« Le bûcher de Mooréa » de Patrice GUIRAO

Informations :

Titre : le bûcher de Mooréa

Auteur : Patrice Guirao

Éditeur : Robert Laffont La bête Noire

Nombre de pages : 324 pages

Format  et prix : broché 19 € / numérique 12.99 €

Date de publication : 16 mai 2019

Genre : thriller

Résumé :

Dans le lagon de Moorea, les eaux calmes et bleues bercent quelques voiliers tranquilles. Les cocotiers dansent au vent. Les tiarés exhalent leur parfum. Pourtant, à l’abri de la forêt, des flammes se fraient un chemin vers le ciel. Lilith Tereia, jeune photographe, tourne son appareil vers le bûcher. Devant son objectif, des bras, des jambes, des troncs se consument. Et quatre têtes. Pour quels dieux peut-on faire aujourd’hui de tels sacrifices ? Avec Maema, journaliste au quotidien de Tahiti, Lilith est happée dans le tourbillon de l’enquête. Les deux vahinés croiseront le chemin d’un homme venu de France chercher une autre vie. Un homme qui tutoie la mort.

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Mon avis :

En ce début de vacances d’été, une virée dans les lagons de Tahiti, ça vous tente ? Attention tout de même, il y aura des meurtres un peu gore à élucider, mais promis, l’évasion sera au rendez-vous. Un collier de fleurs de tiaré autour du cou, on revêt un joli paréo coloré, et on part se promener sur la plage, à l’abri des cocotiers et des palmiers, avec comme seul horizon le magnifique camaïeu bleu du lagon. Vous y êtes ? Parfait !

Le roman « noir azur », ce type de récit novateur mélangeant une intrigue policière dans un lieu paradisiaque va me plaire et assouvir ma soif d’évasion et de nouveauté, c’est certain !

La culture polynésienne n’aura plus de secret pour nous, merci à l’auteur pour le glossaire en fin de roman, cela m’a évité de chercher sur internet la signification des mots. L’immersion est totale, aussi bien géographiquement que culturellement. On va appréhender le Mana, ce pouvoir mystique, racine même de la dualité entre la vie et la mort. Au cœur des croyances et des traditions, Lilith, photographe pigiste de 27 ans et son amie et collègue, Maema, journaliste culturelle, vont tenter de résoudre un crime sordide. Une enquête qui va les mener jusqu’au darknet où elles vont y laisser leur âme et leurs tripes (et moi aussi par la même occasion).

Deux univers totalement différents progressent côte à côte, d’une part celui des investigations menées par Lilith et Maema, et d’autre part, celui de Nael, homme tourmenté et psychopathe sur les bords. Sa rencontre avec Gaspard (je vous laisse découvrir qui il est !) va l’entraîner dans une fuite macabre et machiavélique. Longtemps j’ai cherché le rapport pouvant lier ces deux pans du roman. Je ne m’attendais pas à cela !

Au fur et à mesure que j’entrais dans ma lecture, je me suis rappelée le drame de Faaite qui s’est déroulé en 1987. Je ne sais pas si l’auteur a voulu rendre hommage aux victimes de ce drame, toujours est-il que pour moi, ce roman a une connotation bien différente d’une simple fiction.

A priori, c’est le premier tome d’une série mettant en scène Lilith. Voilà un personnage que je serai ravie de retrouver ! Je l’ai trouvée touchante, à la fois émotive et déterminée. Je suis avide de découvrir de quelle manière elle va évoluer.

Les autres personnages sont tous façonnés avec beaucoup d’épaisseur, que ce soit l’oncle Raymond, en vieux sage aux réparties savoureuses, en passant par Nael, dont le passé pourrait expliquer ses actes présents. Gaspard a son rôle a jouer dans ce drame : et Patrice laisse le choix de son interprétation au lecteur. Deux écoles s’affronteront, je pense : la subtilité résidant dans la propension de pouvoir accepter la vision proposée ou non.

Avec sa plume légère, agréable, Patrice nous propose un voyage haletant, rythmé, loin des cartes postales, complètement dépaysant qui ne vous laissera pas indifférent. Il confronte le lecteur à la réalité de cette île, au chômage, à la délinquance et à la pauvreté, loin des vahinés. J’ai trouvé le style poétique, Patrice utilise de belles métaphores et les descriptions de l’île sont très « visuelles » et détaillées. Tout est parfaitement nuancé, entre le cadre idyllique et le sang qui suinte et dégouline. Patrice ménage un tant soi peu son lecteur pour ne pas le faire finir sur le bûcher à son tour ! La maîtrise est parfaite, chapeau !

La Bête Noire a encore frappé ! J’attends la sortie de la suite, prévue il me semble pour début 2020, avec une grande impatience !

 

En bref :

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : la couverture ! Je la trouve géniale. Elle m’a donné envie de lire le résumé et j’ai été séduite par la perspective de ce voyage à Tahiti !

Auteur connu : inconnu total. Je me suis laissée tenter par la couverture et la renommée de La Bête Noire, en général, je ne suis jamais déçue des choix éditoriaux de Glenn Tavennec.

Émotions ressenties lors de la lecture : envie (de faire mes bagages !), oppression, dégoût ( certaines scènes sont assez gore, je dois bien l’admettre), peur, et même un soupçon de terreur.

Ce que j’ai moins aimé : le dénouement présenté de façon un peu trop abrupte pour moi. J’aurai aimé un peu plus de finesse.

Les plus : l’immersion en Polynésie, les détails de cette culture, les descriptions qui font rêver, les personnages, la pointe de fantastique à double interprétation.

Je remercie les Éditions Robert Laffont et sa collection La Bête Noire, ainsi que NetGalley pour cette lecture.

#NetGalleyFrance

#LeBûcherDeMoorea

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