Informations
Titre : 11h14
Auteur : Glendon Swarthout
Éditeur : Gallmeister Totem
Nombre de pages : 336 pages
Formats et prix : poche 11 € / numérique 7.99 €
Date de publication : 3 janvier 2020
Genre : littérature américaine
Résumé
Jimmy ne sait rien refuser à son ex-femme Tyler. Même quand elle lui demande de se rendre au Nouveau-Mexique enquêter sur la mort suspecte de son amant, il finit par céder. Il est vrai que l’histoire est intrigante : Tyler est persuadée qu’il s’agit d’un meurtre, dernier rebondissement de la tragédie sanglante qui a opposé ses deux grands-pères au début du siècle. Jimmy débarque donc à Harding, la petite ville natale de Tyler, avec son look new-yorkais et sa Rolls de collection. Et la trouille au ventre. A juste titre d’ailleurs, car très rapidement, on essaie de le tuer, lui aussi…
Mon avis
Entre western et roman noir, une enquête qui m’a surprise
Il y a des livres que l’on choisit pour leur résumé… et d’autres que l’on achète uniquement parce que la couverture nous attire immédiatement. « 11h14 » de Glendon Swarthout fait clairement partie de la seconde catégorie pour moi !
Cette couverture m’avait tapé dans l’œil dès le premier regard. En revanche, si j’avais lu le résumé avant de l’acheter, je ne suis pas certaine que ce roman aurait rejoint ma bibliothèque… Les westerns ne sont absolument pas mon genre de prédilection et, en découvrant l’intrigue, j’ai eu peur de tomber dans un univers qui ne me correspondait pas.
Et pourtant…
Cette lecture m’a finalement surprise, notamment grâce à la plume de Glendon Swarthout et à toute la partie enquête contemporaine que j’ai trouvée particulièrement prenante.
Lu dans le cadre du Challenge Gallmeister du mois de mai (consacré aux Totems dont le numéro contient un 5 pour célébrer les 5 ans du challenge) « 11h14 » m’a permis de sortir de ma zone de confort.
Une enquête au cœur du Nouveau-Mexique
De nos jours. Jimmy, écrivain, accepte, un peu malgré lui, de rendre service à son ex-femme Tyler. Celle-ci est persuadée que la mort de son amant n’a rien d’accidentel et demande à Jimmy de se rendre dans sa ville natale de Harding, au Nouveau-Mexique, afin d’enquêter.
Mais derrière cette mort suspecte se cache une histoire familiale beaucoup plus ancienne. Tyler est convaincue que cette affaire est liée à la rivalité sanglante qui opposait autrefois ses deux grands-pères.
À peine arrivé sur place avec sa Rolls de collection et son allure de New-Yorkais complètement décalée dans ce décor poussiéreux, Jimmy comprend rapidement qu’il dérange. Et surtout que quelqu’un aimerait le voir repartir… ou disparaître définitivement.
« Les écrivains font de la recherche. Et ils sont intelligents, imaginatifs. Ils savent déduire et agencer les choses dans leurs intrigues. »
Une ambiance western qui ne m’a pas totalement convaincue
Je préfère être honnête : tout l’aspect western du roman est ce qui m’a le moins séduite.
Les grands espaces désertiques, les vieilles querelles familiales héritées du passé, cette ambiance très masculine et rude… ce sont des codes auxquels je reste assez peu sensible. Certains passages très ancrés dans cette atmosphère western m’ont parfois laissée un peu à distance.
Mais paradoxalement, c’est aussi ce contraste qui a rendu ma lecture intéressante.
Parce que Glendon Swarthout ne se contente pas d’écrire un western classique. Il y mêle une véritable enquête contemporaine et une tension de roman noir qui m’ont beaucoup plus parlé.
Une plume immersive et très cinématographique
Ce que j’ai adoré dans ce roman, c’est avant tout l’écriture.
La plume de Glendon Swarthout possède quelque chose de très visuel et immersif. On ressent immédiatement la chaleur du Nouveau-Mexique, la poussière des routes, les regards méfiants des habitants et cette sensation constante que la ville cache de lourds secrets.
Harding devient de plus en plus oppressante au fil des pages.
L’auteur parvient aussi à installer une tension permanente sans avoir besoin d’en faire trop. Même dans les scènes les plus calmes, on sent que quelque chose peut basculer à tout moment.
J’ai également beaucoup apprécié l’humour discret mais omniprésent qui traverse le récit. Il apporte régulièrement un léger décalage, souvent à travers certaines situations ou dialogues et vient alléger l’atmosphère sans jamais casser la tension du roman.
J’ai retrouvé dans ce roman une vraie ambiance de polar noir, un régal !
Une enquête moderne particulièrement réussie
Toute la partie enquête est ce qui m’a le plus embarquée dans l’histoire.
Jimmy découvre progressivement une ville gangrenée par les rancœurs anciennes, les non-dits et les vieilles histoires que certains préfèreraient voir enterrées à jamais.
J’ai aimé suivre ses recherches et voir les pièces du puzzle se mettre lentement en place. L’intrigue avance avec suffisamment de mystère pour donner envie de tourner les pages, tout en gardant une certaine lenteur qui colle parfaitement à l’atmosphère du roman.
Des personnages marqués par leurs failles
J’ai trouvé les personnages intéressants car ils sont tous tellement imparfaits.
Jimmy est loin du détective charismatique classique. Son attachement à Tyler le pousse à accepter une situation absurde et dangereuse. On sent chez lui une forme de faiblesse émotionnelle qui le rend vulnérable tout au long du récit.
Tyler, de son côté, reste assez insaisissable. On ne sait jamais complètement si elle manipule Jimmy ou si elle est réellement persuadée d’être au cœur d’un complot.
Les habitants de Harding dégagent quant à eux une méfiance constante. Certains semblent vouloir aider Jimmy, d’autres paraissent cacher quelque chose, et cette ambiguïté nourrit efficacement l’atmosphère oppressante du roman.
« Si on ne branche pas très tôt un gosse sur les livres, il est perdu pour la vie. Pratiquement illettré. »
Pourquoi lire « 11h14 » de Glendon Swarthout ?
- Pour son mélange entre western et roman noir
- Pour l’atmosphère poussiéreuse et oppressante du Nouveau-Mexique
- Pour son enquête contemporaine pleine de tension
- Pour la plume immersive et cinématographique de Glendon Swarthout
Un roman qui m’a fait sortir de ma zone de confort
Je pense que c’est exactement le type de lecture que je n’aurais jamais choisi spontanément… et que je suis finalement contente d’avoir découverte.
Même si les passages très western ne m’ont pas totalement convaincue, j’ai vraiment aimé l’ambiance générale, la qualité de l’écriture et surtout l’enquête contemporaine qui apporte beaucoup de tension au récit.
Une belle surprise, née simplement d’un coup de cœur pour une couverture !
« Je suis également un trouillard. Je remercie le ciel de n’avoir jamais été à la guerre et de n’avoir eu à tuer personne. J’ai deux verrous et une chaîne à ma porte, j’ai été agressé deux fois et me suis empressé de donner tout mon argent. J’aurais ajouté une pinte de sang et une livre de chair si on me l’avait demandé. »

En bref…
Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : coup de cœur pour la couverture, j’ai sorti ce roman de ma PAL dans le cadre du Challenge Gallmeister du mois de mai.
Auteur connu : Glendon Swarthout est considéré comme l’un des meilleurs spécialistes de l’Ouest américain.
Émotions ressenties lors de la lecture : curiosité, tension, méfiance, intrigue, appréhension, surprise, fascination, inquiétude, immersion, satisfaction.
Ce que j’ai moins aimé : les passages western, quelques longueurs.
Les plus : la plume, l’ambiance, l’enquête contemporaine prenante, la tension psychologique, les secrets de famille bien exploités, le mélange entre roman noir et western moderne, le personnage de Jimmy, la fin.
Si je suis une âme sensible : RAS
