Interview d’Isabelle JODAR CHAPUIS

Présentation de l’auteur :

 

Isabelle

Bibliographie :

exils-d-espoir

 

Tout d’abord, merci Isabelle d’avoir accepté mon invitation.

Dans votre ouvrage « la cage aux enfants », vous parlez de l’histoire de ces hommes, de ces femmes et surtout de ces enfants qui ont vécus dans la maison des enfants du chasseur de Saint Genest Lerpt. Ce devoir de mémoire était important pour vous ?

Ce devoir de mémoire était important pour EUX. Un ancien petit pensionnaire me dit encore qu’il fait beaucoup moins de cauchemars depuis qu’il a témoigné. Une autre me confie qu’elle a commencé à faire le deuil du décès de sa maman depuis le livre. L’important pour moi a été de leur ouvrir un espace pour se dire, et pour croire enfin que ce qu’ils ont souffert, ils ne l’ont pas exagéré puisque presque tous disent la même chose…

Comment avez-vous réussi à retracer le parcours de ces résidents ?

Je commençais à écrire mon histoire familiale (qui est devenue Exils d’espoir) et je voulais de plus amples renseignements sur le temps passé par mon frère et ma sœur à la Maison des Enfants de St-Genest-Lerpt. La mairie de St-Genest m’a mise en contact avec « un ancien petit pensionnaire ». Celui-ci m’a fait connaître d’autres personnes qui ont fait un séjour dans cette maison d’enfants et il m’a paru nécessaire de mettre tout cela par écrit pour deux raisons :

 1 – aider ces personnes à se libérer (certaines d’entre elles n’en n’avaient jamais parlé à personne avant)

2 – ce livre, acheté à 20 exemplaires par un Directeur du Foyer de l’Enfance et de la Famille, peut servir comme un outil de réflexion dans ces centres d’enfants placés.

Ce directeur m’avait demandé de faire témoigner les mêmes personnes au sujet de la séparation des fratries lors de ces placements arbitraires. Actuellement, un petit film est en finalisation. Il sera également un outil intéressant pour les placements d’aujourd’hui.

Dans « Exil d’espoir », paru en janvier 2016, vous retracez l’histoire de votre famille, notamment dans l’Espagne de Franco. C’était vital pour vous d’écrire ce livre ?

Absolument. Il s’agissait là de déposer une histoire familiale lourde en douleurs en tous genres, dues à la misère principalement et à un état dictateur pour mes parents, durant 6 ans. C’est également une histoire d’exils, ce qui me vaut aujourd’hui de présenter des discussions sur le sujet de l’exil de toujours jusqu’à aujourd’hui, plus brûlant que jamais…

A quel moment avez-vous eu envie d’écrire ce livre ?

Dès l’âge de 14 ans, j’ai su que c’était moi (la 5ème d’une fratrie de 6 enfants) qui aurait la responsabilité d’écrire une histoire dont ma maman nous racontait des bribes que je considérais alors comme peu ordinaires… Ce n’était pas une envie, c’était une responsabilité que j’ai mis longtemps à assumer parce qu’écrire un livre va bien au-delà des anecdotes que je possédais. Ce fut un long travail de recherches historiques et géopolitiques dans lequel j’ai inclus mes anecdotes, pour expliquer leur véracité.

Comment a réagi votre famille ?

J’ai la chance d’avoir une famille aimante, ouverte et bienveillante. Mes frères et ma sœur m’ont raconté des souvenirs personnels et ma tante Rose (seule personne qui vit encore dans la famille de ma maman) m’a apporté un éclairage considérable sur la première partie de mon livre. Et lorsqu’ils ont lu le livre, ils en ont été contents. C’est ma plus belle récompense !

Replonger dans cette histoire familiale qui a bercé votre enfance, était ce douloureux ?

Oui, très douloureux et trop longtemps, à l’inverse de ce que je croyais : qu’une libération allait être immédiate. Il faut toujours beaucoup de temps pour guérir. Et il y a aussi les cicatrices qui, elles, ne disparaissent qu’avec nous.

Ce projet a-t-il muri dans votre esprit pendant des années avant de le concrétiser ?

De nombreuses années… entre 14 et plus de 60 ans…

Le mot de la fin est pour vous :

Je suis fière d’avoir atteint mon but premier, qui est l’écriture du livre « Exils d’espoir ». Fière d’avoir osé l’humilité de dire à tous l’extrême pauvreté de ma famille et toutes les difficultés qui en ont découlé. C’est un acte difficile et un chemin de courage qui se vit un peu comme un accouchement. Mais fière surtout de dire à tous que malgré la pauvreté et les douleurs qu’elle engendre, ma famille a été digne et honnête, et l’est encore…. Le destin a voulu qu’«Exils d’espoir » soit mon second livre.

Quant à « La cage aux enfants », je suis heureuse de l’avoir écrit en premier, presque dans l’urgence. Parce que les personnes qui ont bien voulu témoigner sont déjà âgées pour la plupart, tout simplement.

En conclusion, je me définis comme une « raconteuse d’histoires », un simple relais humain qui a accompli ce qui lui a paru important, jusque-là.

affiche

affiche 2017

Isabelle Jodar Chapuis sera présente en dédicaces au salon du livre de Boen (entre Roanne et St Etienne) les 13 et 14 mai 2017.

 

 

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s