« Les quatre filles du Docteur March » de Louisa May ALCOTT

Informations 

Titre : Les quatre filles du Docteur March

Auteur : Louisa May Alcott

Éditeur : Gallmeister

Nombre de pages : 638 pages

Formats et prix : poche 13 € 

Date de publication : 3 septembre 2020

Genre : littérature américaine

Résumé

Dans une petite ville du Massachussetts, durant la guerre de Sécession, une famille modeste, quatre jeunes sœurs et leur mère, guette avec inquiétude chaque lettre du père parti au front. Mais rien ne peut arrêter la jeunesse, et la vie continue à façonner les destinées de Meg, l’aînée pragmatique et conformiste, Amy la frivole, Jo, la romancière en herbe et féministe avant l’heure, et la douce Beth, à la santé fragile. De l’enfance à l’âge adulte, confrontées à la découverte de soi, elles partagent une joie de vivre débordante apprenant la sororité, l’amitié mais aussi le sacrifice. Ensemble, ces quatre adolescentes impétueuses sauront réclamer à ce monde bien plus qu’il ne semble pouvoir leur offrir.

Mon avis

Relire « Les quatre filles du Docteur March » des années après l’avoir découvert adolescente, c’est comme rouvrir la porte d’une maison d’enfance qu’on croyait connaître par cœur… et constater qu’elle a grandi avec nous. La réédition soignée de Gallmeister offre une nouvelle lumière à ce monument de la littérature américaine et c’est avec un plaisir immense que je me suis replongée dans cette histoire intemporelle.

Une plongée dans l’Amérique de la guerre de Sécession

Louisa May Alcott situe son roman dans un Massachusetts encore marqué par les privations et les inquiétudes liées à la guerre. Malgré la modestie des moyens, malgré l’absence du père parti au front, la maison des March reste un refuge vivant, animé, chaleureux. Ce contraste entre un contexte historique difficile et l’énergie débordante des quatre sœurs donne au roman une tonalité très particulière : un mélange de gravité et de fraîcheur qui fonctionne toujours aussi bien.

Gallmeister propose ici une traduction et une édition qui mettent superbement en valeur l’atmosphère du texte. On y ressent les frissons du froid, les odeurs de cuisine, les veillées autour du feu et cette façon typique qu’avaient les familles de l’époque de créer du bonheur malgré le manque.

Une sororité avant l’heure

Meg, Jo, Beth et Amy forment l’un des quatuors les plus emblématiques de la littérature. Ce qui frappe en relisant le roman adulte, c’est la finesse psychologique avec laquelle Louisa May esquisse leurs personnalités : Meg, raisonnable et attachée au devoir, incarne la pression sociale et l’envie de bien faire. Jo, la romancière fougueuse, refuse les carcans. Sa modernité, son tempérament, sa liberté intérieure en font toujours un personnage immense. Beth, lumineuse dans sa douceur et sa fragilité, rappelle que la force peut prendre des formes extrêmement discrètes. Et Amy, parfois agaçante dans sa légèreté, révèle pourtant une sensibilité réelle et un sens du beau qui la rendent finalement touchante.

Leur relation est tout sauf lisse : rivalités, jalousies, maladresses, mais aussi pardon, soutien et apprentissage mutuel. C’est une sororité vivante, imparfaite et donc profondément humaine.

« Elle avait nourri sa colère jusqu’à ce qu’elle empire et la possède tout entière, comme le font toujours les pensées et les sentiments pernicieux, à moins d’être chassés d’un coup. »

 

Un regard qui change avec le temps

Relire « Les quatre filles du Docteur March » en tant qu’adulte m’a offert un regard totalement différent de celui que j’avais à l’adolescence. À l’époque, je me laissais emporter par l’énergie, les disputes, les rires et les petites aventures quotidiennes des sœurs March. Jo m’impressionnait par sa fougue et son indépendance, Beth m’émouvait, Amy m’agaçait et j’admirais Meg. Ce que je retenais surtout, c’était la chaleur de la maison, la complicité des sœurs, le rythme des journées et le charme de cette époque.

Aujourd’hui, la lecture adulte révèle des couches plus profondes. On voit les choix, les renoncements, les sacrifices, les contraintes sociales et économiques sous un autre angle. On comprend mieux la complexité de chaque personnage, la manière dont la guerre et l’absence du père influencent leurs parcours. Ce qui semblait à l’adolescente que j’étais à l’époque simplement mignon ou touchant prend une résonance nouvelle : chaque émotion, chaque frustration ou déception est un apprentissage, un pas vers l’autonomie et la maturité.

Le roman agit ainsi comme un miroir du lecteur : adolescent, on est attiré par la vie immédiate et le charme des caractères, adulte, on lit entre les lignes, on savoure les nuances, on mesure l’impact des décisions et des valeurs morales. C’est ce double regard qui rend « Les quatre filles du Docteur March » si universel et si intemporel : il accompagne le lecteur à différents âges et révèle toujours quelque chose de nouveau sur les personnages… et sur soi-même.

Une éducation sentimentale et morale

Lire ce roman aujourd’hui, c’est se rendre compte à quel point il parle de formation personnelle. Chaque sœur traverse ses propres épreuves, ses erreurs, ses victoires. On y parle d’ambition, de féminité, de talent, de justice, de place dans la société.

La dimension morale, parfois très marquée dans les lectures adolescentes, apparaît aujourd’hui plus nuancée : non pas comme une leçon, mais comme une quête d’équilibre, une invitation à réfléchir à la place qu’on veut prendre dans le monde.

Une lecture doudou, mais pas naïve

Ce roman n’est pas seulement un cocon littéraire. En effet, il est traversé de thèmes plus sombres : la maladie, la pauvreté, le renoncement à certains rêves, les contraintes sociales pesant sur les femmes, la peur de perdre ceux qu’on aime.

Pourtant, Louisa May n’en fait jamais un récit pesant. Elle garde cette lumière, cette chaleur, cette douceur qui enveloppe tout. Dans cette relecture, j’ai particulièrement ressenti la force de Marmee, cette mère qui tient la maison comme on tient un phare dans la tempête. Et j’ai redécouvert Jo avec une admiration nouvelle : femme libre avant l’heure, énergique, entière, parfois trop, souvent juste.

Pourquoi cette relecture m’a tant touchée

Cette lecture m’a rappelé que certains livres ne vieillissent pas : ils évoluent. À l’adolescence, j’avais adoré l’énergie, les disputes, les rires des quatre sœurs. Aujourd’hui, ce sont les nuances, la sagesse, les fragilités que j’ai savourées.

Gallmeister offre une édition qui met magnifiquement en valeur ce texte et redonner vie à cette lecture m’a procuré un vrai bonheur.

C’est un roman qui parle de famille, de construction personnelle, de courage du quotidien. Un roman où la bienveillance n’est pas mièvre, mais un choix, un acte de résistance douce. Je ne peux que vous conseiller cette lecture. 

« S’amuser sans jamais travailler est à peu près aussi ennuyeux que le contraire ! »

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En bref…

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : j’ai eu envie de me replonger dans ce roman parce que je l’avais découvert à l’adolescence et que j’en gardais un souvenir très fort, celui d’un classique lumineux et profondément humain. 

Auteur connu : qui ne connait pas Louisa May Alcott ?

Émotions ressenties lors de la lecture : réconfort, tendresse, admiration, nostalgie, tristesse, et bien d’autres émotions, ce roman aura été un shoot d’émotions. 

Ce que j’ai moins aimé : RAS

Les plus : retrouver cette magie, la complicité, la réflexion morale, l’ancrage historique, la luminosité, la plume, les personnages. 

Si je suis une âme sensible : même si l’ensemble du roman baigne dans une atmosphère douce et chaleureuse, certains passages abordent des thèmes difficiles comme la maladie, la peur de perdre un proche, les sacrifices personnels et la fragilité de l’existence.

8 réflexions sur “« Les quatre filles du Docteur March » de Louisa May ALCOTT

  1. je suis comme toi, je l’ai lu à l’adolescence ou même avant. c’était ma maman qui me l’avait offert, elle m’avait dit qu’elle était Jo dans le livre et au fur et à mesure de ma lecture, j’ai bien reconnu le même caractère.

    un joli roman que j’ai acheté il y a 3 ans avant Noël et qui est encore dans ma bibliothèque « à lire ».

    il va falloir que je me discipline : réslution 2026 =>ne plus acheter de livres avant d’avoir lu les 2 bibliothèques.

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  2. Bonjour Sonia. Moi aussi j’ai lu ce livre à l’adolescence et ton résumé me donne envie de le relire : les piscines de la Marne où j’ai appris à nager, les bals etc…

    En allant à la FNAC je regarderais si je trouve cette réédition je le prendrai en même temps.

    Merci pour tous tes résumés, il me donne l’envie ou non de lire tes lectures.

    Passe une bonne semaine et bon courage.

    Bises😘😘💕💕

    Domi

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