« Une saison à Montparnasse » de Colin THIBERT

Informations 

Titre : Une saison à Montparnasse

Auteur : Colin Thibert

Éditeur : Héloïse d’Ormesson

Nombre de pages : 272 pages

Formats et prix : broché 20 € / numérique 13.99 €

Date de publication : 7 mars 2024

Genre : roman historique

Résumé

Dans le cercle fermé des soyeux lyonnais, Gabrielle étouffe. À la mort de son père, elle part s`installer à Paris dans l`espoir de devenir peintre. En 1920, les cafés, les bals, les bordels et les cabarets de la capitale sont en effervescence. En se frottant à la société cosmopolite des artistes de Montparnasse, la jeune femme découvre une existence plus libre et des amours plus dangereuses. Craignant un scandale, sa famille décide d`intervenir. Mais un événement à l`autre bout du monde va rebattre les cartes…

Une saison à Montparnasse est une plongée réjouissante dans le Paris des années folles, et surtout le portrait d`une femme émancipée, qui paie son audace au prix fort, avant de voir son talent récompensé.

Mon avis

Rendez-vous dans le quartier de Montparnasse à la fin des années 20.

Cette époque est foisonnante. Montparnasse est le cœur battant de la vie artistique et intellectuelle de Paris. Le quartier se change en un haut-lieu de l’Art, les cafés deviennent les lieux de rencontres pour les artistes, écrivains, intellectuels du monde entier. L’atmosphère bouillonne de créativité et d’effervescence culturelle.

Gabrielle est notre personnage principal : elle s’installe à Montparnasse pour étudier la peinture. Elle vient d’un milieu bourgeois lyonnais, elle savoure sa liberté et son indépendance toutes nouvelles. Gabrielle va découvrir l’amour avec Marcelle. Si la communauté gay est relativement tranquille à Montparnasse, la société considère tout de même le sujet comme tabou.

« Et puis, on était à Montparnasse, où rien ne semblait porter à conséquence. La vie était aussi légère, aussi pétillante que le champagne dont Gabrielle prenait dangereusement l’habitude, consacrant désormais autant d’énergie à étudier la peinture qu’à s’étourdir. »

Le mode de vie dissolue de Gabrielle va arriver aux oreilles de ses deux frères, conservateurs, qui craignent alors pour la réputation de leur famille….Ils vont donc prendre une décision radicale. On n’en parle pas dans le résumé du roman, je vous dirai donc rien, vous laissant découvrir de quoi il s’agit en vous plongeant dans les pages de « Une saison à Montparnasse ». Mais sachez que les tensions économiques et la pression financière vont mettre Gabrielle dans une bien mauvaise posture.

Gabrielle va croiser des peintres et des artistes, la vie à Montparnasse est très bien décrite, on s’immerge dans ce monde particulier. La peinture est fascinante, c’est un sujet passionnant, j’ai adoré suivre Gabrielle dans sa quête et son envie de devenir une artiste reconnue. L’auteur retranscrit parfaitement l’ambiance régnant à cette époque dans ce quartier dynamique, qui n’a pas eu beaucoup de mal à obtenir le statut de centre artistique majeur.

Colin développe les sujets des conflits familiaux, de l’art, mais également des faussaires et des contrebandes d’œuvres d’art. On plonge dans un monde parallèle, celui de la fraude. Comment et où peut-on vendre un faux tableau à cette époque ? L’effondrement du marché boursier d’octobre 1929, provoquant la faillite de milliers d’investisseurs et entreprises, a permis le développement de ce marché illégal, l’investissement dans l’art étant devenu une valeur sûre.

La plume de Colin est riche, captivante. Les rebondissements arrivent au moment opportun pour relancer l’intérêt du lecteur. Le contexte historique dans lequel l’auteur campe son intrigue ajoute une dimension passionnante au récit.

Les personnages sont attachants, bien décrits, j’ai beaucoup apprécié Gabrielle. Elle est déterminée, motivée, et croit en ses valeurs, malgré le fait qu’elles ne soient pas traditionnelles. Elle est avide de liberté et souhaite vivre de sa passion.

Les personnages secondaires sont tout autant intéressants : Madame Ernest, la concierge de l’immeuble où est installée Gabrielle, vivait dans l’ombre de son mari jusqu’au décès de ce dernier, tombé au champ d’honneur. A travers Madame Ernest, on découvre la vie à cette époque, l’impossibilité  pour les femmes à s’affirmer, l’obligation d’obéissance à leur époux. Madame Ernest, contrairement à Gabrielle, a enterré ses rêves. Marcelle, quant à elle, représente la liberté ; elle initie  Gabrielle à l’amour, la poussant dans ses retranchements.

J’ai passé un très bon moment de lecture en compagnie de tous ces personnages auxquels je me suis attachée. J’ai même regretté devoir refermer ce livre une fois que je l’avais terminé, je serais bien restée encore un peu dans cet univers particulier et si agréable. D’ailleurs, plus j’avançais dans la lecture, et plus je prenais mon temps, ralentissant le rythme pour faire durer le plaisir.

« Une saison à Montparnasse » est une très belle lecture, capturant l’effervescence créative et les tensions sociales de cette époque fascinante. Je vous la recommande, elle mérite le détour !

« – Les grands artistes sont toujours incompris ! Dans dix ans, dans vingt ans, ma petite, tu verras à quel point ma peinture était en avance ! »

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Une saison à Montparnasse

En bref…

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : « Une saison à Montparnasse » faisait partie de la sélection de romans du « 13h pile ! » du mois de mars. Le résumé m’a happée et j’avais vraiment envie de me plonger dans ce Montparnasse des années 20.

Auteur connu : pas du tout ! Pourtant, Colin est l’auteur d’une trentaine de romans !

Émotions ressenties lors de la lecture : émerveillement, passion, admiration, fascination et nostalgie.

Ce que j’ai moins aimé : RAS

Les plus : la plume, les personnages, les références historiques, et surtout la capacité à immerger totalement le lecteur dans cette époque et ce lieu magique. Les thématiques abordées, la fin.

Si je suis une âme sensible : pas de soucis, c’est un roman historique.

9 réflexions sur “« Une saison à Montparnasse » de Colin THIBERT

  1. Fascinant ton résumé. Serait-ce les années folles juste avant le crash des bourses mondiales. Si oui cette époque évoquait la future liberté dans biens des domaines. Ceci dit ton résumé donne l’envie de lire.

    Merci pour à passion que tu sais partager. À bientôt d’autres lectures qui nous fera voyager dans le temps, le présent et l’avenir.

    Domi

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