« Quais du polar » 29 – 30 – 31 mars 2019 Jour 3 : 31 mars 2019

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Voilà, dernière journée. J’ai bien l’intention d’en profiter au maximum !!

 

On commence la journée par une conférence :

Les experts version XIXème : quand la littérature s’intéresse à la naissance de la criminologie.

Avec Coline Gatel, auteure, et Fabrice Cotelle, commissaire de police et chef d’état major de la police technique et scientifique d’Ecully.

 

Une salle magnifique, comme toujours…

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Visez-moi ce plafond !

Bon, une fois l’émerveillement de la découverte de la salle et l’installation des intervenants, j’ai pu boire les paroles de Coline et de Fabrice.

J’ai adoré leur définition totalement à l’opposée de la criminologie :

Pour Coline, la criminologie n’a rien de scientifique. C’est un mot magique permettant d’accéder à de multiples idées romanesques.

Alors que pour Fabrice, la criminologie est une matière scientifique. Ce qui est passionnant, c’est de définir si le milieu dans lequel on vit fait qu’on devient criminel, ou pas ?

Les premiers scientifiques à se pencher sur la criminologie sont largement évoqués.

Alexandre Lacassagne, médecin légiste, l’un des fondateurs de l’anthropologie criminelle, est une personne fabuleuse, à la fois scientifique et décalée. Le début du XXème siècle est une période très effervescente et l’arrivée de nombreux outils.

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Alphonse Bertillon, quant à lui, est le fondateur, en 1882, du premier laboratoire de police d’identification criminelle et le créateur de l’anthropométrie judiciaire, appelée « système Bertillon » ou « bertillonnage », un système d’identification rapidement adopté dans toute l’Europe, puis aux États-Unis, et utilisé en France jusqu’en 1970.

Les romans de Coline se déroulent à cette époque. Elle avoue faire énormément de recherche sur internet, qui est une banque de données formidable, et qui lui permet de s’imprégner de l’esprit des gens à cette époque. Son objectif est de se rapprocher le plus possible de la réalité, en mêlant le réel et la fiction.

Concernant les incohérences les plus souvent relevées dans les polars, Fabrice nous explique que dans la police, il y a toujours un binôme constitué d’un enquêteur et d’un policier scientifique, les deux métiers étant totalement différents et ne pouvant pas être menés par une seule et même personne. Or, bien souvent, dans les romans, il n’y a qu’une seule personne pour ces deux casquettes. Auteurs, revoyez votre copie ! Il avoue être souvent sollicité par des auteurs, non pas sur les techniques utilisées (pour cela internet joue très bien son rôle), mais plus pour l’environnement, ou encore le contexte général.

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Fabrice nous raconte comment l’enquête commence sur la scène de crime, en figeant cette scène et en cherchant les premiers indices. Bertillon amènera la photographie très calibrée de cette scène de crime. Ces bases sont restées les mêmes aujourd’hui encore. Les techniques ont évoluées, mais c’est tout.

Tout criminel laisse des traces sur la scène du crime, mais repart également avec des traces de la scène de crime.

Le bateau morgue, amarré sur le Rhône, en aval de l’Hôtel Dieu, était à l’époque, le seul institut médico-légal disponible, ultra sordide, sans aucune décence ni règles d’hygiène. Les corps étaient maintenus dans une fraîcheur toute relative à l’aide de pains de glace. Bonjour les odeurs pour les riverains ! Ce bateau à coulé vers 1910, l’IML a été construit à la suite de cet évènement (moi, ça me passionne cette histoire. J’irai sans doute regarder cela de beaucoup plus près sur internet !).

Les évolutions actuelles sont également très bien expliquées. Avec la découverte de l’ADN, le quotidien des criminologues d’aujourd’hui n’a plus grand chose à voir avec celui de la fin du XIXè siècle.

En effet, grâce à l’ADN, le fichier comporte 3 millions de personne et a permis l’identification de 35 000 criminels. Les perspectives sont énormes, et depuis 2010, l’ADN de contact a révolutionné l’utilisation de l’ADN contre la délinquance de masse. Cela permet de déterminer des caractéristiques morphologiques à partir d’un prélèvement d’ADN sur une scène de crime. Une sorte de « Qui est ce ? » version meurtrier : il est blond, dégarni, les yeux bleus, probablement myope et mesure entre 1m80 et 1m90. A ce stade de la conférence, je me dis que j’ai vraiment raté ma vocation ! C’est passionnant !

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Fabrice ajoute qu’il n’y a pas de reine des preuves, mais que l’ADN s’y rapproche quand même pas mal !

Le traçage numérique est également abordé. En effet, nous vivons dans un monde ultra-connecté, on est tracé partout, et cela concerne tout le monde, contrairement au fichier ADN de la police. Les montres connectées, les smartphones, et même nos voitures. Tout cela donne de nouvelles informations précieuses aux enquêteurs.

Coline souligne qu’à la fin du XIXème siècle, pour tenter de résoudre un crime, il n’y avait que l’autopsie. Donc, bien souvent, les enquêteurs étaient des médecins. Aujourd’hui, ce sont d’autres techniques, et d’autres métiers qui servent la police scientifique. Pour élargir un peu hors de nos frontières, l’Argentine et Scotland Yard, pour ne citer qu’elles, étaient plus en avance que la France niveau technique.

Voilà, l’heure est déjà terminée, j’aurai bien passé la journée à les écouter ! J’ai surkiffé cette conférence.

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On repart dans la fosse aux lions !

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Adlene Meddi

Journaliste et écrivain algérien, il a sorti son troisième roman en 2017, « 1994 », pour lequel il a reçu le prix Transfuge 2018 du meilleur polar francophone.

 

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Ahmed Tiab

Auteur algérien vivant en France depuis les années 1990, Ahmed a publié cinq romans, dont le dernier, « Pour donner la mort, tapez 1 », nous entraîne dans les rapports complexes entre parents et adolescents, confrontés à la brutalité nouvelle du monde. Un roman implacable… mais d’où l’humanité n’est jamais absente.

 

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André Buffard

Cet avocat stéphanois dont le nom est associé à quelques-uns des plus grands procès de ces quarante dernières années (il a défendu le terroriste Carlos, Pierre Chanal (les disparus de Mourmelon), mais aussi certains membres d’Action Directe) fait une entrée fracassante dans le monde du polar.

 

 

 

 

 

Christo Markogiannakis

Ancien avocat pénaliste, ce grec publie des romans policiers mêlant le crime à l’art. En 2017, il a publié un essai intitulé « Scènes de crime au Louvre »  qui analyse la représentation du crime dans les tableaux du Louvre, et qui a reçu un très bon accueil critique.

 

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Colin Niel et Olivier Truc

Colin Niel a travaillé en Guyane à la création du Parc amazonien durant plusieurs années. Sa série guyanaise multiprimée met en scène le personnage d’André Anato, un gendarme noir-marron à la recherche de ses origines.
En 2017 il publie « Seules les bêtes », pour lequel il reçoit le prix Landerneau Polar ainsi que le prix Polar en Séries.

Olivier Truc, journaliste français, vit à Stockholm depuis 1994 où il est le correspondant du Monde. Spécialiste des pays nordiques et baltes, il est également documentariste.

 

david khara

David Khara

chopé juste avant qu’il ne reparte pour Rennes. Trop contente de t’avoir recroisé.

 

 

 

 

Frédéric Paulin

Son roman « La guerre est une ruse » remporte le prix des lecteurs Quais du polar/20 minutes.

 

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Hop un petit selfie en passant avec les copines et Sonja Delzongle. Selfie à 5, faut pouvoir y arriver. Toutes les têtes sont là ouf !

 

 

 

 

Ian Manook

En 2013, il signe un roman policier intitulé « Yeruldelgger ». Les aventures du commissaire mongol éponyme lui ont valu pas moins de seize prix dont le Prix SNCF du polar 2014. Lesdites aventures se poursuivent dans « Les Temps sauvages », paru en 2015 et récompensé par un nouveau prix et « La Mort nomade » (2016).

 

 

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Marin Ledun

La plupart de ses romans évoquent la crise contemporaine et ses conséquences sociales.

 

 

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Michel Bussi

Je l’ai harponné dans les allées, il n’a pas eu le choix lol ! Il n’aurait pas refusé de toutes manières, il est adorable !

 

 

 

 

 

Sandrine Colette

Elle est devenue l’un des grands noms du thriller français, elle a montré son savoir-faire imparable dans « Six fourmis blanches » (2015).

« Il reste la poussière » (2016) obtient le Prix Landerneau du polar. En 2017 paraît « Les larmes noires sur la terre », et « Animal », né en mars 2019 a déjà des critiques plus qu’élogieuses.

 

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Sara Lovestam

Elle s’impose comme l’une des nouvelles voix littéraires suédoises.

 

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Sophie Henaff

Journaliste à Cosmopolitan où elle tient la fameuse Cosmoliste, elle est l’auteur de « Poulets Grillés », un premier roman qui a obtenu le prix Polars en série, le prix Arsène Lupin 2015 et le prix du meilleur polar francophone, et de sa suite « Rester groupés », paru en 2016.

 

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Thomas Cantaloube

Il a une belle carrière de journaliste à son actif, depuis 2008, il couvre l’actualité internationale pour le journal Médiapart, effectuant de multiples reportages à l’étranger. Son premier roman, »Requiem pour une république », sorti en 2019, s’attaque à un projet aussi ambitieux que complexe.

 

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Yrsa Sigurdardottir

(à vos souhaits ! Décidément, j’adore les auteurs nordiques avec leurs noms totalement bizarres !)

Cette islandaise est l’auteure de romans pour la jeunesse et de polars. Elle a tenu le poste de responsable technique sur un très gros projet de construction hydro-électrique en Islande, où les tempêtes hivernales et le blizzard empêchaient souvent tout déplacement… pas étonnant dès lors, qu’elle ait su peindre à merveille l’atmosphère d’un site isolé.

 

 

 

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Mo Malo et Ragnar Jonasson

Mo Malo est l’auteur de nombreux ouvrages, sous d’autres identités. Tiens tiens, si on faisait un « Qui est ce ? », version Mo Malo ???

Ragnar Jonasson, islandais, est l’auteur d’une série policière, Dark Iceland, dont l’intrigue se déroule à Siglufjördur, la ville la plus au nord de l’Islande, d’où sont originaires ses grands-parents et où a grandi son père. Le premier tome de la série, « Snjór » (Snjóblinda), est paru en 2010.

 

 

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Les bodygards ! Me voilà bien entourée !!

 

 

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Et un autre selfie au vol avec les copines et Ragnar, qui n’a de glacial que le pays d’origine ! Il va me réconcilier avec les auteurs nordiques, bannis de ma bibliothèque suite à ma déconvenue avec un certain goujat norvégien n’ayant aucun respect pour ses lecteurs, dont je ne citerai même pas le nom, mais certain sauront de qui je parle, je n’étais pas la seule à vivre ça !

 

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Patricia Tourancheau

Chef de la rubrique police, banditisme et faits divers à Libération pendant vingt-neuf ans, elle a été la première journaliste autorisée à passer douze jours en immersion à la Crim’.

 

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Olivier Norek,

trouvé sur les marches, au moment de partir !

 

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Avec Ségolène, blogueuse St Bernard. Qu’est ce qu’on a rigolé. Ça m’a fait trop plaisir de te revoir ! D’ailleurs si vous avez envie de découvrir son travail, c’est par ici : les lectures de Pampoune.

Une dernière conférence pour la route :

Peuples du monde, mondialité des imaginaires.

Avec Mo Malo, Eric Plamondon, Gilles Stassart et Olivier Truc

Dans chacun des romans des auteurs présents, le paysage, les décors, sont des personnages à part entière. Il est vrai que ces contrées sont fascinantes. Mais il faut se méfier de l’image de carte postale que l’on peut avoir. Le Nunavut, territoire du Canada du Nord, décrit par Gilles Stassart, est le lieu de vie d’une société d’une violence extrême.

Mo Malo a fait appel aux conseils d’un glaciologue pour donner de la matière à ses icebergs et sa nouvelle technique culinaire de cuisson : à l’étouffée mais à froid. Le tout dans un Groenland glaçant…et glacé.

Pour Olivier Truc, il était important de développer le côté humain, et de tenter de comprendre pourquoi les gens restent habiter dans ces contrées totalement hostiles à l’homme.

Une description des personnages principaux est réalisée, et pose les bases de questionnements culturels, géographiques et sociaux. L’hybridation des cultures, vue sous l’œil de Gilles Stassart, avec la vie à l’américaine proposée aux inuits, dont l’avenir devient plus qu’incertain, la négation de l’identité de l’autre et le cheminement de l’appartenance, abordés par Eric Plamondon, ou encore la déculturation du peuple inuit selon Mo Malo, ont permis de sonder tous ces points et d’avoir une réflexion vraiment intéressante et constructive.

Cela nous a fait prendre conscience que le rapport au monde de ces peuples est totalement différent du nôtre. Comment garder un échange cohérent avec la nature et l’environnement lorsque vous êtes forcés à vous sédentariser ? Avoir un pied dans une culture et l’autre pied dans une autre est trop complexe.

Comment trouver le juste équilibre entre la modernisation à outrance et la préservation d’un écosystème essentiel à la survie de nous tous ? Le choc des civilisations est terrible. Les inuits sont résignés, un brin fatalistes, ils s’adaptent. Ils se sont toujours adaptés à leur environnement, c’est une question de survie pour eux. Ils continuent, même si aujourd’hui, le danger vient d’ailleurs.

Une conférence enrichissante, une prise de conscience, la découverte d’un monde.

 

 

 

Les auteurs croisés en off :

Ils ne font pas les Quais, mais ils étaient là en tant que visiteurs. Et j’ai eu la chance de les croiser durant le week end !

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Wendall Utroi

 

vincent lahouze

Vincent Lahouze

 

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Cendrine Bertani

 

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Johana Gustawson

 

 

 

Bilan global de ces Quais :

Le kiff total ! Des rencontres riches et magiques, des conférences à la hauteur, des auteurs disponibles malgré la foule. Des regrets tout de même, celui d’avoir loupé des blogueurs et des lecteurs, par manque de temps. A quand des Quais sur une semaine ? Bon allez, plus 362 jours et on y retourne !!!

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Retrouvez mes autres articles sur les Quais :

Blogueuse aux quais du polar

« Quais du polar » 29 – 30 – 31 mars 2019 Jour 1 : 29 mars 2019

« Quais du polar » 29 – 30 – 31 mars 2019 Jour 2 : 30 mars 2019

6 réflexions sur “« Quais du polar » 29 – 30 – 31 mars 2019 Jour 3 : 31 mars 2019

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