Informations
Titre : Qui es-tu, Mary ?
Auteur : Christian Pernoud
Éditeur : Taurnada
Nombre de pages : 256 pages
Formats et prix : poche 10.90 € / numérique 7.99 €
Date de publication : 10 septembre 2026
Genre : thriller psychologique
Résumé
Les âmes pures cachent aussi des ténèbres.
Automne 1973, Lake George.
Alan mène une existence paisible à l’écart du monde.
Mary surgit dans sa vie. Elle vient d’un New York gangrené par la violence.
Une histoire naît. La leur.
Mais très vite, des zones d’ombre apparaissent.
Des incohérences. Des silences.
Lorsque Mary disparaît brutalement dans d’étranges circonstances, la vie d’Alan se transforme en cauchemar.
Qu’est-il arrivé à la femme de sa vie ?
Dès lors, il n’a plus qu’une idée en tête.
Découvrir la vérité.
Mon avis
Qui est Mary ?
C’est la seule question qui nous accompagne du début à la fin de ce roman. Parce que derrière cette femme qui débarque un beau jour dans la vie d’Alan, tout semble mystérieux. Son passé, ses intentions, son identité… et même son existence, finalement.
Nous sommes à Lake George, à l’automne 1973. Alan a 21 ans, travaille dans une attraction touristique consacrée à l’horreur et vit tranquillement dans son petit chalet. Sa vie va basculer lorsqu’il rencontre Mary, une jeune femme venue de New York qui souhaite s’installer dans la région.
Très vite, une histoire d’amour naît entre eux. Mais quelque chose cloche. Mary a des zones d’ombre, des incohérences, des silences. Et surtout, comme le remarque rapidement l’ami d’Alan, elle ne semble pas avoir choisi Alan par hasard…
Et puis Mary disparaît…
Une atmosphère à part
J’ai beaucoup apprécié l’atmosphère qui se dégage de Lake George. Et évidemment, je n’ai pas pu résister à mon petit plaisir de lectrice : aller me promener avec Google Maps dans les lieux du roman !
Car Lake George existe réellement, tout comme le musée de l’horreur dans lequel travaille Alan. J’adore faire ça avec les livres que je lis : partir à la découverte des endroits évoqués par l’auteur et pouvoir mettre des images sur les décors de l’histoire ajoute, pour moi, une dimension supplémentaire à la lecture.
Et quel décor ! Avec son lac et ses paysages, la région semble presque idyllique en été. Mais lorsque l’hiver arrive, elle prend un tout autre visage, beaucoup plus froid, austère et isolé.
J’ai aimé ce contraste entre la beauté paisible de Lake George et l’atmosphère plus sombre qui accompagne peu à peu l’histoire d’Alan et de Mary. Le lieu devient alors bien plus qu’un simple décor : il contribue pleinement à l’ambiance du roman et participe à cette impression de mystère et d’isolement qui entoure Mary.
« Le verglas et les vents violents isolèrent la ville après son départ. Lake George prenait son visage d’hiver tourmenté. »
Une histoire qui donne envie de comprendre
J’ai plutôt bien accroché à la première partie du roman. Elle est vive, rythmée et surtout très interrogative. L’auteur distille régulièrement de petites informations qui donnent envie de savoir ce qui va se passer.
Le récit est raconté par Alan, mais pas uniquement par le jeune Alan que nous découvrons en 1973. Un Alan âgé de 73 ans intervient également pour nous raconter cette histoire avec le recul de plus de cinquante années. Et j’ai bien aimé ce procédé. À plusieurs reprises, il glisse des réflexions qui nous font comprendre qu’un événement apparemment banal va avoir des conséquences dramatiques. Une simple valise peut ainsi devenir beaucoup moins anodine lorsqu’Alan nous laisse entendre qu’elle lui causera de sérieux ennuis… jusqu’à le conduire en prison.
Forcément, ça attise la curiosité.
Et les ennuis arrivent. La disparition de Mary donne alors une tout autre dimension au récit et Alan se retrouve pris dans une histoire qui va bouleverser son existence pendant des décennies.
J’avoue qu’à ce moment-là, j’ai trouvé que tout était un peu trop facile.
J’ai eu un petit coup de mou et je me suis demandé si l’intrigue n’allait pas devenir trop prévisible.
Mais Christian n’avait pas dit son dernier mot !
« Elle n’est pas claire. Voilà ce que je pense. Mignonne à croquer, mais pas claire. Et tu devrais t’en méfier ! Elle ne t’a pas choisi par hasard. »
Une intrigue qui se relance
Treize ans plus tard, alors qu’Alan croupi en prison, une possibilité change complètement la donne : les progrès de l’ADN permettent désormais de remettre en question certains éléments de l’enquête et une nouvelle hypothèse apparaît.
Et soudain, toutes les certitudes volent en éclats. Alan est libéré.
Finalement, nous voilà revenus à notre question de départ : Où est Mary ? Et surtout…Qui est-elle ?
Parce qu’après toutes ces années, le problème reste entier : Alan ne connaît quasiment rien sur Mary.
Plus on avance, plus Mary semble être une femme qui a réussi à ne laisser absolument aucune trace derrière elle.
Et j’ai trouvé ça plutôt efficace.
Mais Mary et moi, ça ne l’a pas vraiment fait…
Je dois quand même parler de mon principal ressenti à propos de Mary. Elle m’a agacée. Beaucoup.
Mais est-ce vraiment un bémol ? Je ne le pense pas. Un personnage qui provoque une réaction, même négative, est toujours plus intéressant qu’un personnage qui nous laisse totalement indifférent.
Son comportement, son côté parfois superficiel et surtout les zones d’ombre qui l’entourent m’ont beaucoup questionnée. J’ai souvent eu du mal à comprendre ce qu’Alan pouvait bien lui trouver et comment il avait pu tomber amoureux d’elle aussi rapidement.
Ce qui m’a davantage gênée, ce n’est donc pas de ne pas apprécier Mary, mais de ne pas avoir suffisamment ressenti la profondeur de sa relation avec Alan pour être totalement convaincue par leur histoire d’amour.
Une fin qui ne m’a pas totalement embarquée
Et puis arrive le dernier acte. Après toutes ces questions, toutes ces années, les différentes pistes et les rebondissements, Alan, désormais âgé de 73 ans, finit enfin par découvrir qui est Mary.
Je ne peux évidemment pas vous révéler la réponse. Mais je vais être honnête : j’attendais davantage.
Je m’étais imaginé une révélation beaucoup plus spectaculaire. Quelque chose de plus clinquant, de plus renversant.
Je n’ai pas trouvé la fin mauvaise, n’allez pas me faire dire ce que je n’ai pas dit. Elle apporte les réponses attendues et boucle l’histoire. Mais après avoir passé autant de temps à me demander qui était Mary, j’espérais une révélation qui me fasse davantage d’effet.
J’ai donc refermé le roman avec un petit sentiment de frustration.
Et je me suis rendu compte que tout est sous les yeux du lecteur. Les indices étaient bien disséminés au fil du récit et il suffisait d’être suffisamment attentif pour les repérer et faire les connexions. Connexions que je n’ai pas su faire. Bref, je me suis laissée berner, une fois de plus ! Et ça, en revanche, c’est génial !
« Ils te montrent ce qu’ils veulent que tu voies. On ne sait jamais vraiment qui sont les gens. »
Alors, verdict ?
Malgré ces réserves, je reconnais une chose à Christian Pernoud : il a réussi à maintenir ma curiosité.
Même lorsque j’ai trouvé l’accusation d’Alan un peu trop facile, le roman a su relancer l’intrigue. L’ADN, la réouverture de l’enquête, le mystère autour de l’identité de Mary… autant d’éléments qui m’ont donné envie de continuer pour obtenir enfin la réponse.
Et finalement, c’est peut-être ce que je retiendrai le plus de cette lecture : j’ai souvent eu envie de savoir, même lorsque je n’étais pas totalement convaincue.
« Qui es-tu, Mary ? » est donc pour moi un roman agréable, rythmé et construit autour d’un mystère efficace, mais qui m’a davantage embarquée par ses questions que par ses personnages, et dont la révélation finale n’a malheureusement pas été à la hauteur de mes attentes.
Une lecture intéressante, mais je suis passée à côté du grand « waouh » que j’espérais.
Je remercie les Editions Taurnada pour cette lecture.
« Retenez bien ça : aimer c’est s’intéresser à l’autre. Écouter, se souvenir. Deux points que je n’appliquai pas ce soir-là. »

En bref…
Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : l’auteur, que j’apprécie beaucoup, et le résumé. J’avais envie de découvrir les secrets de cette femme insaisissable et de comprendre comment Alan allait réussir à démêler cette histoire.
Auteur connu : retrouvez mes chroniques de « Pour nous » et « J’aimerais te dire ».
Émotions ressenties lors de la lecture : curiosité, méfiance, questionnement, agacement, surprise, frustration, impatience, doute.
Ce que j’ai moins aimé : certaines situations un peu faciles, des personnages qui manquent parfois de profondeur, un dénouement moins spectaculaire qu’espéré.
Les plus : l’intrigue, le rythme, les nombreuses questions, la construction avec la double temporalité, la narration, les rebondissements, une lecture facile prenante, l’ambiance.
Si je suis une âme sensible : RAS, vous pouvez y aller tranquille !

Je comprends tout à fait ton ressenti… 😉
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