« La leçon du mal » de Yûsuke KISHI

 

sonia boulimique des livres

Titre : La leçon du mal

Auteur : Yûsuke Kishi

Éditeur : Belfond

Nombre de pages : 544 pages

Formats et prix : broché 24 € / numérique 15.99 €

Date de publication : 25 août 2022

Genre : littérature japonaise

 

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Culte ! Paru en 2010, adapté au cinéma en 2012 et décliné en manga, La Leçon du mal s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires au Japon. Rythme effréné, personnages époustouflants, narration fluide, un roman sidérant à huis clos dans un lycée de province où sévit, bien caché sous les traits d’un jeune professeur charismatique et séduisant, un véritable monstre…

De l’avis de tous, Seiji Hasumi est le professeur le plus charmant, le plus séduisant, le plus charismatique du lycée Shinkô Gakuin de Machida. Adulé de ses élèves, admiré de ses collègues, apprécié de sa direction, le jeune homme est fin, drôle, toujours prêt à voler au secours des uns, à aider les autres, à combattre les injustices et le harcèlement, à dénouer les conflits.

Hasumi est tout cela et pire encore. Hasumi est un psychopathe. Manipulateur, calculateur, pervers, prêt à tout pour prendre le contrôle et asseoir son pouvoir. Un être violent, qui n’hésite pas à éliminer quiconque se met en travers de sa route.

Trois élèves l’ont percé à jour. Commence alors une traque terrifiante, aux conséquences inimaginables…

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📚 RENTRÉE LITTÉRAIRE 2022📚 

Aujourd’hui, je vous parle d’une curiosité, d’un phénomène venant du Japon.

Bienvenue au lycée Shinkô Gakuin de Machida. Hasumi Seiji y enseigne l’anglais. C’est un enseignant adoré de tous. Il est professeur principal de la 1ère4, une classe soi-disant « à problèmes ». C’est lors d’un voyage scolaire qu’un groupe d’élèves apprend le suicide de quatre élèves dans un établissement où Hasumi enseignait avant d’arriver à Machida. Ces élèves un peu trop curieux vont fouiner dans le passé d’Hasumi, et cela ne va pas plaire au professeur parfait, dont le seul but est de contrôler le lycée…et qui est loin d’être aussi sympathique qu’il y paraît….

Hasumi va régler le problème de manière radicale : assassiner ceux qui le gênent et menacent de découvrir sa face cachée. Sauf qu’une fois l’engrenage lancé, Hasumi va se trouver débordé par son propre projet. Hasumi est quelqu’un de manipulateur et est un fin stratège. Le plan qu’il a imaginé dépasse l’entendement.

Le lycée est une micro-société, où chacun essaye d’avoir sa place, que ce soit dans le corps enseignant ou parmi les élèves. Les sujets abordés dans « La leçon du mal » sont les mêmes que l’on retrouve à l’extérieur, dans la vie réelle. Les personnages sont riches et détaillés : Tetsurō Shibahara, professeur de sport, harcèle sexuellement l’une de ses élèves. Takeki Kume, professeur d’arts plastiques, entretient une relation homosexuelle avec l’un de ses élèves. Shunpei Sanada, professeur de mathématiques, a un penchant pour l’alcool. Miya Yasuhara, élève de 1ère4, deviendra le jouet d’Hasumi, croyant jusqu’au bout à son innocence. Masahiro Tadenuma est un élément perturbateur de 1ère 4, détesté par toute sa classe. Le lieutenant Shimozuru était le policier chargé d’enquêter sur les quatre suicides dans l’ancien établissement de Hasumi. 

« C’est vrai, mais de mon point de vue, il n’y a pas d’élèves « à problèmes ». Certains ont juste besoin d’un peu plus d’attention que les autres, voilà tout. »

La construction est particulière. Le récit débute plutôt tranquillement, avec la présentation des personnages, j’ai fait connaissance avec Hasumi et j’avoue l’avoir énormément apprécié au début, même si j’ai senti dès le départ qu’il n’était pas tout à fait net sur les bords. On se rend vite compte qu’il joue le rôle de quelqu’un d’à priori tout à fait normal, et pourtant il est complètement barré. On ne peut pas s’empêcher de se poser des questions sur les personnes de notre entourage. N’aurions-nous pas un petit psychopathe parmi notre cercle de connaissances ? Qui sait ?

Le récit prend ensuite un virage glauque et effrayant, le rythme s’accélère, le point d’orgue étant cette fameuse soirée, avec un découpage des chapitres minute par minute, de 18h25 à 22h20, saucissonnant le lecteur dans une oppression extrême. Un huis-clos étouffant dans un établissement scolaire, des élèves et des enseignants entre les mains d’un psychopathe. Un terrifiant jeu du chat et de la souris.

Quelques jours après la rentrée scolaire, le timing est plutôt bon….J’ai réunion avec le professeur principal de ma fille ce jeudi, nul doute que je vais scruter ses tics et langage corporel avec soin lol.

Là où j’ai eu du mal dans cette lecture, c’est avec, tout d’abord, les noms des personnages (forcément puisque c’est un roman japonais…), et leur nombre. J’ai vite pris des notes pour me repérer plus facilement sur qui est qui. Je vous conseille d’ailleurs de procéder de la sorte, vous verrez, vous profiterez bien mieux de votre lecture. Ensuite, il est vrai que j’ai trouvé la mise en place un peu longuette, je ne dirais pas que je me suis ennuyée, mais j’étais impatiente de découvrir la suite et le cœur du roman. Et quand j’y suis arrivée, je suis restée scotchée aux pages sans pouvoir lâcher le récit. Un dernier tiers à couper le souffle, vous n’en reviendrez pas intacts, méfiez-vous !

J’ai trouvé la plume de Yûsuke vive, maîtrisée, avec un talent certain pour accompagner son lecteur dans son histoire. Les changements de rythme, la psychologie poussée des personnages, l’esprit totalement retors d’Hasumi, ce huis-clos dans un lycée, je comprends tout à fait l’engouement de ce roman et son adaptation en manga et en film. L’écriture du Yûsuke est photographique et « La leçon du mal » peut facilement s’adapter, la preuve ! C’est toujours intéressant de voir ce qui plaît ailleurs. Les japonais sont friands de situation horrible et dégoûtante se passant dans un lieu réel.

Un roman à découvrir, permettant de s’ouvrir à autre chose. Un voyage étonnant dans l’horreur. Une très belle initiative des Éditions Belfond de proposer ce roman. Le travail de traduction de Diane Durochet est exceptionnel, arrivant à retranscrire parfaitement le style de l’auteur et le rythme d’écriture. Je n’ai jamais eu l’impression de lire une traduction, et ça c’est rare.

« La leçon du mal », un roman phénomène, ne passez pas à côté. Quant à moi, j’ai bien compris la leçon, pas de soucis !

Je remercie NetGalley et les Éditions Belfond pour cette lecture.

« Le lycée Shinkô Machida représentait pour Hasumi un vaste plateau de jeu d’échecs où chaque prof, chaque élève s’apparentait à une pièce. Il fallait sans arrêt manœuvrer pour que tout ce petit monde se déplace dans la direction souhaitée. »

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Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : attirée par le titre, le résumé m’a convaincue que quelque chose se cachait derrière ce roman phénomène.  Et j’avoue développer une appétence grandissante pour la littérature japonaise.

Auteur connu : j’ose avouer que non….

Émotions ressenties lors de la lecture : toutes les émotions, allant de la peur à l’amusement (si, si, je vous jure, il y a des passages sympas !). L’angoisse et l’oppression étaient absolument délicieuses.

Ce que j’ai moins aimé : un peu trop de longueurs au début, mais ce n’est que mon ressenti personnel.

Les plus : la plume, l’ambiance, le personnage d’Hasumi, le cadre, le dernier tiers.

Si je suis une âme sensible : si la première partie est très psychologique et ne pose pas réellement de soucis, méfiez-vous de la suite, par contre. Yûsuke ne fait pas dans la dentelle, Hasumi ne rate jamais sa proie et ne tue pas « proprement ». Jets d’hémoglobine et effroi en vue.

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