Mes incontournables classiques

Bonsoir à tous, alors là, je me lance dans un article qui, je pense, va écrémer mon nombre d’abonnés, vous allez tous fuir en courant lol ! Ce soir, je vous parle de mes incontournables classiques. Et Dieu seul sait que j’en ai beaucoup…

 

classiques

 

Alors, première étape, faire le tri et sélectionner les plus marquants. Parce que, bien évidemment, j’ai conservé religieusement tous les auteurs classiques depuis le collège. J’ai fais un bac économique et social, suivi d’un BTS commerce, mais, malgré cela, la lecture classique m’a toujours passionnée.

Je suis tombée amoureuse de deux philosophes, Platon et Freud.

  • Platon :

L’œuvre de Platon, considéré comme l’inventeur de la philosophie, composée presque exclusivement de dialogues, est d’une grande richesse de style et de contenu, et produit, sur de nombreux sujets, les premières formulations classiques des problèmes majeurs de l’histoire de la philosophie occidentale.

Chaque dialogue de Platon est l’occasion d’interroger un sujet donné.

« Le banquet » est mon préféré et porte sur la nature et les qualités de l’amour. Socrate, invité à un festin, retrouve des amis. Au cours de cette soirée, les convives décident de prendre tour à tour la parole pour répondre à la question « qu’est-ce que l’amour ? ». C’est ici que l’on trouve le célèbre mythe d’Aristophane.  Il montre que l’humanité des premiers âges comportait trois genres parfaits, les mâles, les femelles, et les androgynes. Tous avaient quatre mains, quatre jambes, quatre oreilles, deux visages, etc. Leur morphologie faisait d’eux une boule, dont la force était extraordinaire. Mais cette force les rendit orgueilleux et grâce à elle ils défiaient les dieux. C’est pour cela que Zeus prit la décision de couper les êtres humains en deux, afin qu’ils ne puissent plus tourner sur eux-mêmes. Depuis, privés de notre moitié, nous errons, condamnés à chercher, en une quête sans fin (ou pas), la partie de nous-mêmes que nous avons perdue.

  • Freud :

Père de la psychologie, cet homme me fascine. Son objectif : dénouer des troubles psychiques médicalement inexplicables. Dès lors, Freud développe sa théorie du conscient, du pré-conscient et de l’ inconscient. Une première révolution dans la représentation du psychisme. Il met alors progressivement en évidence, à partir de ses propres souvenirs et de ses propres rêves, le principe de refoulement, le complexe d’Œdipe, la théorie du transfert, puis, celle de l’ interprétation des rêves avec un ouvrage éponyme, qui paraît en 1900.

Il est également l’auteur de « Au-delà du principe de plaisir », ouvrage majeur qui théorise les pulsions de mort (Thanatos) et de vie (Eros) qui cohabitent dans chaque être, défini par le Moi, le Ça, et le Surmoi.

Freud a eu la part belle lors de mes cours de philosophie de terminale, et j’ai dévoré pas mal de ses livres cette année là et les années suivantes. Freud et moi, c’est une longue histoire !

 


 

Concernant la littérature classique française, celle du 18ème siècle ne m’a jamais attirée. Par contre, celle du  19ème, alors là, c’est un régal pour moi ! Le romantisme particulièrement.

  • Victor Hugo

Bon, je pense que tout le monde a compris que c’était MON auteur favori.

Dans « Notre Dame de Paris », le détail pittoresque le dispute au souffle épique et à une atmosphère quasi mythologique. C’est le roman le plus proche du modèle historique, objet d’un engouement certain à l’époque.

Avec Frollo, Esmeralda ou Quasimodo, Hugo met en place une partie de la typologie  mythique (êtres de pouvoir, êtres de désir, forces du bien et du mal), même si l’ambition première de ce roman était bien de réaliser une œuvre à la Walter Scott, pour lequel l’enthousiasme est encore à son paroxysme en 1831, date de publication de « Notre Dame de Paris ».

Sur fond d’intrigues et de décors médiévaux, comme on les affectionne à cette époque, Hugo, avec son sens inné de la masse et de la couleur, fait revivre, derrière la façade majestueuse et pittoresque d’une fresque historique à grand spectacle, le grouillement d’un peuple de parias : truands, poètes, monstres, bohémiens. Et cette perspective se sublime dans une description à la Bruegel de la fameuse Cour des Miracles.

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Avec « Les misérables », roman social aux confins des genres historique, didactique et d’aventures, la dimension humanitaire est exacerbée. C’est le texte du proscrit contre les injustices sociales, politiques et économiques du régime. Dans la seconde partie du roman, Jean Valjean arrache Cosette à ses bourreaux. C’est l’occasion pour Hugo de tracer au vitriol un portrait de ces deux êtres qui incarnent tout le sordide et toute la méchanceté calculée de la race des exploiteurs et des oppresseurs à laquelle ils appartiennent. Jouissif ! D’après Michel Raimond, Hugo signe là une synthèse magistrale du roman social et du roman populaire.

  • Honoré de Balzac

Il arrive en deuxième position de mes auteurs préférés.

Constituée à partir de 1842, « La comédie humaine » témoigne d’une volonté explicative et descriptive.  Influencé par les naturalistes de l’époque, Balzac veut dresser la nomenclature et la classification des espèces humaines. Son objectif est certes, de proposer une reproduction du monde, mais également et surtout d’en fournir l’explication. L’invention permet à Balzac d’adopter ce point de vue transcendant qui avait été celui de Dante dans « La divine comédie », d’où le choix de ce titre « La comédie humaine », qui dénonce l’hypocrisie, le jeu de rôles qui gouverne la société, mais qui désigne également l’entreprise par laquelle Balzac figure fictivement les mécanismes explicites ou obscurs de « l’inhumaine » condition.

Balzac est le premier personnage de son œuvre. C’est un génie qui a fait accéder dans des fictions et des personnages, les réalités quotidiennes du monde et de l’histoire à la dignité universelle d’une légende.

Parmi les titres que j’ai le plus apprécié, il y a « La peau de chagrin », un de ses tout premiers romans à coloration fantastique, dans lequel il dévoile le mythe le plus central de « La comédie humaine », celui du désir destructeur.

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L’or, l’argent sont parmi les puissances centrales de la mythologie balzacienne. A Paris, plus que partout ailleurs, c’est l’argent qui fait les carrières et fonde le pouvoir. Il est donc souvent au centre des récits des scènes de la vie parisienne, dans lesquels Balzac décrit avec une clairvoyance remarquable les mécanismes du capitalisme financier de 1830. Dans « La maison Nucingen », il sera surtout question du célèbre banquier, on verra l’argent triomphant, tremplin de la réussite habile de Rastignac.

Autre titre de Blazac que j’apprécie énormément, « Le médecin de campagne », où s’épanche la confession du Docteur Benassis, retiré dans un petit village du Vercors. C’est, je trouve, l’un des textes les plus clairs sur les convictions monarchistes de l’auteur. Dans les propos du médecin, on devine l’intérêt porté par Balzac au saint-simonisme et à sa critique du libéralisme sauvage.

  • Henri Beyle, dit « Stendhal »

Il y a eu « Le rouge et le noir », que l’on ne présente plus, mais pour ma part, j’ai eu un coup de cœur pour « La chartreuse de Parme ». La jalousie est une épreuve psychologique dont les motivations et les manifestations ne pouvaient qu’intéresser Stendhal. Fabrice et Clélia, inventent, au fil de la cristallisation de leur passion clandestine, un code amoureux fait d’indices fragiles et équivoques qui leur parlent et nous parlent également infiniment plus qu’une de ces longues déclarations lyriques que l’on peut retrouver chez les contemporains romantiques de l’auteur.

  • Gustave Flaubert

Ah ! « Madame Bovary » ! Les romans de Flaubert révolutionnent jusqu’au scandale le genre romanesque. « Madame Bovary » lui vaudra, lors de sa publication en 1857, un procès retentissant pour immoralité. Il montre qu’une femme peut avoir d’autres aspirations que ses devoirs d’épouse et de mère, ose décrire l’infidélité féminine et brise le tabou du suicide, en ce temps où la dépression portait le nom de mélancolie. Emma a donné son nom au roman mais elle l’a également donné à un état psychologique et sociologique dont elle est l’incarnation romanesque : le bovarysme. Le malheur d’Emma peut se décrire à la fois psychologiquement (dérèglement de l’imagination) et aussi sociologiquement (ascension sociale ratée génératrice de frustrations). C’est un roman sur un décalage. Celui d’Emma envers la société dans laquelle elle vit. Chaque phrase a été pesée, biseautée, préparée, façonnée, remaniée jusqu’à obtenir la perfection. Un régal !

 


 

Un petit tour chez nos grands poètes :

  • Charles Baudelaire

Poète classique par conscience et formation,  moderne par conviction et intuition, Baudelaire est le précurseur du symbolisme. « Les fleurs du mal » sont à l’image des tensions et de la dynamique qui animent l’esprit de la modernité. La poésie ne m’a jamais vraiment passionnée, seul Baudelaire a réussi à faire vibrer ma corde sensible. Probablement parce qu’il sublime la sensibilité et cherche à atteindre la vérité essentielle, la vérité humaine de l’Univers, ce qui le rapproche du platonisme. Il a mis en vers de façon majestueuse beauté et misère, angoisse et damnation, paradis artificiels et mort.

 

 


 

Et du côté de la littérature étrangère ?

  • Emily Brontë

Alors là ! « Les hauts de Hurlevent », mais quel chef d’œuvre ! La noirceur des personnages et des situations, le manque de respect pour les conventions morales, la violence de certaines scènes, ou encore la technique d’écriture utilisée (la mise en abyme, c’est à dire l’enchâssement d’un récit dans un autre récit), sont autant de domaines qui m’ont séduites dans cette magnifique histoire d’amour et de vengeance ayant pour cadre un paysage sauvage de l’Angleterre. L’analyse psychologique des personnages est poussée à l’extrême, pour mon plus grand bonheur.

 

Ça fait du bien de faire un bilan. Parce que du coup, maintenant que j’ai une vision globale des œuvres qui m’ont marquées et façonnées, je comprend mieux pourquoi j’apprécie particulièrement les thrillers psychologiques.

Je me rends compte, en effet, que le conflit mental et émotionnel a toujours été au cœur de toute ma construction littéraire.

Et vous, quels sont vos classiques préférés ? Ont-ils eu une influence sur vos choix de lectures actuelles ?

 

 

 

 

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