« L’influenceuse » de Joyce MAYNARD

Informations 

Résumé

Tammy Partridge, qui se rêve influenceuse, et son petit ami Kevin entreprennent un road trip à travers les États-Unis, parfaitement calibré pour les photos, à la poursuite de la gloire. Pour l’instant, ils ne comptent que quelques centaines d’abonnés, parmi lesquels Roxanne, une fan inconditionnelle du fougueux jeune couple. Mais lorsque le corps de Tammy est découvert dans la nature sauvage de l’Utah et que Kevin reste introuvable, l’aventure prétendument parfaite dérape soudainement et devient virale, atteignant bientôt trois millions d’abonnés.
Les mobiles sont troubles. Les théories envahissent les recoins sombres d’Internet. Chacun élabore sa propre version de la vérité, et la réalité devient de plus en plus difficile à saisir. Sauf pour Roxanne, qui observait tout, de très près, plus près que quiconque.

Mon avis

On va faire court…Tout comme ce roman…

« L’influenceuse » de Joyce Maynard est un roman que j’ai lu dans une salle d’attente. Un format court, parfait pour ce type de moment et un sujet qui m’a tout de suite attirée : l’univers des réseaux sociaux et leurs dérives.

Le point de départ s’inspire d’un fait divers réel, ce qui ajoute immédiatement une forme de malaise diffus, comme si la fiction venait flirter avec quelque chose de très concret, très contemporain.

Une réflexion intéressante sur les réseaux sociaux

Ce que j’ai vraiment apprécié, c’est la réflexion autour de notre rapport aux réseaux sociaux.

Le roman interroge avec justesse la manière dont on construit une image de soi, parfois sans même s’en rendre compte. Cette idée qu’en partageant des fragments de vie, on finit par exposer bien plus que prévu, jusqu’à perdre la frontière entre intimité et mise en scène.

Il y a quelque chose de troublant dans cette observation : celle d’une société où tout devient contenu, où même les moments les plus personnels peuvent être transformés en récit public.

Sur ce point, le roman fonctionne très bien, même si tout reste superficiel…

Une construction qui m’a moins convaincue

Quant au reste…

La construction chorale, avec ses points de vue multiples, ne m’a pas vraiment convaincue. Les chapitres sont très courts, parfois trop, et comme le livre ne fait déjà que 172 pages, avec une mise en page aussi aérée, on arrive à la fin sans même avoir eu le temps de dire ouf. Et c’est encore pire en version numérique, croyez moi !

J’ai eu du mal à m’attacher aux personnages. Ils m’ont semblé assez agaçants par moments, et surtout pas suffisamment développés pour que je m’y intéresse vraiment.

En définitive, on se rend vite compte qu’il y a finalement assez peu de matière dans ce roman.

On reste globalement en surface, comme si tout allait trop vite pour laisser place à une vraie profondeur psychologique. Un rythme qui rappelle d’ailleurs celui des réseaux sociaux eux-mêmes, où les informations défilent trop vite sans approfondir les sujets.

Peut-être que c’était la volonté de l’auteure de construire son roman comme une succession de posts Instagram, des instantanés, des tranches de vie fragmentées. Mais en tous cas, cela n’a pas fonctionné pour moi.

Mon ressenti global

C’est donc une lecture plutôt décevante me concernant.

L’idée de départ est forte, actuelle et pertinente. Mais le résultat est loin de m’avoir convaincue.

J’ai refermé le livre avec l’impression d’un potentiel intéressant, mais vraiment sous-exploité. Une lecture qui se lit vite, mais qui ne laisse pas une empreinte durable. Franchement, ne mettez pas votre argent là-dedans…C’est rare que je dise cela…

En bref…

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