« Buczko » de Loana HOARAU

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Résumé :

Foin d’envolées théoriques. C’est bien plutôt dans son action fulgurante, par la pratique, si on ose dire, que le pédophile est étudié dans ce roman. C’est d’ailleurs fait avec une mæstria hautement perturbante. Notre sociopathe profond se déploie pour nous, sans malices ni artifices. On domine et comprend intimement le lot gesticulant de ses petites maniaqueries proprettes. On domine et comprend intimement sa sourde misanthropie. On domine et comprend intimement son adultophobie implacable. On comprend, on finit presque par partager sa frustration insondable et sa colère cuisante, pourtours inévitables de son programme radicalement négateur, amoral et nihiliste. C’est une des vertus de la fiction que de pouvoir entériner le monde des monstres.L’amour suave et délétère de cette narco-crapule semi-psychotique de Buczko pour les petites filles nous est instillé, drogue d’entre les drogues, presque avec du sublime dans la voix. La destruction de la victime prend place en nous lumineusement, en rythme, par petits bonds nerveux. Le propos de cet ouvrage n’est absolument pas moraliste. Sa cruauté est absolue, hautement dérangeante, répugnante, révoltante, comme gratuite. Et pourtant (car il y aura un et pourtant…) notre pédo-toxico se retrouve avec une terrible clef anglaise jetée par le sort, dans le moteur bourdonnant de sa mécanique criminelle tellement rodée. C’est une jeune femme qui écrit. Loana Hoarau en est à son deuxième roman. Tributaire des mêmes hantises que le premier, celui-ci est beaucoup plus assumé, plus solide, plus achevé. Un scotome s’imprime. Une œuvre s’annonce.

Mon avis :

Une lecture terrifiante dont on ne sort pas indemne. C’est un sujet grave et délicat qui est traité. Je joue avec le feu, comme toute maman, mon cauchemar reste l’enlèvement de  mes enfants.

En refermant ce livre, je suis totalement désorientée, je n’ai qu’une envie, c’est serrer dans mes bras mes enfants et leur dire combien je les aime. J’ai eu la nausée de la première à la dernière phrase. Se retrouver dans la tête de Bucsko, ce pédophile drogué et malade est troublant. Connaître le cheminement de sa pensée à chaque étape, du choix de la petite fille, pourquoi elle, la manière qu’il a de l’aborder, de l’amadouer. Vivre l’enlèvement, rouage parfait, les premières heures d’enfermement.

On passe également dans la tête de Caroline, magnifique petite fillette de 8 ans, enlevée alors qu’elle revenait de l’école et achetait le pain, fière de faire ses premiers pas dans la rue sans maman. Ses premières heures de détention, où elle croit encore qu’une échappée est possible, que ce monsieur ne lui fera aucun mal.

La manière qu’à Bucsko de s’en faire son jouet, sa chose, ce monstre qui manipule Caroline, à grand renfort de coups, de menaces et d’héroïne.

C’est glauque, noir, la peur et le dégoût s’infiltrent dans tous nos pores. C’est diablement bien écrit. La plume est nette, efficace, comme je les aime.

Un livre qui induit de la reflexion, qui fait reflechir et qui terrifie. Parce que terriblement réaliste. En le refermant, j’ai eu une pensée pour tous ces enfants enlevés jamais retrouvé et pour leur famille.

Ames sensibles fuyez. Les autres, allez y.

 

2 réflexions sur “« Buczko » de Loana HOARAU

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