Informations
Titre : L’influenceuse
Auteur : Joyce Maynard
Éditeur : Philippe Rey
Nombre de pages : 172 pages
Formats et prix : broché 17 € / numérique 11.99 €
Date de publication : 7 mai 2026
Genre : littérature américaine
Résumé
Tammy Partridge, qui se rêve influenceuse, et son petit ami Kevin entreprennent un road trip à travers les États-Unis, parfaitement calibré pour les photos, à la poursuite de la gloire. Pour l’instant, ils ne comptent que quelques centaines d’abonnés, parmi lesquels Roxanne, une fan inconditionnelle du fougueux jeune couple. Mais lorsque le corps de Tammy est découvert dans la nature sauvage de l’Utah et que Kevin reste introuvable, l’aventure prétendument parfaite dérape soudainement et devient virale, atteignant bientôt trois millions d’abonnés.
Les mobiles sont troubles. Les théories envahissent les recoins sombres d’Internet. Chacun élabore sa propre version de la vérité, et la réalité devient de plus en plus difficile à saisir. Sauf pour Roxanne, qui observait tout, de très près, plus près que quiconque.
Mon avis
On va faire court…Tout comme ce roman…
« L’influenceuse » de Joyce Maynard est un roman que j’ai lu dans une salle d’attente. Un format court, parfait pour ce type de moment et un sujet qui m’a tout de suite attirée : l’univers des réseaux sociaux et leurs dérives.
Le point de départ s’inspire d’un fait divers réel, ce qui ajoute immédiatement une forme de malaise diffus, comme si la fiction venait flirter avec quelque chose de très concret, très contemporain.
« Pas facile de devenir influenceur. Il ne suffit pas d’engranger des abonnés. Quand on y parvient, tout l’enjeu alors est de les garder, ce qui signifie, naturellement, qu’il vous faut poster deux fois par jour. Trois, si possible. Comme l’a expliqué un jour mon fils Kevin : « Il faut nourrir la bête. » »
Une réflexion intéressante sur les réseaux sociaux
Ce que j’ai vraiment apprécié, c’est la réflexion autour de notre rapport aux réseaux sociaux.
Le roman interroge avec justesse la manière dont on construit une image de soi, parfois sans même s’en rendre compte. Cette idée qu’en partageant des fragments de vie, on finit par exposer bien plus que prévu, jusqu’à perdre la frontière entre intimité et mise en scène.
Il y a quelque chose de troublant dans cette observation : celle d’une société où tout devient contenu, où même les moments les plus personnels peuvent être transformés en récit public.
Sur ce point, le roman fonctionne très bien, même si tout reste superficiel…
« Je ne pige pas. Qu’est-ce qu’ils ont de sociaux ces réseaux ? Chacun est seul dans son coin, le nez collé à son portable. Si vous voulez mon avis, ce sont plutôt des réseaux antisociaux. »
Une construction qui m’a moins convaincue
Quant au reste…
La construction chorale, avec ses points de vue multiples, ne m’a pas vraiment convaincue. Les chapitres sont très courts, parfois trop, et comme le livre ne fait déjà que 172 pages, avec une mise en page aussi aérée, on arrive à la fin sans même avoir eu le temps de dire ouf. Et c’est encore pire en version numérique, croyez moi !
J’ai eu du mal à m’attacher aux personnages. Ils m’ont semblé assez agaçants par moments, et surtout pas suffisamment développés pour que je m’y intéresse vraiment.
« Tammy était le genre de fille à s’attendre à ce que les gens aient toujours de bonnes intentions, parce qu’elle était comme ça, et qu’il ne lui serait jamais venu à l’esprit que les autres puissent fonctionner différemment. »
En définitive, on se rend vite compte qu’il y a finalement assez peu de matière dans ce roman.
On reste globalement en surface, comme si tout allait trop vite pour laisser place à une vraie profondeur psychologique. Un rythme qui rappelle d’ailleurs celui des réseaux sociaux eux-mêmes, où les informations défilent trop vite sans approfondir les sujets.
Peut-être que c’était la volonté de l’auteure de construire son roman comme une succession de posts Instagram, des instantanés, des tranches de vie fragmentées. Mais en tous cas, cela n’a pas fonctionné pour moi.
Mon ressenti global
C’est donc une lecture plutôt décevante me concernant.
L’idée de départ est forte, actuelle et pertinente. Mais le résultat est loin de m’avoir convaincue.
J’ai refermé le livre avec l’impression d’un potentiel intéressant, mais vraiment sous-exploité. Une lecture qui se lit vite, mais qui ne laisse pas une empreinte durable. Franchement, ne mettez pas votre argent là-dedans…C’est rare que je dise cela…
« Et si je ne me contentais pas d’être une abonnée comme les autres ? Et si je les suivais dans la vraie vie ? »

En bref…
Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : pour son format court, idéal pour une lecture en salle d’attente, et surtout pour son sujet autour des réseaux sociaux et de leur influence sur nos vies, ainsi que son inspiration tirée d’un fait divers réel.
Auteur connu : je n’ai jamais lu cette auteure, pourtant elle a publié plus d’une dizaine de romans. A voir si je tente autre chose.
Émotions ressenties lors de la lecture : curiosité, frustration, distance, gêne, déception, réflexion, scepticisme.
Ce que j’ai moins aimé : construction chorale peu convaincante, chapitres très courts donnant une impression de superficialité, personnages peu développés et parfois agaçants, manque de profondeur psychologique, sensation globale d’un récit trop léger et qui reste en surface, effet « scroll » qui empêche l’immersion.
Les plus : le sujet et le point de départ, la réflexion autour des réseaux sociaux.
Si je suis une âme sensible : RAS
