« Laisse le monde tomber » de Jacques-Olivier BOSCO

Informations :

Titre : laisse le monde tomber

Auteur : Jacques-Olivier Bosco

Éditeur : French Pulp

Nombre de pages : 372 pages

Format  et prix : broché 19 €

Date de publication : 24 octobre 2019

Genre : thriller

Résumé :

À travers une succession de crimes dignes du Chien des Baskerville, de jeunes policiers vont être confrontés à la violence sociale et humaine d’une grande cité de banlieue. « Et la violence ne se combat pas par la violence… » ; c’est ce qu’aimerait prouver Jef, le flic idéaliste et lâche, mais sa collègue Hélène, bouffie de mal-être, a de la rage à revendre, quant à Tracy dont le frère est mort lors des attentats de Paris, c’est de vengeance dont elle rêve. Dans un thriller ténébreux et spectaculaire, leurs voix, celles des retraités, parents, filles et fils de banlieue vont s’exprimer avec lucidité et mélancolie. « Comment rester humain dans un monde qui vous déteste ? » Une enquête où se multiplient les pertes et les désillusions, pour un final de guerre.

Mon avis :

On ne peut pas dire que ce nouveau roman de JOB soit une bouffée d’air frais ! Dès les premières pages, le ton est donné et on sait que l’on a embarqué pour une virée noire, très noire. Tout est sombre, usé, élimé, froid, sale. Même une dose d’héroïne ne peut pas nous faire oublier toute cette rage.

Des meurtres atroces, une enquête ayant pour cadre une cité de la banlieue parisienne où ce sont les dealers qui font la loi, une équipe de flics qui tente d’avancer cahin-caha, le rythme est d’une intensité folle. Sinon, on respire quand ?

Nos personnages sont tourmentés au possible. Ils se dévoilent au fil des pages, on apprend à les connaître, on espère pouvoir apaiser leurs souffrances. Jef Lenantais cache un passé dont il n’est pas fier, et grande est la tentation de noyer son chagrin dans l’alcool. Il reste un bon flic, j’avoue m’être prise d’affection pour ce mec bourru et à l’apparence dépenaillée. Notre équipe est composée également de deux femmes, Tracy et Hélène (surnommée « La Trique »), qui ont un caractère bien trempé, qui n’ont pas froid aux yeux et ne sont pas avares de prise de risque. Cela fait plaisir !

Le découpage du roman est également atypique. Pas de chapitres non. Mais un découpage par lettre de bâtiments, labyrinthe de ce territoire, où la boussole serait presque de mise, avec des recoins où la mort nous guette, tapie dans l’ombre, attendant le bon moment pour sortir ses crocs.

L’écriture est vive, incisive et glaçante, elle dissèque la face sombre de notre société, nous mettant face à nos responsabilités. Il faut bien se l’avouer. On a laissé la situation se dégrader dans les cités, les gens s’y noyer, et le constat est terrifiant. A travers un récit d’une noirceur absolue, JOB dresse un portrait oh combien réaliste de notre société. L’ambiance est vraiment glauque. La cité, avec ses lois, ses caïds, un monde à part dans lequel la police n’est pas la bienvenue et où la violence est omniprésente. On a l’impression d’être dans un numéro d »Envoyé Spécial ». Car au-delà de cette horreur quotidienne, des familles respectables vivent dans ces immeubles, travaillent, élèvent des enfants. On le sait, mais de le voir décrit, on ressort le cœur en charpille. Glaçant !

A travers toute cette violence, notre trio d’enquêteurs part à la chasse d’un tueur à l’organisation implacable et à la cruauté sans limites. Constamment sur le terrain, sans répit, le lecteur devient une pièce maîtresse en se joignant aux flics, en devenant l’un d’entre eux, n’hésitant pas à se rendre sur une scène de crime atroce, pour tenter de découvrir la vérité. Le lecteur subit le rythme imposé, l’augmentant encore en tournant les pages de plus en plus vite suivant la progression de l’enquête.

Une lecture qui se dévore avec avidité, je n’ai pas eu le temps de dire ouf que je l’avais déjà terminée. Ah oui, j’oubliais de préciser, faites gaffe à la fin, elle est, comment dire, …., je vous laisse la découvrir 😀.

Amateurs de roman noir, foncez. C’est un régal !

Je remercie les Éditions French Pulp et NetGalley pour cette lecture.

#NetGalleyFrance  #LaisseLeMondeTomber

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En bref :

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : l’auteur bien sûr ! Je n’ai même pas lu le résumé !

Auteur connu : j’ai eu la chance de rencontrer JOB à plusieurs reprises :

Sang d’Encre de Vienne 2018

JOB

Quais du polar 2017

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J’aime beaucoup son univers littéraire, voici les chroniques de ses deux derniers romans :

« Coupable »  et « Brutale »

Émotions ressenties lors de la lecture : quelle angoisse ! Déjà que j’ai peur des chiens, là, je ne vous raconte pas ! Le moindre basset que je croise, je prends mes jambes à mon cou 😀! J’ai lu ce livre en apnée, angoissée, flippée, la palette de mes émotions était aussi noire que ce récit. Et vous savez quoi ? J’ai adoré !

Ce que j’ai moins aimé : quelques incohérences ou des détails insignifiants qui auraient pu être omis et qui m’ont quelque peu embrouillée, mais rien de gênant.

Les plus : la plume, le rythme, l’histoire. Il y a peu de roman traitant des problèmes des cités de cette manière. Bien qu’extrêmement noire, JOB a néanmoins réussi à retransmettre beaucoup d’humanité dans cette histoire.

Une réflexion sur “« Laisse le monde tomber » de Jacques-Olivier BOSCO

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