« Le cœur battant du monde » de Sébastien SPITZER

Informations :

Titre : le cœur battant du monde

Auteur : Sébastien Spitzer

Éditeur : Albin Michel

Nombre de pages : 448 pages

Format  et prix : broché 21.90 € / numérique 14.99 €

Date de publication : 21 août 2019

Genre : littérature générale

Résumé :

Dans les années 1860, Londres, le cœur de l’empire le plus puissant du monde, se gave en avalant les faibles. Ses rues entent la misère, l’insurrection et l’opium.
Dans les faubourgs de la ville, un bâtard est recueilli par Charlotte, une Irlandaise qui a fui la famine. Par amour pour lui, elle va voler, mentir, se prostituer sans jamais révéler le mystère de sa naissance.
L’enfant illégitime est le fils caché d’un homme célèbre que poursuivent toutes les polices d’Europe. Il s’appelle Freddy et son père est Karl Marx. Alors que Marx se contente de théoriser la Révolution dans les livres, Freddy prend les armes avec les opprimés d’Irlande.

Mon avis :

Voilà un roman qui va vous réconcilier avec l’Histoire, croyez-moi !

Londres, années 1860. Ville gigantesque, première à se doter d’un métro, son port,  considérable centre d’approvisionnement en matières premières pour tout le pays, pas de doutes, Londres est puissante. A cette époque, il est là le cœur du monde, et il palpite sous toutes les formes possibles. L’ambiance à la Dickens est parfaite.

Nous faisons connaissance avec Charlotte, une jeune irlandaise, contrainte de quitter son pays natal pour s’installer à Londres, afin d’échapper à la famine. Elle a perdu son bébé, et se voit confier un nourrisson, Freddy, abandonné à la naissance, qu’elle va élever comme son propre fils.

Autre histoire, nous quittons les bas-fonds de la ville pour les quartiers huppés, où nous allons passer du temps avec Friedrich Engels et le Maure, qui n’est autre que Karl Marx. Celui-ci est marié à Johanna de Westphalen et a trois filles. Le Maure et Engels ont fuis l’Allemagne, où leurs thèses communistes n’étaient pas bien vues.  A Londres, Marx va pouvoir écrire  « Le capital ». Engels, quant à lui, dirige l’entreprise textile de son père. Sa richesse va lui permettre de subvenir aux besoins de Marx. Son mode de vie est on ne peut plus débauché, puisqu’il vit avec deux sœurs.

Tout sépare Charlotte d’Engels et du Maure, pourtant, tout les relie. Car Freddy n’est autre que le fils illégitime du Maure, conçu lors d’un moment d’égarement avec une bonne…De plus, tous trois sont expatriés par obligation.

Le personnage de Charlotte est énorme, du point de vue émotionnel. C’est une héroïne que rien n’arrête, un peu à la Scarlett d' »Autant en emporte le vent ». Elle va tout donner pour son fils, allant jusqu’à se prostituer pour trouver de quoi le nourrir. Car Londres est certes une ville puissante, elle n’en est pas moins la ville de la misère, de la faim et de la crasse. On découvre la vie des londoniens de l’époque, mais aussi le combat quotidien de Freddy qui tente de se construire au mieux, entouré de plus de femmes que d’hommes, et surtout, sans père, qui est censé être la référence…

La fresque historique est passionnante, on en apprend plus qu’à l’école sur la guerre de Sécession, sur le coton américain, produit grâce au sang des esclaves, sur l’Irlande et sa soif d’indépendance, sur la puissance britannique. En alliant fiction et Histoire, Sébastien réussit à passionner le lecteur de la meilleure manière possible. Sébastien dépoussière les vieilles archives, puisque le secret de l’enfant illégitime de Marx était bien enfoui. J’ignorais totalement cette partie de sa vie, c’est vraiment très agréable de passer de belles heures de détente tout en s’instruisant.

La plume est très belle, de qualité, dense, riche et talentueuse. Je me suis régalée !

Et lorsqu’on referme ce roman, on se remet face à la couverture, et on comprend tout ce que l’auteur a voulu insuffler à travers cette photo.

Ce roman fait partie de la première sélection pour le Goncourt 2020. Je plussoie, c’est amplement mérité ! Souhaitons-lui le meilleur !

 

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En bref :

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : j’avais envie de découvrir cette fresque, j’avais aimé ma plongée dans le Londres de Dickens avec « la fabrique de poupées », me retrouver de nouveau dans cette ambiance m’a attirée. Et puis, j’avais envie de découvrir ce qu’il se cachait derrière cette adorable frimousse !

Auteur connu : j’avais lu « Dans les flammes de Notre-Dame » cet été et déjà, le style m’avait charmée. J’ai noté « Ces rêves qu’on piétine », son premier roman, qui met en lumière les ombres de Magda Goebbels et de ceux qui tentent de survivre à l’enfer. Je me laisserai tentée, en attendant la prochaine sortie, car Sébastien est entré dans mon cercle d’auteurs à suivre !

Émotions ressenties lors de la lecture : j’ai été agacée, révoltée, je me suis insurgée. Et j’ai été attendrie, par Charlotte et Freddy, j’ai admiré son courage et sa ténacité.

Ce que j’ai moins aimé : RAS !

Les plus : le contexte historique fascinant, la plume de l’auteur qui m’a emportée, les personnages, le fait de mêler fiction et réalité.

2 réflexions sur “« Le cœur battant du monde » de Sébastien SPITZER

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