« L’appel de la terre sauvage » de DI MORRISSEY

Informations 

Titre : L’appel de la terre sauvage

Auteur :  Di Morrissey

Éditeur : L’Archipel

Nombre de pages : 500 pages

Formats et prix : broché 23 € / numérique 16.99 €

Date de publication : 8 février 2024

Genre : littérature australienne

Résumé

Arrière-petite-fille d’un pêcheur de perles, Lily Barton retourne chaque année à Broome, au nord-ouest de l’Australie, pour renouer avec ses racines.
Quand elle parvient à convaincre sa fille Sami, 30 ans, de l’accompagner dans son pèlerinage, Lily se promet de lui dévoiler un secret lié à leurs origines.
Mais la disparition d’un touriste allemand et des rencontres inattendues chamboulent leurs plans. Ce voyage permettra-t-il malgré tout aux deux femmes d’aplanir leurs différends ?
Dans ce roman, l’autrice du best-seller Perles de Lune sublime l’Australie des grands espaces, terre de mythes et de légendes.

Mon avis

La suite de « Perles de Lune ». Peut se lire indépendamment.

Nous retrouvons Lily, toute jeune retraitée, qui vit à Sidney. Elle revient comme chaque année à Broome, au nord-ouest de l’Australie, où est originaire sa famille. Sami, sa fille de trente ans, l’y rejoint pour la première fois. La jeune femme est assez sceptique quant à l’utilité de ce voyage, elle n’a pas vraiment envie de se laisser séduire par cette famille qu’elle ne connait pas, si loin de son mode de vie et de sa façon de penser.

Les différentes cultures, les légendes, les mythes et la réalité convergent dans ce roman. Autour de Sam et Lily gravitent des personnages forts et charismatiques. Farouz, le vieux chamelier afghan, Bobby, le sino-aborigène impliqué dans le meurtre d’un touriste allemand, ou encore Biddy, la vieille dame ayant côtoyé le capitaine Tyndall et Olivia. Sans oublier un mystérieux artiste qui se cache dans le désert. Tous sont arrivés à Broome  pour une bonne raison, tous ont un secret et tous ont une histoire à raconter.

« Sam savait que le Kimberley abritait une trentaine de langues et de cultures autochtones. Mais jusqu’à récemment, elle n’avait jamais saisi les occasions qui s’étaient pourtant présentées à elle de plonger dans la complexité de l’histoire, de la culture et de la société aborigènes. »

L’auteure gère aisément les différents fils narratifs et le lecteur ne se perd jamais. Le lecteur découvre la vie des aborigènes d’Australie, leurs difficultés et leurs croyances. Les descriptions des paysages sont à couper le souffle, on s’y croit, tellement elles sont visuelles. J’ai adoré me perdre au milieu du désert ou dans la mangrove.

« Comme la marée haute avait submergé la mangrove, les cimes des palétuviers semblaient flotter sur l’eau comme autant de petits ilots verts. La mangrove et le clair de lune…Cet endroit avait le don d’apaiser Lily. »

La plume est fluide, simple, visuelle. Le rythme est toujours inégal, comme dans « Perles de Lune ».

Autant « Perles de Lune » était centré sur le passé, dans « L’appel de la terre sauvage », tout se passe au présent. L’auteure change donc totalement son fusil d’épaule. C’est risqué, car le lecteur ayant adoré le premier roman peut très bien ne pas adhérer à sa suite. J’avoue avoir été un peu déçue, j’attendais le bon dans le passé, avant de me rendre compte qu’il n’arriverai jamais.

Les thématiques abordées sont intéressantes, ici, on parle racisme, ethnies, cultures, croyances, art, conflits mère-fille. Le problème, c’est que tout est survolé, pas assez creusé. J’aurai aimé, par exemple, que les conflits entre Noirs et Blancs soient un peu plus mis en avant et détaillés au-delà d’une simple course-poursuite en voiture, dont les conséquences ont été très peu abordées.

« – Vous savez, ces courses-poursuites entre Blancs et Noirs montrent bien ce qui couve sous la surface en permanence. Les gens du coin mettent la poussière sous le tapis mais ce n’est pas le premier incident de ce genre et ce ne sera pas le dernier. »

Par contre, l’histoire de Leila, réfugiée afghane, m’a bouleversée. Cette fois, l’auteure a pris le temps de nous raconter l’histoire de cette femme en détails, et ce passage a été réellement le seul que je qualifierais d’authentique. Car tout le reste s’est avéré édulcoré au possible, ce que j’ai regretté.

Le monde dans lequel vivent nos personnages n’est certes pas parfait, mais on s’y approche quand même pas mal, et c’est bien loin de la réalité. Quoi que décide de faire Lily, elle réussit. Les embûches ne sont pas très nombreuses et elle les surmontent avec une facilité déconcertante…. J’ai trouvé que Sam est vraiment intéressante. C’est elle qui a le plus évolué dans ce roman, même si elle m’a agacée à plusieurs reprises avec ses préjugés ! Selon moi, elle est la plus agréable à suivre.

L’industrie perlière est restée en retrait, même si le projet de Lily se développe au fur et à mesure que l’on avance dans le roman, mais néanmoins, j’aurai apprécié plus de détails et un rôle plus central.

« L’appel de la terre sauvage », une suite correcte, mais pas aussi engagée de « Perles de Lune ». J’ai passé un bon moment de lecture, et même si elle s’est avérée être en demi-teinte, j’y ai trouvé l’évasion et la détente que je cherchais.

Je remercie les Éditions L’Archipel pour cette lecture.

« Cela l’amena à méditer la théorie prégnante ici selon laquelle tout avait une signification – l’art, les chants, la danse, la terre. Dans le désert, elle était hors de sa zone de confort, et pourtant elle s’y sentait bien. »

#Lappeldelaterresauvage   #DiMorrissey     #LArchipel

l appel de la terre sauvage

 

En bref…

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : j’avais beaucoup apprécié « Perles de Lune », découvrir cette suite me permettrait de retrouver cet univers riche et passionnant.

Auteur connu : retrouvez ma chronique de « Perles de Lune« .

Émotions ressenties lors de la lecture : excitation, curiosité, passion, admiration, mais aussi une toute petite pointe d’agacement et d’ennui.

Ce que j’ai moins aimé : le côté monde des Bisounours, le manque des détails concernant certains sujets.

Les plus : l’endroit, les descriptions très visuelles, les personnages, la plume, l’évasion.

Si je suis une âme sensible : pas de soucis, vous pouvez y aller.

3 réflexions sur “« L’appel de la terre sauvage » de DI MORRISSEY

  1. coucou ma belle, merci de toutes tes résumés littéraires qui me font du bien. Je te souhaite un bon lundi et une bonne reprise. Hier avec Silvano nous étions sur Vienne, nous sommes passés près de Saint Etienne et cela nous a fait penser à toi. Nous allons à Lyon du 14 au 19 août, puis nous irons en Ardèche voir les ami(e)s et famille. Seras-tu chez toi avant le 14 ? Sinon on vient un peu avant et nous nous arrêterons chez toi, si nous arrivons à obtenir de quoi se loger. Bonne fin de journée et gros bisous à toute la famille

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