« Ce que tu as fait de moi » de Karine GIEBEL

Informations :

Titre : ce que tu as fait de moi

Auteur : Karine Giebel

Éditeur : Belfond

Nombre de pages : 552 pages

Format  et prix : broché 20.90 € / numérique 14.99 €

Date de publication : 21 novembre 2019

Genre : roman noir psychologique

Résumé :

Personne n’est assez fort pour la vivre.
Personne n’est préparé à l’affronter, même si chacun la désire plus que tout.
La passion, la vraie…
Extrême.
Sans limites.
Sans règles.

On se croit solide et fort, on se croit à l’abri. On suit un chemin jalonné de repères, pavé de souvenirs et de projets. On aperçoit bien le ravin sans fond qui borde notre route, mais on pourrait jurer que jamais on n’y tombera. Pourtant, il suffit d’un seul faux pas. Et c’est l’interminable chute.
Aujourd’hui encore, je suis incapable d’expliquer ce qui est arrivé. Si seulement j’avais plongé seul…
Cette nuit, c’est le patron des Stups, le commandant Richard Ménainville, qui doit confesser son addiction et répondre de ses actes dans une salle d’interrogatoire. Que s’est-il réellement passé entre lui et son lieutenant Laëtitia Graminsky ? Comment un coup de foudre a-t-il pu déclencher une telle tragédie ?
Si nous résistons à cette passion, elle nous achèvera l’un après l’autre, sans aucune pitié.
Interrogée au même moment dans la salle voisine, Laëtitia se livre. Elle dira tout de ce qu’elle a vécu avec cet homme. Leurs versions des faits seront-elles identiques ?
Si nous ne cédons pas à cette passion, elle fera de nous des ombres gelées d’effroi et de solitude.
Si nous avons peur des flammes, nous succomberons à un hiver sans fin.

La passion selon Karine Giebel… conduit forcément à l’irréparable.

Mon avis :

Karine Giebel qui s’attaque au sujet de l’amour passionnel. Ça vaut le détour !

Le mot « passion » vient du verbe latin « pati » signifiant « souffrir ». Et nos personnages vont souffrir sous la plume de Karine, aucun doute là-dessus.

Tout le roman se déroule dans une salle d’interrogatoire de la DDSP de L.. Le commissaire divisionnaire Jaubert interroge le commandant Richard Ménainville. Une salle plus loin, le commandant Delaporte se charge d’auditionner le lieutenant Laëtitia Graminsky. Le lecteur navigue entre ces deux interrogatoires et les récits qui en découlent.

Dès le départ, l’ambiance est suffocante, on sait qu’il s’est passé un drame, on ignore encore lequel, on l’apprendra tôt ou tard. Peut-être vaut-il mieux tard. Car on imagine bien que ça sera horrible.

Tout commence à l’arrivée de Laëtitia, tout juste nommée stagiaire à L. Elle est tellement passionnée par son travail qu’elle est prête à tous les sacrifices. Elle s’est pris un petit studio à L., laissant son mari Amaury, qu’elle aime de l’amour vrai, et sa fille de 7 ans, Lolla. C’est dur de les laisser, de ne les voir que certains week end ou les vacances, certes, mais elle a tellement envie de réussir dans ce métier.

Elle sera sous les ordres de Richard Ménainville. Et tout va déraper. Insidieusement, inexorablement (je ne vous donnerai pas plus d’infos sur l’intrigue, afin de laisser le plaisir de la découverte intact).

Le lecteur va subir cette descente aux enfers. Ce roman m’a juste bouffé la cervelle. L’amour, la passion , c’est censé être beau. Karine nous fait l’apologie du mal. La face la plus noire de la passion nous est dévoilée. Elle va mener nos personnages jusqu’au bout du bout. Entre Richard et Laëtitia, on flotte à la frontière du bien et du mal, de la passion et de la haine. Ils vont, tour à tour, perdre le contrôle rationnel, les comportements réagissant uniquement sur les émotions ressenties. Cette passion se présente dès le départ comme destructrice, ils vont se comporter comme des héroïnomanes en manque, incapables de la moindre logique.

J’ai été profondément touchée par le personnage de Lolla. Pourtant secondaire, cette petite fille m’a tiré des larmes. Comment peut-on, lorsqu’on est une mère, accepter de mettre de côté son enfant pour sa carrière ? Comment un enfant peut-il se construire avec une mère pareille ? Maman absente la plupart du temps, Lolla ne peut que penser que sa mère ne l’aime pas, qu’elle a fait quelque chose de mal pour être délaissée de la sorte.

Le rythme reste élevé durant toute la lecture, je me suis fait happer dès les premiers chapitres et je n’ai pas pu lâcher l’histoire. J’ai tremblé, j’étais terrorisée, à la fois par les réactions des personnages, de leur « pétage de câble » mais aussi par le réalisme de cette histoire. Chacun de nous peut connaître cette passion, cette impression de ne vivre que pour passer quelques minutes avec l’autre, la sensation d’étouffer et de n’être qu’un mort vivant dès que l’autre s’éloigne. Reste à savoir où l’on place le curseur, encore faut-il pouvoir être en mesure de le bouger pour ne pas verser dans le drame.

Quant à la fin, elle restera gravée dans mon esprit encore longtemps. Soigner la fin est primordial dans un roman. Elle enfonce le clou (ou pas…), c’est comme le dessert lors d’un repas. Karine nous livre plusieurs twists gratinés, succulents, mais qui laissent un terrible arrière-goût d’une amertume incomparable.

Karine nous propose un roman noir, comme à son habitude. On le commence, on sait que cela sera atroce. Ses romans sont loin d’être des promenades de santé pour le lecteur. Et « Ce que tu as faits de moi » ne déroge pas à la règle, loin de là. C’est très psychologique, incroyablement noir et sombre.

Si vous cherchez une lecture qui vous bouscule, qui vous transperce, allez-y !

#CeQueTuAsFaitDeMoi #KarineGiebel #Belfond

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En bref :

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : l’auteur ! Je fonce sur le nouveau Giebel les yeux fermés. Elle fait partie de mes auteurs préférés.

Auteur connu : bien sûr ! J’ai eu la chance de rencontrer Karine à de nombreuses reprises, c’est une auteure adorable. On se demande même comment elle fait pour écrire des histoires aussi noires et terribles !

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Quais du Polar – Lyon – 2017

Je vous laisse les liens vers mes précédentes chroniques :

« Toutes blessent, la dernière tue » , « D’ombre et de silence » , « De force » , « Meurtres pour rédemption » , « Écouter le noir » .

Émotions ressenties lors de la lecture : la peur, la haine, la compassion, la pitié m’ont accompagnées à chaque page. J’étais oppressée, terrifiée, dégoutée.

Ce que j’ai moins aimé : il n’y a plus d’effet de surprise avec Karine. On sait que cela sera dramatique, on a aucun espoir quant à l’issue. C’est dommage, car l’espoir, dans une lecture, c’est important !

Les plus : le volet passionnel le plus noir qui puisse exister a été développé et sous la plume de Karine, le résultat est juste démentiel. Les personnages. La fin, digne de Karine….

5 réflexions sur “« Ce que tu as fait de moi » de Karine GIEBEL

    1. Les livres de Karine ne font jamais dans la dentelle, c’est clair. C’était une lecture éprouvante, mais j’ai vraiment apprécié ce comparatif entre haine et amour, le fait de marcher sur le fil ténu de la frontière entre les deux. Un point de vue compliqué, certes, mais très bien décrit je trouve. J’espère que tu as vite enchainé sur un roman plus léger !!

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