Informations
Titre : Dhanyavaad
Auteur : Maeva Giroud-Piffoz
Éditeur : autoédition
Nombre de pages : 32 pages
Formats et prix : broché 25 € (frais de port inclus)
Date de publication : août 2026
Genre : recueil de photographies
Résumé
C’est après la création de l’association Regards et Alliance que Maeva Giroud-Piffoz a révélé l’essentiel de son talent de photographe. Mais au-delà de cette sensibilité artistique, Maeva s’est profondément engagée auprès des plus miséreux, des plus défavorisés, liant notamment des relations très maternelles avec les enfants parmi les plus douloureusement handicapés, leur offrant, avec son soutien, une attention, une tendresse et une profonde affection.
Mon avis
Un recueil photographique placé sous le signe de l’émotion et de la tendresse
« Dhanyavaad », de Maeva Giroud-Piffoz, est un recueil photographique qui nous ouvre une fenêtre sur des réalités humaines à travers des portraits d’enfants et des scènes de vie quotidienne.
Le titre « Dhanyavaad » donne déjà une indication précieuse sur l’esprit de ce recueil. En gujarati, ce mot signifie « Merci » et exprime à la fois la gratitude et le respect. Deux notions qui prennent ici une résonance particulière, tant elles semblent entrer en écho avec le regard porté par Maeva sur les personnes qu’elle rencontre.
Les photographies réunies dans cet ouvrage ont été prises dans la région de Bhiloda, en Inde. À travers des portraits d’enfants et des scènes de vie quotidienne, la photographe nous invite à découvrir des instants de vie et des visages qui ont retenu son attention. Il ne s’agit pas de nous raconter une histoire avec des mots, puisque le livre ne comporte pas de texte accompagnant les images (à l’exception du prologue signé par Didier), mais de nous laisser entrer dans cet univers par la seule force des photographies.
Ce livre m’a touchée par l’émotion et la tendresse qui se dégagent de ses photographies. Une lecture un peu particulière pour moi, puisque je suis davantage habituée à chroniquer des romans et des polars. Ici, pas d’intrigue à décortiquer ni de personnages à suivre au fil des chapitres. Je tiens d’ailleurs à préciser que mon regard de lectrice est ici davantage sensible à la dimension humaine du projet qu’à une analyse technique de la photographie. Je ne prétends donc pas porter un jugement de spécialiste sur le travail photographique de Maeva !
J’ai simplement pris le temps de regarder, de ressentir et de laisser les images me parler.
Maeva Giroud-Piffoz, une photographe engagée auprès des plus vulnérables
Derrière « Dhanyavaad », il y a un engagement humain qui dépasse largement le cadre de la photographie.
En 1987, Maeva et son mari, Didier, ont créé l’association Regards et Alliance. Cette association mène notamment des actions auprès de personnes touchées par la lèpre, d’enfants en situation de handicap et de populations aborigènes en Inde. Un engagement qui place la rencontre, l’accompagnement et l’attention portée aux personnes vulnérables au cœur de son action. C’est dans le cadre de cet engagement que Maeva assure les reportages photographiques de l’association. Mais son regard ne s’arrête pas à sa mission de photographe…
Les clichés de Maeva ont quelque chose de spontané et de naturel. On découvre des instants de vie saisis sur le vif, des visages et des regards sur lesquels on a envie de s’attarder.
Ces photographies sont bien plus que de simples témoignages de terrain. Elles semblent porter la trace de rencontres qui ont compté et de moments partagés. On ressent une envie de garder quelque chose de ces instants, comme si chaque portrait permettait de prolonger un peu la rencontre.
C’est là que je trouve toute la sensibilité de la démarche de Maeva. Il ne s’agit pas seulement de montrer des conditions de vie difficiles, mais aussi de porter attention aux personnes qui les traversent. Ces familles et ces enfants ne se résument pas à leur précarité ou aux épreuves qu’ils peuvent rencontrer. Ils ont une présence, une histoire et une vie quotidienne que la photographie permet d’approcher, le temps d’une image.
J’ai le sentiment que ce recueil a été réalisé avec le cœur autant qu’avec l’œil d’une photographe. Il y a dans cette démarche une attention portée à l’autre. Et même si les images ne peuvent pas tout raconter, elles nous donnent envie de nous attarder sur ces visages plutôt que de simplement tourner la page.
Des clichés qui nous invitent, à notre tour, à regarder ces enfants et ces familles autrement, avec davantage d’attention, de respect et d’humanité.

Dhanyavaad : un Merci adressé aux enfants ?
Et si ce titre était aussi une invitation à la gratitude ?
En découvrant l’engagement de Maeva et les photographies de ces enfants, je me suis interrogée sur ce que pouvait contenir un mot aussi simple. À qui s’adresse ce Merci ? À ces enfants qui ont croisé la route de la photographe ? À ceux qui lui ont permis de nouer des liens si forts, de partager des instants de vie et de témoigner, à travers ses images, d’une réalité que nous ne connaissons pas toujours ?
J’aime l’idée que ce titre puisse être entendu comme un merci adressé à tous ces enfants. Non pas pour les épreuves qu’ils traversent, ni pour la souffrance que leur situation pourrait susciter chez ceux qui les regardent, mais simplement pour ce qu’ils sont, pour les rencontres qu’ils rendent possibles et pour ces instants partagés qui laissent une trace.
À travers les portraits et les scènes de vie quotidienne, la photographie nous invite à prendre le temps de regarder. Derrière chaque visage, il y a une personne, une présence, une histoire qui ne se résume ni à un handicap ni aux difficultés rencontrées. Et peut-être est-ce là que réside une partie de la force de ce recueil : nous rappeler que la rencontre humaine ne se mesure pas à ce que l’on peut donner ou recevoir, mais aussi à ce que l’on partage.
Ce Merci, je le reçois donc comme une marque de reconnaissance envers ces enfants, mais aussi envers toutes ces rencontres qui nous changent, parfois sans que nous en ayons pleinement conscience. Un mot simple, finalement, pour exprimer quelque chose de bien plus grand : la gratitude d’avoir croisé le chemin de l’autre.
Des photographies spontanées qui laissent la place aux regards
Dans « Dhanyavaad », les portraits d’enfants côtoient des scènes de vie quotidienne. Les images occupent le premier plan et nous laissent le temps de nous arrêter sur ce qu’elles montrent. C’est précisément ce qui fait la particularité de cette lecture. Nous ne sommes pas guidés en permanence par des explications.
J’ai été sensible au caractère naturel et spontané des photographies. On se retrouve plongés dans une succession d’instants saisis sur le vif.
Cette manière de photographier laisse une place importante à l’observation. Un portrait ne raconte pas forcément toute une vie et une image ne peut pas nous donner toutes les clés pour comprendre une situation. Pourtant, elle peut éveiller notre curiosité, nous inviter à regarder autrement et nous rappeler que derrière chaque visage se trouve une personne avec sa propre histoire.
Chacun peut prendre le temps de regarder les photographies, de s’attarder sur certains détails et de se laisser toucher sans qu’une longue explication vienne imposer une interprétation unique.
Un livre qui parle de tendresse sans avoir besoin de multiplier les mots
Ce qui ressort de ma découverte de « Dhanyavaad », c’est avant tout l’émotion et la tendresse.
Le sujet aurait pu facilement donner lieu à un ouvrage très explicatif, entièrement tourné vers les difficultés rencontrées par les personnes photographiées. Mais l’intérêt d’un recueil comme celui-ci est aussi de nous inviter à dépasser le seul constat de la souffrance ou de la précarité.
Ces enfants sont avant tout des personnes que l’on regarde, que l’on accompagne et avec lesquelles des liens peuvent se nouer. L’affection évoquée dans la présentation du livre rappelle l’importance de la présence humaine, de l’écoute et de ces gestes qui témoignent d’un attachement sincère.
C’est une dimension qui me touche particulièrement. Nous avons parfois tendance à penser que pour aider, il faut nécessairement accomplir de grandes choses. Pourtant, l’attention portée à quelqu’un, le temps que l’on accepte de lui consacrer et la tendresse que l’on partage ont également leur importance.
Je trouve intéressant que la photographie puisse participer à cette démarche. Elle conserve la trace d’un instant, rend visible une rencontre et nous permet de découvrir, depuis notre propre quotidien, des personnes dont nous n’aurions probablement jamais croisé le chemin.
Bien sûr, regarder des photographies ne signifie pas que l’on comprend la vie de celles et ceux qui y apparaissent. Mais ces images peuvent constituer un premier pas vers davantage de curiosité, d’ouverture et de sensibilité à l’autre.

Mon ressenti sur « Dhanyavaad » de Maeva Giroud-Piffoz
Au terme de cette découverte, je comprends mieux pourquoi un mot comme « Dhanyavaad », peut résonner si fortement avec un tel ouvrage. Il y a les photographies, les regards, les instants de vie saisis sur le vif, mais aussi toutes ces rencontres humaines qui donnent un sens particulier au travail de Maeva.
Je ne sais pas ce que chacun de ces enfants retiendra de ces moments partagés avec elle. En revanche, je sais ce que ces images m’invitent à faire : prendre le temps de regarder, ne pas réduire une personne à sa situation et rester attentive à ce que les rencontres peuvent nous apporter.
Alors, si je devais retenir un mot de ce recueil, ce serait bien celui-là : Merci. Merci pour ces instants partagés, pour ces visages qui nous invitent à regarder au-delà des apparences et pour ce rappel tout simple de l’importance du lien humain.
Ce que je retiens avant tout de ce recueil, c’est l’émotion qu’il suscite et la place accordée aux rencontres.
« Dhanyavaad » est une proposition de lecture à part, qui s’adresse à celles et ceux qui aiment découvrir des ouvrages photographiques, s’intéressent aux engagements humanitaires ou souhaitent simplement prendre le temps de regarder le monde autrement.
Une parenthèse sensible qui rappelle que, parfois, quelques images peuvent ouvrir un espace de réflexion et de tendresse là où les mots ne sont pas indispensables.
Où se procurer « Dhanyavaad » ?
Actuellement autoédité, « Dhanyavaad » peut être commandé directement auprès de Didier Giroud-Piffoz (n’hésitez pas à me contacter, je vous transmettrai l’adresse mail de Didier), au prix de 25 €, frais de port inclus. Des discussions sont également en cours en vue d’une publication dans une maison d’édition (croisons les doigts !).
Un grand merci à Didier et Maeva pour cet envoi.

En bref…
Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : outre le fait de découvrir le travail photographique de Maeva Giroud-Piffoz et comprendre son engagement auprès de l’association Regards et Alliance, j’avais envie de porter un regard différent sur des réalités éloignées de mon quotidien et de découvrir un ouvrage qui raconte par les images plutôt que par les mots.
Auteur connu : retrouvez ici tous les articles relatifs aux lectures des livres de Didier, mais aussi celui de Karine, la fille de Didier et Maeva.
Émotions ressenties lors de la lecture : beaucoup d’émotions !! Tendresse, admiration, compassion, émerveillement, mélancolie, gratitude, respect, douceur, espoir, humilité, contemplation, sensibilité, humanité, sérénité.
Ce que j’ai moins aimé : RAS
Les plus : des photographies spontanées et naturelles, des portraits d’enfants touchants, des scènes de vie quotidienne, une démarche photographique humaine, un engagement solidaire, une grande place laissée à l’émotion, un titre porteur de gratitude et de respect.
Si je suis une âme sensible : les personnes sensibles aux situations de vulnérabilité pourront être touchées par certains clichés.
