« La fabrique de poupées » d’Elizabeth McNEAL

Informations :

Titre : la fabrique de poupées

Auteur : Elizabeth McNeal

Éditeur : Presses de la Cité

Nombre de pages : 447 pages

Format  et prix : broché  22 € / numérique 7.99 €

Date de publication : 3 octobre 2019

Genre : littérature anglaise

Résumé :

Londres, 1850. L’Exposition universelle va bientôt ouvrir ses portes dans le tout nouveau Crystal Palace, et les badauds se pressent pour venir admirer cette merveille. Parmi eux, Iris, modeste employée dans un magasin de poupées, à la beauté mâtinée de difformité, qui rêve de devenir artiste peintre. Et puis il y a Silas, taxidermiste amateur de macabre et de curiosités, désireux d’y exposer ses créatures. Ces deux-là se croisent, et leurs destins en seront à jamais bouleversés. Iris accepte bientôt de poser pour Louis Frost, un jeune peintre préraphaélite. Avec lui, le champ des possibles s’élargit, et le modèle, avide de liberté, découvre peu à peu l’art et l’amour. Mais c’est compter sans Silas, qui rôde non loin de là, tapi dans l’ombre, et n’a qu’une idée : faire sienne celle qui occupe toutes ses pensées, jusqu’à l’obsession…

Campée dans un Londres à la Dickens, La Fabrique de poupées met en scène la détermination d’une femme à s’affranchir de sa condition. C’est aussi un conte cruel, raffiné et résolument moderne, au suspense maîtrisé, qui explore avec une précision chirurgicale les frontières entre l’amour, le désir et la possession.

 

Mon avis :

Nous voilà propulsé dans le Londres de la fin du XIXè siècle. A la veille de l’Exposition Universelle de 1851, qui aura lieu au Crystal Palace, et avec la révolution artistique dirigée par la soi-disant fraternité préraphaélite en toile de fond. La Révolution Industrielle a amélioré la qualité de vie des londoniens, même si ce n’est pas mirobolant non plus. Elizabeth Mcneal nous propose une image étonnamment vivante du sous-sol victorien alliant le glamour et la misère.

Silas Reed, taxidermiste, tient une boutique de curiosités, constamment à la recherche de LA pièce de collection rare qu’il pourrait présenter lors de l’Exposition Universelle. Albie est son fournisseur d’animaux morts. Quelques rues plus loin, Iris Whittle passe ses journées à peindre des poupées de porcelaine avec sa sœur jumelle, Rose, pour Mme Salter, accro au laudanum qui traite les sœurs comme des esclaves. Iris rêve de devenir un véritable peintre.

Ce roman, c’est avant tout l’ambiance. Pour moi, cela a été une vraie joie de me retrouver dans les rues de Londres en compagnie des personnages. Les descriptions sont en effet d’un réalisme surprenant. J’avais vraiment l’impression de « voir » les lieux. Pourtant, je suis pas très fan de Londres. C’est donc un vrai coup de maître de la part de l’auteur me concernant !! La force de ce roman est bien là : son absolue crédibilité. Et bien qu’il se situe dans une époque révolue, les événements du roman pourraient arriver aux femmes d’aujourd’hui.

J’ai adoré les passages racontant le travail de confection des poupées d’Iris, ou encore les séances de peinture de Louis. Ce monde artistique est passionnant. Nous sommes aussi confrontés à un certain goût du macabre : en effet, Iris a une clavicule déformée, Rose, victime de la vérole, en a gardé de nombreuses séquelles, provoquant un certain malaise. La lutte des classes, la condition féminine, l’amour, la liberté, tous ces thèmes se rejoignent pour nous offrir une magnifique fresque, qui se transforme en thriller dans sa seconde moitié. Et c’est également une histoire d’amour, atypique certes, mais tout de même. Tout le monde a droit à l’amour, vous ne trouvez pas ? Et il est la quête de tous nos protagonistes.

Les personnages sont très réalistes. On ne peut pas s’empêcher de s’attacher à eux. Le petit Albie m’a beaucoup émue, fouinant le moindre sous pour pouvoir se payer un dentier. Ce gamin des rues m’a trop fait penser au Gavroche de Victor Hugo. J’ai adoré Silas. OK, ceux qui liront ce livre me diront que je suis dingue. Car Silas, c’est le savant fou de ce roman, le psychopathe. Malgré ses déviances, je l’ai trouvé très fascinant. Car son passé a façonné son présent, et même si je ne cautionne pas son acte, je le comprends. Quant à Iris, elle est une femme intelligente et talentueuse avec ses propres ambitions. Contrairement à Rose, qui se résigne à une vie malheureuse et humble, Iris ne souscrit pas aux conventions. L’opposition entre les deux sœurs est intéressant à suivre lui aussi.

L’écriture est fluide, légère, charmeuse et très photographique. C’est le premier roman d’Elizabeth et j’avoue avoir été agréablement surprise de la qualité de sa plume. Elle a mis beaucoup d’enthousiasme dans son roman, et on le ressent complètement lors de la lecture.

La couverture est juste magnifique. Elle reprend bien le thème du roman, la beauté que l’on veut garder sous cloche pour la conserver éternellement.

Un roman très riche que je ne peux que vous conseiller chaudement.

Je remercie les Éditions Presses de la Cité et NetGalley pour cette belle lecture.

#LaFabriqueDesPoupées #NetGalleyFrance

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En bref :

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : encore un coup de cœur pour une couverture ! C’est elle qui m’a poussée à lire le résumé.

Auteur connu : pas du tout, c’est son premier roman. Une belle découverte pour moi.

Émotions ressenties lors de la lecture : j’ai ressenti une profonde fascination pour cet univers, beaucoup d’empathie pour chacun des personnages. Il y a eu des moments de désespoir face à cette classe sociale en grand difficulté tout de même. Pas mal de pitié pour le petit Albie.

Ce que j’ai moins aimé : la fin (je ne veux pas spoiler, je ne dirais rien de plus).

Les plus : l’ambiance, les personnages, le côté très cinématographique.

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