Informations
Titre : Chaîne de crimes
Auteur : Chris Costantini
Éditeur : Istya et Cie Editions
Nombre de pages : 320 pages
Formats et prix : broché 19.90 € / numérique 14.99 €
Date de publication : 22 janvier 2026
Genre : roman policier
Résumé
À New York, un meurtre réveille les ombres d’un crime jamais élucidé, et entraîne un détective hanté dans un face-à-face vertigineux avec la mémoire, le pouvoir et la science.
New York, 10 juillet. Samantha, meilleure amie de Thelonius Avvogado, ex-détective du NYPD, est retrouvée assassinée. Le modus operandi et l’arme rappellent étrangement le meurtre de Lara, la sœur de Thelonius, survenu exactement cinquante ans plus tôt, le même jour.
Décidé à ne pas laisser l’affaire lui échapper, Thelonius choisit de « doubler » l’équipe officielle du NYPD, trop exposée face à la notoriété de Samantha, figure respectée du monde politique et social new-yorkais. Il rouvre alors le cold case de sa sœur, mobilisant d’anciens indics, quelques journalistes spécialisés et son expérience d’enquêteur.
Peu à peu, l’investigation le replonge dans un New York qu’il connaît trop bien : ingérences mafieuses, entrepreneurs immobiliers sans scrupules, luttes de pouvoir locales, mais aussi passé trouble et activisme féministe de sa sœur.
À la frontière entre tradition et modernité, Thelonius s’ouvre aux outils d’intelligence artificielle, sans jamais renier son instinct et sa connaissance intime des ressorts de l’âme humaine. Jusqu’à ce qu’il découvre le « microchimérisme », phénomène biologique alors confidentiel, qui remet en cause la fiabilité absolue de l’ADN et bouleverse la quête de vérité.
A noter qu’une partie des bénéfices des ventes de ce roman sera reversée à l’Association Laurette Fugain, pour la recherche contre les leucémies.
Mon avis
Un polar new-yorkais entre enquête, mémoire et science
« Chaîne de crimes » de Chris Costantini est un roman policier contemporain qui s’inscrit à la croisée de plusieurs chemins : enquête criminelle, drame intime, réflexion politique et interrogations scientifiques. Un polar exigeant, qui prend son temps et qui ne cherche jamais la facilité.
Un meurtre à New York qui réveille un cold case
L’intrigue s’ouvre à New York, le 10 juillet. Samantha, personnalité influente du monde politique et social new-yorkais, est retrouvée assassinée. Très vite, un détail glaçant s’impose : le modus operandi et l’arme utilisés rappellent étrangement un meurtre jamais élucidé, survenu cinquante ans plus tôt, jour pour jour.
Ce crime ancien, c’est celui de Laura, la sœur de Thelonius Avvogado, ancien détective du NYPD, et ami de Samantha. Dès lors, « Chaîne de crimes » devient bien plus qu’un simple polar : c’est une enquête où le passé refuse de rester enterré.
Thelonius Avvogado, un enquêteur hanté, entre silence et jazz
Thelonius (j’adore ce prénom !) est un ex-détective du NYPD profondément marqué par son passé, mais aussi par une sensibilité que Chris Costantini laisse affleurer par petites touches. Parmi elles, son amour du jazz n’est pas anecdotique. Cette musique, faite d’improvisation, de ruptures et de silences, reflète parfaitement son caractère et sa manière d’enquêter.
« Le jazz était mon mur porteur. La seule musique qui transmutait les affres du racisme, du déracinement, des miasmes des bas-fonds, de la mélancolie, pour les élever à des attitudes inégalées. »
Le jazz accompagne ses moments de solitude, ses réflexions nocturnes, ses errances dans un New York qu’il connaît trop bien. Il devient une forme de refuge, presque un langage parallèle, là où les mots et les procédures échouent. Comme cette musique, Thelonius avance à l’instinct, accepte les dissonances, et compose avec les zones d’ombre.
Il ne s’agit pas seulement d’un ancien flic hanté par un cold case, mais d’un homme capable d’écoute, de nuances, de pauses. Le jazz, quant à lui, est la petite touche qui ancre encore davantage « Chaîne de crimes » dans une atmosphère nocturne et urbaine, profondément new-yorkaise.
A savoir : Thelonius est le détective récurrent des romans de Chris Costantini. Il apparaît dans « Lames de fond », « À pas comptés », « La note noire » et « Il n’est jamais trop tard ». Mais rassurez-vous : il est tout à fait possible d’apprécier « Chaîne de crimes » sans avoir lu les précédents opus, comme ce fut mon cas et de se laisser totalement emporter par cette enquête.
Un polar politique ancré dans le New York réel
Dans « Chaîne de crimes », New York n’est jamais un simple décor. La ville est décrite dans toute sa complexité, pour mon plus grand plaisir ! Moi qui adore cette ville, j’ai apprécié la découvrir sous un angle pas forcément glorieux : ingérences mafieuses, promoteurs immobiliers sans scrupules, luttes de pouvoir locales, réseaux d’influence politique.
« C’est comme si les gens n’avaient plus qu’une boussole, celle du mal. »
À cela s’ajoute le passé militant de Laura, féministe engagée, dont les combats résonnent encore avec l’actualité. Chris Costantini tisse un polar politique solide, où chaque piste révèle les failles d’un système prêt à étouffer certaines vérités.
Quand la science bouleverse l’enquête criminelle
C’est dans son dernier quart que « Chaîne de crimes » m’a encore plus happée. Chris Costantini fait alors basculer le roman sur un terrain aussi passionnant que vertigineux : celui de la science appliquée à la justice.
Ce phénomène biologique, encore peu connu du grand public, remet en question une certitude profondément ancrée dans l’imaginaire collectif : l’ADN comme preuve absolue. Ici, l’auteur ne se contente pas d’un simple gadget scientifique. Il en fait un véritable levier narratif, capable de fragiliser toute l’architecture de l’enquête, et par extension, notre rapport à la vérité judiciaire.
Ce que j’ai trouvé particulièrement réussi, c’est la manière dont cette notion complexe est intégrée au récit. Jamais lourde, jamais démonstrative, elle s’insinue progressivement, faisant naître le doute là où tout semblait établi. Le lecteur, comme Thelonius, est obligé de remettre en cause ses certitudes, ses réflexes et même sa confiance dans les preuves dites irréfutables.
À partir de là, la lecture devient presque physique. Les pages s’enchaînent, la tension monte et l’on avance avec ce sentiment troublant que la vérité peut être multiple, mouvante, fragile. J’ai lu ce dernier quart en apnée, consciente d’assister à quelque chose de rare dans le polar : un moment où la science ne sert pas à rassurer, mais à inquiéter.
Ce volet scientifique interroge la justice, bien sûr, mais aussi notre besoin humain de réponses simples face à des réalités complexes. « Chaîne de crimes » n’utilise pas la science pour clore le débat : il l’ouvre, et c’est précisément ce qui rend cette lecture aussi marquante.
« Si le cheveu a encore son bulbe, cette extrémité de peau qui le relie au cuir chevelu, on procède à une recherche d’ADN nucléaire sur le bulbe. »
Un roman policier dense et exigeant
Il est important de le préciser : « Chaîne de crimes » n’est pas un thriller ultra-rythmé. Le rythme est volontairement posé, l’intrigue complexe, les thématiques nombreuses. Cela demande une lecture attentive.
Cette densité pourra déstabiliser les lecteurs en quête d’action immédiate, mais elle fera le bonheur de ceux qui aiment les romans policiers intelligents, qui prennent le temps de développer leurs enjeux.
« Mon père me disait qu’il y avait deux sortes de types. Ceux avec lesquels on pouvait aller à la guerre, et les autres qui vous tiraient dans le dos pour sauver leur peau. »
Mon avis sur « Chaîne de crimes »
J’ai été séduite par la richesse du récit et par la façon dont Chris Costantini mêle enquête criminelle, mémoire familiale et réflexion scientifique. L’émotion est discrète mais constante, portée par un héros hanté et une quête de vérité profondément humaine.
À qui recommander « Chaîne de crimes » ?
- Aux amateurs de polars new-yorkais
- À ceux qui aiment les romans policiers engagés et intelligents
- Aux lecteurs sensibles aux intrigues mêlant science et justice
« Le temps était venu de comprendre et d’agir. De vieux réflexes programmés et la qualité de ma mémoire visuelle se mirent en branle, en mode pilotage automatique. »
Un grand merci aux Editions Istya et Cie pour cette lecture.
#Chaînedecrimes #ChrisCostantini # IstyaetCieEditions
En bref…
Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : j’ai été attirée par la dimension scientifique de ce roman. Et puis, New York en toile de fond, c’est toujours un plus pour moi !
Auteur connu : je ne connaissais pas Chris Costantini avant cette lecture. Une belle découverte !
Émotions ressenties lors de la lecture : fascination, curiosité, envie, émerveillement.
Ce que j’ai moins aimé : RAS
Les plus : l’originalité et la complexité de l’intrigue, la dimension scientifique, les personnages, et New York bien sûr !
Si je suis une âme sensible : ce roman aborde la perte et le deuil qui sont des sujets assez difficiles à aborder pour certaines personnes.


très reconnaissant de votre chronique fruit d’un travail sensible et réfléchi et c’est tellement rare. Avec mes profonds remerciements sans oublier de préciser que mes droits vont à la fondation Laurette de recherche contre les leucémies
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Merci beaucoup pour votre message. J’ai été très sensible à votre roman et à la richesse de votre écriture, et c’est un plaisir de pouvoir en parler. Je trouve également magnifique qu’une partie de vos droits aillent à la Fondation Laurette Fugain. Je l’ai rajouté dans la chronique, à la fin du résumé, avec le lien vers le site internet de l’Association. Bonne soirée.
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Merci Sonia pour cette découverte. Le côté scientifique de ce polar pourrait me plaire ; en revanche, je n’ai pas bien compris de quel phénomène biologique il est question ? De la science appliquée à la justice ? Je ne comprends pas en quoi c’est nouveau ? Désolée, je suis curieuse 😉
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Bonsoir Céline,
Le roman s’appuie sur le microchimérisme, un phénomène biologique réel mais encore peu connu. Il désigne le fait qu’une personne peut porter en elle de l’ADN d’un autre individu (suite à une grossesse, une transfusion, une greffe…), parfois pendant des décennies.
Ce qui est intéressant (et nouveau), c’est la façon dont cela remet en question la fiabilité absolue de l’ADN en justice, alors qu’on le considère souvent comme une preuve irréfutable. Le polar joue justement sur cette zone grise entre science, enquête criminelle et vérité judiciaire.
Et aucune excuse à faire : ta curiosité est la bienvenue !
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Merci pour ta réponse Sonia, je n’avais pas compris qu’il s’agissait de cela. C’est un sujet connu depuis longtemps en sciences forensics mais effectivement peu traité dans le monde du polar (il me semble l’avoir vu une fois dans un roman suite à un greffe de moelle osseuse il me semble, mais je ne me souviens plus du titre 😉). L’ADN est loin d’être une preuve irréfutable (et le prélèvement aussi), même s’il est utile, et que les techniques d’expertise ont évolué. Je suis passionnée par cette thématique, alors j’aime bien quand elle est traitée dans un polar ! Je note ce roman en tout cas. Merci encore
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