver l’homme qu’elle aime.
Entre science et culpabilité
Installé à New York, Thomas refait sa vie avec Angela et leur fille April. Il travaille dans la recherche médicale. Ce fil scientifique donne au roman une profondeur supplémentaire : la quête de guérison, qu’elle soit biologique ou morale, traverse chaque chapitre.
Mais la santé fragile d’April vient tout remettre en question. Depuis son enfance, Thomas l’a vue se battre contre la maladie, grandir malgré les épreuves. En la voyant décliner, il se retrouve confronté à ses propres erreurs et à cette vérité qu’il a trop longtemps refusé d’affronter.
Un roman d’émotion et de rédemption
Ce que j’ai adoré dans « J’aimerais te dire », c’est la construction subtile du récit. Christian alterne passé et présent avec une fluidité remarquable. Les souvenirs de Thomas s’entrelacent avec le voyage avec April, créant une tension émotionnelle constante. J’ai eu la sensation d’être à côté d’eux, sur la banquette arrière de cette voiture, témoin silencieuse de ces confidences bouleversantes.
Thomas est un personnage d’une humanité désarmante. Faible parfois, courageux toujours. Il n’est ni un héros ni un martyr, simplement un père qui aime à en mourir.
« Quand vous touchez le fond, les mains tendues se font rares. Mon arrogance passée n’invitait pas à la compassion. »
Sur la filiation et le sens d’être parent
À travers cette histoire, Christian interroge la filiation dans toute sa complexité : celle du sang, du cœur, mais aussi de l’amour et du choix. Être parent, dans « J’aimerais te dire », ce n’est pas seulement donner la vie, c’est la transmettre autrement, par le pardon, par le sacrifice, par la vérité enfin révélée. Thomas accomplit l’acte ultime d’un père : il ne cherche plus à réparer le passé, mais à donner un futur. Le roman rappelle que la parentalité n’est pas qu’une question de biologie, mais une histoire d’engagement, de présence et de courage face à la douleur. Un engagement viscéral, un lien que rien ne peut effacer.
En tant que parent moi-même, j’ai ressenti une proximité intense avec Thomas, dans ses doutes, ses élans protecteurs et ses décisions parfois douloureuses mais profondément humaines. Ses choix m’ont touchée d’autant plus qu’ils résonnent avec cette peur universelle : celle de voir son enfant souffrir et de vouloir tout donner pour l’aider.
Une plume sobre, pleine d’humanité
La plume de Christian est pudique, d’une sobriété remarquable. Il ne cherche pas à forcer l’émotion, elle surgit d’elle-même. Son écriture m’a touchée par sa sincérité. Rien n’est surjoué, tout sonne vrai. On sent derrière chaque phrase une compréhension fine des émotions humaines.
Le rythme alterne entre les paysages américains et les souvenirs, entre le calme de la route et la violence des révélations.
C’est un roman qu’on lit à cœur ouvert, parfois les larmes aux yeux, parce qu’il touche à ce qu’il y a de plus fragile : l’amour paternel et le poids du passé.
Ce que j’ai un peu moins aimé
Si la fin m’a émue et bouleversée, j’ai trouvé qu’elle arrivait un peu trop vite, comme si tout se précipitait alors que j’aurais voulu rester encore un peu avec eux, dans cette bulle de vérité et d’amour.
Mais c’est sans doute aussi ce qui rend ce roman si fort : le lecteur n’est pas du tout prêt à dire au revoir aux personnages.
L’émotion en héritage
« J’aimerais te dire » est un roman sur la transmission, le pardon et le courage d’aimer.
Entre drame psychologique, récit de filiation et tension romanesque, Christian signe un texte sensible et intelligent, où la mémoire, la faute et la rédemption s’entrelacent et qui interroge la frontière entre la culpabilité et l’amour absolu.
Un roman qui, sans en avoir l’air, pose la question essentielle : que laisserons-nous à nos enfants : nos secrets ou notre vérité ?
Inutile de vous dire que je vous conseille chaudement de courir en librairie pour ajouter ce roman à vos lectures !
Je remercie les Editions Taurnada pour cette lecture.
« Nous avions l’assurance folle que nos sentiments seraient plus forts que tout. »
#Jaimeraistedire #ChristianPernoud #Taurnada
En bref…
Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : l’auteur. Et le résumé m’a intriguée, avec cette relation père-fille. J’y ai vu la promesse d’un récit mêlant émotion, tension et humanité.
Auteur connu : retrouvez ma chronique du précédent roman de Christian, « Pour nous ».
Émotions ressenties lors de la lecture : tristesse, curiosité, tristesse, admiration, colère, empathie.
Ce que j’ai moins aimé : le dénouement qui arrive un peu trop vite.
Les plus : le sujet, la construction maîtrisée, les personnages, la plume, la dimension médicale, la réflexion, la fin.
Si je suis une âme sensible : mieux vaut lire ce roman quand on se sent prêt à accueillir une lecture bouleversante, car certaines pages sont lourdes de sens.


je le lirai certainement !
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J’attends ton retour alors !! Bonne lecture à toi. Bises
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