« Ne fais confiance à personne » de Paul CLEAVE

sans-titre

Résumé :

Il y a pire que de tuer quelqu’’un : ne pas savoir si on l’’a tué.

Les auteurs de thrillers ne sont pas des personnes très fréquentables. Ils jouent du plaisir que nous avons à lire d’’abominables histoires, de notre appétit pour des énigmes qui le plus souvent baignent dans le sang. Nous ne sommes pas très raisonnables. Ce jeu dangereux peut parfois prendre des proportions inquiétantes. Leurs ouvrages peuvent nous donner des idées regrettables, favoriser un passage à l’’acte aux conséquences funestes. Eux les premiers, qui pensent connaître toutes les ficelles du crime parfait, ne sont pas à l’’abri de faire de leurs fictions une réalité. Prenez par exemple Jerry Grey, ce célèbre romancier, qui ne sait plus très bien aujourd’’hui où il en est. À force d’’inventer des meurtres plus ingénieux les uns que les autres, n’’aurait-il pas fini par succomber à la tentation ? Dans cette institution où on le traite pour un alzheimer précoce, Jerry réalise que la trame de son existence comporte quelques inquiétants trous noirs. Est-ce dans ses moments de lucidité ou dans ses moments de démence qu’’il est persuadé d’’avoir commis des crimes ? Quand la police commence à soupçonner les histoires de Jerry d’’être inspirées de faits réels, l’’étau commence à se resserrer. Mais, comme à son habitude, la vérité se révèlera bien différente et bien plus effroyable que ce que tous ont pu imaginer !

Mon avis :

Paul Cleave est l’un de mes auteurs préférés. J’ai eu la chance de le rencontrer aux Quais du Polar, et sa sympathie m’a conforté dans ce sens ! « Un employé modèle » m’a totalement subjuguée. Et même si j’ai été déçue par « Nécrologie », je me suis lancée dans ce nouveau livre avec bonheur.

Paul se renouvèle, tout en gardant son style si particulier. Exit le boucher de Christchurch. Il réussit le tour de force d’aborder un sujet extrêmement délicat qu’est la maladie d’Alzheimer, avec un angle totalement original, et sans se départir de son humour noir et cinglant. Tous les abords de la maladie sont évoqués, allant de l’annonce du diagnostic, aux premiers symptômes, au placement nécessaire, au ressenti du malade mais également de sa famille. C’est émouvant sans jamais partir dans le glauque.

Et autour de la maladie, il y a cette histoire terriblement bien ficelée, qui sème le doute inexorablement dans la tête du lecteur. Jerry, ancien écrivain de policier, atteint de la maladie d’Alzheimer, placé en maison de santé, fait les 400 coups. Lors de ses escapades dont il ne se souvient pas, que fait il ? Et si c’était lui l’assassin de cette femme dont le corps a été retrouvé ?

Jerry va mener l’enquête contre lui-même, découvrir s’il est coupable ou non de tous ces meurtres. Pour l’aider, quelques amis, et surtout son carnet de la folie, qu’il a commencé à écrire dès le début de sa maladie.

L’auteur nous fait naviguer entre le Jerry présent, amnésique, perdu et le Jerry passé, via ce carnet, lucide,  et surtout préventif. « Ne fais confiance à personne » est l’un des leitmotiv qui revient souvent. Et au fil des pages, on va en effet découvrir que ceux que l’on croit connaître se sont pas si honnêtes. Naviguant entre le « je », le « tu », le « il », Paul nous donne une leçon d’écriture, tout en nous parlant également de la vie d’écrivain, grâce à son personnage. On apprend quelques ficelles du métier, non sans humour.

Un roman hyper bien construit, impossible à lâcher, truffé de cet humour noir que j’apprécie tant, et une fin totalement « ouah ».

Pas un coup de cœur pour moi, car je n’ai pas été submergée par l’histoire, et que pour égaler « un employé modèle », il m’en faudra un peu plus, mais on s’en approche.

 

4 réflexions sur “« Ne fais confiance à personne » de Paul CLEAVE

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