« La maison noire » de Yûsuke KISHI

Informations 

Titre : La maison noire

Auteur : Yûsuke Kishi

Éditeur : 10-18

Nombre de pages : 384 pages

Formats et prix : broché 22 € / numérique 14.99 €  / poche 9.50 €

Date de publication : 6 mars 2025 pour la version poche

Genre : thriller japonais

Résumé

Toujours plus sombre, toujours plus dérangeant, toujours plus culte ! Après La Leçon du mal, une nouvelle plongée horrifique et jubilatoire dans les méandres de la psyché humaine, avec en arrière-plan une vision acide de la société japonaise.
Dans le cabinet d’assurances où il travaille, Shinji Wakatsuki fait figure d’employé modèle. Méticuleux, rigoureux, il traque sans relâche les incohérences dans les avis de décès. Car Wakatsuki le sait : nombre d’assurés sont prêts à faire de fausses déclarations pour obtenir un dédommagement.
Jusqu’au jour où un certain Komoda le sollicite pour un constat dans sa maison.
Sur place, le choc. Le corps d’un enfant de douze ans se balance au bout d’une corde. Suicide ? L’instinct de Wakatsuki lui dicte qu’il s’est passé autre chose dans cette demeure lugubre où flotte l’odeur de la mort.

Wakatsuki n’a jamais laissé un dossier sans réponse. Mais celui-ci pourrait bien le mener aux confins de la noirceur de l’âme humaine…

Mon avis

Toujours plus sombre, toujours plus dérangeant… et toujours plus fascinant.

Avec « La maison noire », Yûsuke Kishi nous entraîne dans une plongée terrifiante au cœur des tréfonds de l’âme humaine, tout en offrant une critique glaçante de certaines dérives de la société japonaise.

Shinji Wakatsuki, employé modèle dans une compagnie d’assurances, a pour mission de déceler les fraudes. Rigoureux, méticuleux, presque obsessionnel, il excelle dans son travail. Jusqu’au jour où il reçoit un appel qui va bouleverser sa vie : un homme nommé Komoda lui demande de constater le décès de son fils dans sa maison.
Lorsqu’il arrive sur les lieux, Wakatsuki découvre une scène atroce : le corps d’un enfant pendu. Suicide ? Meurtre ? Quelque chose cloche… L’atmosphère lourde, le comportement étrange du père, cette maison oppressante… Tout pousse Wakatsuki à creuser davantage. Mais son enquête officieuse va le précipiter dans un engrenage infernal où la noirceur dépasse tout ce qu’il pouvait imaginer.

Une atmosphère suffocante et un malaise croissant

Dès les premières pages, Kishi installe un climat dérangeant, presque poisseux. Cette maison où tout commence est bien plus qu’un décor : c’est un personnage à part entière. On la sent imprégnée de mort, saturée d’un mal insidieux. À chaque chapitre, l’auteur accentue cette tension, jouant avec notre imagination, distillant des indices troublants sans jamais tout révéler.
Ce qui frappe, c’est la manière dont le malaise s’infiltre partout : dans les regards, dans les silences, dans les moindres gestes. L’horreur n’est pas toujours frontale, elle est psychologique, insidieuse et c’est ce qui la rend terrifiante.

Un portrait glaçant de l’humain et de la société

Sous ses atours de thriller horrifique, « La maison noire » est aussi une radiographie sociale. On y trouve une critique acide du monde du travail japonais, de la rigidité des hiérarchies, mais aussi de la pression économique qui pousse certains à franchir les pires limites.
Kishi questionne la valeur de la vie dans une société obsédée par l’argent et la réussite. Le système d’assurance devient ici le théâtre d’une lutte froide, où les existences se réduisent à des chiffres et des clauses de contrat.

« A l’époque, les assurances donnaient dix pour cent d’indemnités pour tous les doigts, sauf le pouce, dont la disparition rapportait une rente de vingt pour cent des indemnités maximales prévues en cas d’accident. Ce qui expliquait le phénomène des pouces gauches arrachés « par accident ». »

Un rythme crescendo … mais inégal

Comme dans « La Leçon du mal », Yûsuke prend son temps pour installer son intrigue. Cette mise en place peut sembler un peu longue, mais elle contribue à poser une tension psychologique palpable.

Le roman commence presque comme un thriller classique, avec une enquête officieuse, des indices, des suspicions… Puis, progressivement, il bascule dans l’horreur pure. Certaines scènes (que je ne détaillerai pas pour ne pas gâcher la surprise) sont d’une puissance visuelle et émotionnelle telle qu’elles restent gravées longtemps après la lecture.
Le suspense est maîtrisé, mais ce n’est pas tant le « qui » que le « pourquoi » qui fascine ici. Et lorsque la vérité se dévoile, elle est plus effroyable qu’on ne l’imaginait.

Le dernier tiers ne laisse aucun répit : l’horreur devient brutale, viscérale. Cette montée en puissance est efficace, même si certaines scènes m’ont semblé un peu excessives.

Style et narration

La plume de Yûsuke Kishi est toujours d’une précision chirurgicale. Les descriptions, souvent cliniques, contrastent avec la noirceur de ce qui est décrit, créant un décalage encore plus glaçant. L’auteur ne verse jamais dans la gratuité : chaque détail sert l’atmosphère, chaque phrase nous rapproche de l’abîme.

Verdict après frissons

« La maison noire » est une lecture intense, éprouvante, parfois dérangeante. Si vous aimez les thrillers psychologiques, les romans où l’horreur surgit du quotidien, où la folie se révèle sans fard, ce livre est pour vous.
Et même si j’ai préféré « La Leçon du mal », « La maison noire » m’a fait passer un bon moment de lecture. J’ai ressenti un malaise croissant tout au long de ma lecture, mais aussi une fascination morbide pour ces personnages ambigus et cette tension frénétique dans le dernier tiers. C’est typiquement le genre de roman qui vous donne envie de vérifier que toutes les portes sont bien fermées avant de dormir…

 À lire si vous avez le cœur bien accroché !

« La société nippone dans son ensemble prenait désormais le chemin des États-Unis, qui faisaient face à une crise effrayante de la moralité. Les qualités de cœur étaient méprisées au profit de la glorification de l’argent. La pensée, l’imagination s’appauvrissaient. Les plus faibles étaient traités sans compassion. »

Je remercie Editis, Lisez ! et les Editions 10-18 pour cette lecture.

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En bref…

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : j’avais beaucoup aimé « La Leçon du mal » et j’étais curieuse de retrouver la plume glaçante de Yûsuke Kishi. Je savais que j’allais être bousculée. 

Auteur connu : retrouvez ma chronique de « La leçon du mal »

Émotions ressenties lors de la lecture : curiosité, angoisse, effroi, choc, malaise, fascination.

Ce que j’ai moins aimé : quelques longueurs.

Les plus : l’atmosphère, la critique sociale, la plume, la tension psychologique, la fin. 

Si je suis une âme sensible : ce roman joue avec l’horreur psychologique, mais ne recule pas devant l’horreur physique non plus. Ce livre n’est pas pour tout le monde. Certaines scènes sont choquantes, violentes et très dérangeantes.

3 réflexions sur “« La maison noire » de Yûsuke KISHI

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