Informations
Titre : La psy
Auteur : Freida McFadden
Éditeur : City Editions et J’ai lu
Nombre de pages : 416 pages pour le poche
Formats et prix : broché 21.50 € / poche 8.60 € / numérique 8.49 €
Date de publication : 16 avril 2025 pour le poche
Genre : thriller psychologique
Résumé
Jeunes mariés, Tricia et Ethan recherchent la maison de leurs rêves. Alors qu’ils visitent un manoir isolé ayant appartenu au docteur Adrienne Hale, une psychiatre renommée disparue sans laisser de trace quatre ans plus tôt, une violente tempête de neige les piège sur place.
Et la maison n’a rien d’un cocon rassurant… Il y a ces empreintes de pas récentes sur le parquet, ces bruits à l’étage, comme si quelqu’un vivait là. Pire encore : Tricia découvre une pièce secrète qui renferme les enregistrements audio de chaque patient du docteur Hale.
La jeune femme les écoute les uns après les autres, tard dans la nuit. La toile de mensonges ayant conduit à la disparition de la psy se dévoile lentement. Mais déterrer de vilains petits secrets est un jeu dangereux, et lorsque Tricia écoute le dernier enregistrement, il est déjà trop tard…
Mon avis
Un huis clos efficace sur le papier
Difficile de nier que « La Psy » coche toutes les cases du thriller psychologique grand public : un manoir isolé, une tempête de neige qui coupe les personnages du monde extérieur, une disparition inexpliquée, des secrets soigneusement dissimulés.
Le décor fonctionne immédiatement. L’isolement, le froid, le silence imposé par la neige créent une atmosphère propice à l’angoisse. Freida McFadden sait poser un cadre, installer une tension rapide et donner envie de tourner les pages. Le roman se lit d’ailleurs très vite, porté par des chapitres courts et un rythme soutenu.
Les enregistrements : une bonne idée…
L’un des éléments les plus intéressants du roman réside dans les enregistrements audio des patients du docteur Hale. Sur le principe, c’est une excellente idée : plonger dans l’intimité de confessions psychiatriques, entendre des voix fragmentées, dérangeantes, parfois inquiétantes.
Malheureusement, cet aspect reste assez superficiel. Les témoignages servent surtout à faire avancer l’intrigue, sans véritable approfondissement psychologique. Là où on pourrait attendre une exploration plus troublante de l’âme humaine, on reste souvent à la surface, avec des révélations assez balisées.
Une intrigue prévisible
C’est sans doute là que le roman m’a laissée sur ma faim.
Très vite, les mécanismes du récit deviennent limpides. Les retournements de situation, pourtant attendus dans ce genre de thriller, manquent ici de surprise. On devine assez tôt où l’autrice veut nous emmener et les révélations finales ne provoquent pas le choc espéré.
Cela ne rend pas la lecture désagréable, mais elle manque clairement de tension psychologique durable. On avance plus par curiosité que par véritable inquiétude, sans ce malaise persistant qui fait la force des thrillers les plus marquants.
Des personnages fonctionnels mais peu incarnés
Tricia, personnage central, reste assez classique dans sa construction. Elle observe, enquête, doute… mais sans jamais réellement prendre chair.
Le docteur Hale, pourtant au cœur du mystère, demeure finalement assez distante. On aurait aimé une figure plus dérangeante, plus ambiguë, capable de laisser une empreinte durable.
Dès les premières pages, Ethan m’a clairement agacée. Son comportement, ses réactions et certaines de ses décisions donnent très vite une impression de malaise, parfois même de condescendance à peine voilée. Là où il devrait rassurer, il inquiète ; là où il devrait soutenir, il freine ou détourne l’attention.
Plutôt que de susciter la curiosité ou l’ambiguïté, Ethan m’a donné l’impression d’un personnage trop lisible, presque programmé pour éveiller la méfiance. Résultat : au lieu de nourrir le suspense, il participe à rendre l’intrigue encore plus prévisible et il fini par peser sur la lecture. Un personnage qui intrigue peu, et qui, personnellement, m’a davantage exaspérée qu’intéressée.
Tout le monde ment
Dans « La Psy », l’un des ressorts principaux de l’intrigue et sans doute le plus frustrant (ou intriguant selon le lecteur), est que personne n’est totalement honnête. Chacun cache quelque chose, manipule l’autre ou dissimule ses véritables intentions. Même les gestes les plus anodins prennent un relief inquiétant.
Ce jeu de faux-semblants aurait pu créer une tension incroyable. Malheureusement, ici, il se heurte à une intrigue trop prévisible : on anticipe souvent qui ment et pourquoi, ce qui réduit l’effet de surprise. Malgré tout, ce thème reste intéressant et rappelle que la frontière entre confiance et tromperie est fragile… et que, dans un huis clos, chaque mensonge devient un danger.
« C’est formidable de partager ma vie avec lui. Sauf pour le grand secret que je ne lui ai pas encore révélé. »
Une plume efficace mais sans aspérités
La plume de Freida McFadden est clairement pensée pour l’efficacité. Les phrases sont courtes, les chapitres s’enchaînent rapidement, le rythme ne faiblit jamais. C’est une écriture qui se lit facilement, presque trop parfois. Elle va droit au but, sans détours ni recherche stylistique particulière.
Si cette simplicité rend la lecture fluide et accessible, elle limite aussi l’impact émotionnel. L’écriture ne cherche pas à creuser les zones d’ombre psychologiques ni à installer une atmosphère durablement oppressante. On avance vite, mais sans jamais vraiment frissonner.
Mon ressenti de lecture avec franchise
Je vais être claire avec vous : je n’ai pas du tout accroché à « La psy ». L’intrigue m’a semblé d’une prévisibilité affligeante, au point de tuer toute forme de suspense. Les personnages, peu incarnés, peinent à susciter la moindre empathie, ce qui rend l’ensemble assez froid et mécanique. J’ai trouvé le scénario trop simpliste, presque paresseux par moments et je me suis surprise à lever les yeux au ciel plus d’une fois face à certaines facilités narratives. Reste un point positif : le roman se lit vite… ce qui m’a permis d’en voir la fin sans trop de peine.
À qui s’adresse ce roman ?
« La Psy » s’adresse avant tout aux lecteurs et lectrices qui aiment les thrillers psychologiques accessibles, rapides à lire, sans complexité excessive. C’est un roman idéal pour une pause lecture, un moment de détente.
En revanche, si vous recherchez un thriller profondément dérangeant, riche sur le plan psychologique ou émotionnel, vous risquez de rester à distance. Les amateurs de suspense très travaillé ou de personnages fouillés pourraient trouver l’ensemble un peu trop prévisible.
Que lire après « La Psy » ?
Si vous avez apprécié le principe de l’isolement et du huis clos, mais que vous cherchez une expérience littéraire beaucoup plus intense et marquante, plusieurs pistes s’offrent à vous :
- « Sukkwan Island » de David Vann. C’est un huis clos radical, glaçant et profondément dérangeant, qui explore la solitude, la filiation et la violence psychologique avec une puissance incomparable.
- « La fille au pair » de Sidonie Bonnec. Un thriller domestique efficace, ancré dans le quotidien, où le malaise s’installe de manière insidieuse.
- « Le Mystère de la maison aux trois ormes » de Valentin Musso. Une intrigue centrée sur une demeure énigmatique et où l’auteur manipule habilement son lecteur, l’entraînant sur de fausses pistes et distillant le doute jusqu’au bout.
Des romans qui prennent davantage le temps d’installer le malaise et de jouer avec la perception du lecteur. Là où « La Psy » vous laisse deviner l’intrigue, ces auteurs vous font trébucher sur vos propres hypothèses.
Le mot de la fin…
« La Psy » est un thriller psychologique efficace dans sa construction, mais trop sage dans son exécution. Une lecture divertissante, rapide, qui remplit son rôle sans laisser de trace durable. Idéal pour se détendre, moins pour être véritablement marqué.
« Les êtres humains ne supportent pas bien le rejet. A l’époque où nos ancêtres étaient des chasseurs-ceuilleurs, la mise au ban d’une tribu s’apparentait à une condamnation à mort. C’est pourquoi le rejet est vécu par les êtres humains comme une expérience incroyablement douloureuse. »
#Lapsy #FreidaMcFadden #CityEditions #Jailu
En bref…
Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : suite à un conseil et après avoir plutôt apprécié « La Femme de ménage », j’avais envie de redonner sa chance à Freida McFadden. « La Psy » me semblait être un roman indépendant, idéal pour confirmer, ou non, mon intérêt pour son univers.
Auteur connu : retrouvez ma chronique de « La femme de ménage ».
Émotions ressenties lors de la lecture : curiosité, agacement.
Ce que j’ai moins aimé : l’intrigue trop prévisible, le manque de profondeur psychologique, le personnage d’Ethan, peu d’émotions.
Les plus : le huis-clos, le rythme, la construction.
Si je suis une âme sensible : le roman aborde des thèmes liés à la psychiatrie, à la manipulation et aux secrets enfouis. Rien de graphiquement choquant, mais certaines situations peuvent mettre mal à l’aise.


j’ai poussé le vice jusqu’à lire même la dernière page.
un ennui mortel du début à la fin.
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