Interview de Khaled SIDHOUM

Présentation de l’auteur :

Khaled SIDHOUM, 64 ans, ex-éducateur, ex-enseignant, installé en France depuis  fin 1989. Père de 4 garçons, je ne travaille plus depuis le printemps 2014 après avoir exercé, en prévention spécialisée, au sein d’une équipe, dans un quartier stéphanois durant plus de vingt ans. J’ai publié, à compte d’auteurs, trois livres : une autobiographie, un roman puis un témoignage professionnel sur mon parcours d’éducateur spécialisé.

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Bibliographie :

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Tout d’abord, merci  d’avoir accepté mon invitation.

Vous êtes éducateur de rue à St Etienne, et vous venez de publier votre 3è roman. Ecrire était devenu un besoin ?

L’envie d’écrire m’a toujours habité. Je suis passionné par la littérature française et la poésie. J’ai participé, dans le passé, à des concours de poésie, prose dont le Concours de la francophonie de la Ville de Saint – Etienne, en 2004 où j’avais obtenu le 1er Prix.

En tant qu’ancien enseignant, j’ai toujours animé des journaux scolaires et j’ai continué à écrire en devenant correspondant de presse aussi bien en Algérie qu’en France, pour couvrir trois quartiers stéphanois durant plusieurs années, au sein du journal La Tribune – Le Progrès, en même temps que j’exerçais en qualité d’éducateur de prévention spécialisée.

« Le daron, un père entre les deux rives » est un roman autobiographique. Pourquoi avoir voulu écrire et raconter votre parcours ?

Mon parcours est atypique. Je suis venu m’installer en France avec le projet d’y vivre dès 1989 alors que j’étais fonctionnaire-enseignant avec un salaire correct, un logement décent, en Algérie. Je me suis rendu compte que je devenais un immigré mais pas comme les anciens compatriotes qui avaient émigré à la recherche d’un emploi, d’une situation. Avec mon témoignage, je souhaitais restituer une mémoire individuelle et familiale, raconter mon parcours et ainsi nourrir la mémoire collective et ainsi maintenir le contact, le fil me reliant constamment à ma ville natale, en Algérie et à ma ville d’adoption, Saint – Etienne.

« Les deux sœurs » est un véritable hommage aux femmes. Mais également le rapatriement ou non des corps après un décès.

Est-ce un sujet important pour vous ?

C’est un hommage aux femmes de chez nous : mères, sœurs, épouses. Elles ont dû se battre pour conquérir une place et le font encore, dans la société. Donc, à partir de deux rochers qui s’appellent Les Deux Sœurs, situés au port de Ghazaouet, à proximité des Deux Frères (rochers de 25 mètres de haut), j’ai utilisé à partir de ce patrimoine rocheux mythique, ce lien qui est, en réalité un clin d’œil aux femmes, souvent effacées, timides mais bien présentes dans la mer. Les touristes, les habitants parlent plus des Deux Frères, les prennent en photo que des Deux Sœurs, restées dans l’ombre. A cet effet, j’ai voulu les mettre en illustration sur le premier livre écrit sur ma ville natale et qui les met en relief. Bien sûr, c’est un roman narrant la vie de deux jeunes femmes au destin différent. Celles – ci luttent pour s’intégrer, vivre en France tout en gardant les traditions et réussir leur parcours.

Dans ce roman, j’évoque, dans la bouche de mes personnages, la problématique du rapatriement ou non des corps après un décès survenu en terre d’immigration. C’est un débat actuel, récurrent qui se présente à la nouvelle génération qui a mis de côté le mythe du retour au pays des origines. Une question d’ancrage se pose puisqu’en enterrant leurs morts, ici, en terre d’accueil, ils plantent racine. Etre enterré ici ou là -bas, telle est la question que les jeunes et moins jeunes se posent, à présent que leurs grand-mères, grands- pères parfois arrières -grand-mères vivent en France. La solution réside-t-elle dans les carrés musulmans, dans les cimetières, dans une volonté politique pour changer le cours de la question

De part votre parcours professionnel, vous avez toujours écrit.

Avez-vous un nouveau projet en cours ?

Le troisième livre « Au cœur de la prévention spécialisée, parcours d’un éducateur de rue » a été publié, toujours, à compte d’auteur, début février 2017. C’est un témoignage sur mon métier d’éducateur, un métier méconnu des élus qui a depuis beaucoup évolué. C’est un métier noble, difficile à exercer mais permet à des jeunes d’être accompagnés vers l’insertion pour s’épanouir et donc d’espérer et réussir leurs parcours. Je souhaite partager ce témoignage avec des jeunes candidats dont le projet est d’œuvrer dans le social tout comme avec des professionnels et aussi le grand public pour mieux parler de ce secteur souvent mal connu en s’informant sur l’action éducative, en général et la fonction d’éducateur en particulier.

En peu de temps, j’achève une trilogie puisque dans les trois livres, les histoires se suivent et constituent un tout. Je marque un moment de recul et pour le moment, je n’ai pas de projet littéraire en tête, je digère et médite.

Le mot de la fin est pour vous :

Je vous remercie de m’avoir donné la parole comme je tiens à dire que je suis à la disposition des lectrices et lecteurs de cette grande manifestation littéraire que sont les Boënnales.

La langue française n’est pas ma langue maternelle cependant je suis à l’aise en écrivant dans la langue de Molière car je l’aime et la défends. Ses subtilités, son vocabulaire, sa grammaire, ses images, sa poésie et sa prose, j’essaie de les utiliser tant je suis charmé et séduit par la beauté de ce trésor vivant, de cette « patrie », selon Albert Camus, ce riche patrimoine.

Enfin, pour conclure, je citerai Anatole France « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu’on l’aime de toute son âme, et qu’on n’est jamais tenté de lui être infidèle. »

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affiche 2017

Khaled Sidhoum sera présent en dédicace au salon du livre de Boen (entre Roanne et St Etienne), les 13 et 14 mai 2017.

 

 

 

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