Informations
Titre : Deuil de sel
Auteur : Cécile Baudin
Éditeur : Les Presses de la Cité
Nombre de pages : 400 pages
Formats et prix : broché 22 € / numérique 13.99 €
Date de publication : 19 mars 2026
Genre : thriller historique
Résumé
Les actes du passé laissent immanquablement des traces dans le présent…
1960.
La paisible commune de Salins-les-Bains est le théâtre d’étranges événements : disparition de chats, lettres d’un corbeau… Bientôt, un accident aux allures de suicide secoue la ville, puis un meurtre est perpétré. Le coupable est arrêté, mais Christian Roche, le jeune curé de la paroisse, décide de suivre une autre piste : n’est-il pas celui à qui tous se confessent ?
2025.
Claire Le Vaillant, généalogiste successorale à Lyon, se voit confier un dossier important. Avec l’aide de » Junior « , son assistant, elle doit reconstituer la généalogie d’une défunte sans héritiers connus, dont elle découvre que la mère se serait suicidée en 1960 à Salins-les-Bains. Leur enquête, complexe, va recouper celle du père Roche, et leurs propres recherches éclaireront d’un jour nouveau les événements de cette année fatidique.
Première enquête de Claire Le Vaillant. Une intrigue parfaitement maîtrisée, étayée par des recherches documentaires scientifiques et patrimoniales pointues.
Mon avis
❤️ Alerte au coup de cœur ! ❤️
Une enquête généalogique passionnante entre secrets de famille et mémoire du passé
J’attendais ce nouveau roman de Cécile Baudin avec une certaine impatience. Depuis ses premiers livres, je suis avec beaucoup d’intérêt le travail de cette auteure qui parvient toujours à mêler rigueur historique, intrigue captivante et mise en lumière de métiers ou de savoir-faire méconnus. J’ai d’ailleurs eu le plaisir de la rencontrer récemment lors des Quais du Polar, un moment qui n’a fait que renforcer mon envie de découvrir ce nouveau titre.
Avec « Deuil de sel », Cécile Baudin nous entraîne dans une enquête fascinante qui relie deux époques séparées par plus de soixante ans. Un roman où les secrets de famille, les non-dits et les conséquences des actes passés s’entremêlent avec une remarquable maîtrise.
Et pour ma part, c’est un coup de cœur !
Une intrigue construite sur deux temporalités
L’histoire débute en 1960 à Salins-les-Bains, petite commune jurassienne en apparence paisible. Pourtant, d’étranges événements viennent troubler la tranquillité des habitants : des chats disparaissent mystérieusement, des lettres anonymes signées d’un corbeau circulent, puis surviennent une mort présentée comme un suicide et, bientôt, un meurtre.
Si un suspect est rapidement arrêté, le jeune curé Christian Roche refuse de s’en tenir à la version officielle. Après tout, il est celui qui recueille les confidences des habitants et connaît leurs secrets les plus enfouis. Convaincu que la vérité est ailleurs, il poursuit discrètement ses propres recherches.
En parallèle, nous faisons la connaissance de Claire Le Vaillant en 2025. Généalogiste successorale à Lyon, elle est chargée d’une affaire complexe : retrouver les héritiers d’une femme décédée sans descendance connue. Très vite, ses investigations la conduisent jusqu’à Salins-les-Bains et à une mystérieuse histoire datant de 1960…
Peu à peu, les deux enquêtes se répondent, se complètent et finissent par s’imbriquer avec une précision remarquable.
Une immersion passionnante dans l’univers du sel
L’un des aspects que j’ai appréciés dans ce roman est tout le travail documentaire consacré au sel.
Avant cette lecture, je connaissais évidemment l’importance historique du sel, mais je ne mesurais pas réellement l’ampleur de son exploitation ni les méthodes utilisées pour sa production à Salins-les-Bains. À travers son intrigue, Cécile Baudin nous fait découvrir tout un patrimoine industriel, économique et humain.
Jamais ces passages ne prennent le pas sur l’histoire. Au contraire, ils enrichissent considérablement le récit et permettent de mieux comprendre l’identité de cette région ainsi que le poids que représente cette activité dans la vie des habitants.
« Rachitiques, asthmatiques, diabétiques, énurétiques, des enfants originaires de toute la France étaient envoyés ici, à Salins, où les eaux thermales promettaient de remédier à leurs maux avec douceur. »
Claire Le Vaillant : une héroïne que l’on a envie de retrouver
S’il y a bien une révélation dans ce roman, c’est Claire Le Vaillant. Quel personnage !
Je connaissais peu (ok, soyons honnête : pas du tout…) le métier de généalogiste successoral avant cette lecture et je dois avouer que j’ai été totalement fascinée par le travail de Claire.
Suivre Claire et son assistant Junior, dans leurs recherches, découvrir comment ils remontent les lignées familiales, recoupent les archives, identifient des descendants oubliés et reconstruisent des histoires familiales parfois effacées depuis plusieurs générations est captivant.
Chaque nouvelle découverte apporte son lot de surprises et relance constamment l’intrigue.
J’ai trouvé ce métier incroyablement romanesque. Derrière chaque acte de naissance, chaque registre ou chaque document ancien se cache une histoire humaine, parfois tragique, parfois bouleversante.
Cécile Baudin réussit à transformer ce travail minutieux en véritable enquête policière moderne.
Et la bonne nouvelle, c’est que cette première enquête de Claire Le Vaillant ne sera pas la dernière ! Une perspective qui me réjouit tant j’ai apprécié ce personnage et l’univers qui l’entoure.
« Claire est têtue. Elle n’a jamais considéré ça comme un défaut. Au contraire, elle estime que ne pas l’être serait ni plus ni moins qu’un manque de rigueur. »
Une enquête parfaitement maîtrisée
Ce qui fait également la force de « Deuil de sel », c’est la construction de son intrigue.
Contrairement à de nombreux romans alternant constamment entre passé et présent, l’auteure fait ici le pari de consacrer la première moitié du livre à l’année 1960, avant de basculer entièrement en 2025 pour la seconde partie. Ce découpage peut surprendre au départ, mais il se révèle particulièrement efficace. En découvrant d’abord les événements du passé, puis en suivant l’enquête généalogique de Claire dans le présent, le lecteur dispose de certaines pièces du puzzle tout en restant dans l’attente de comprendre comment elles vont s’assembler.
Progressivement, chaque pièce trouve naturellement sa place. Les révélations arrivent au bon moment, les fausses pistes sont habilement amenées et l’intérêt ne faiblit jamais.
J’ai particulièrement aimé la manière dont les secrets de famille traversent les décennies. Les actes du passé continuent d’avoir des conséquences bien longtemps après leur accomplissement et c’est précisément cette idée qui donne toute sa profondeur au roman.
« Car la réponse est là, sous ses yeux, tout à la fois espoir et déception. »
Une plume toujours aussi agréable
Comme dans ses précédents romans, j’ai retrouvé avec plaisir la plume de Cécile. Fluide, élégante et accessible. Elle possède ce talent rare de rendre passionnants des sujets parfois très techniques grâce à une narration dynamique et parfaitement documentée.
Le travail de recherche est impressionnant. Chaque information trouve naturellement sa place dans le récit et contribue à renforcer la crédibilité de l’ensemble. On sent derrière chaque page une véritable passion pour l’Histoire, les patrimoines locaux et les destins humains.
Mon avis sur « Deuil de sel »
J’ai adoré découvrir l’univers de la production du sel à Salins-les-Bains, mais j’ai surtout été conquise par la partie contemporaine et par le métier de généalogiste successoral. Claire Le Vaillant est un personnage attachant, compétent et original, que j’ai pris énormément de plaisir à suivre. Elle cache elle aussi un passé trouble, esquissé dans ce roman. Je suis impatiente d’en savoir plus sur elle.
L’intrigue est solide, les personnages sont bien construits et les recherches documentaires apportent une réelle richesse au récit.
Un roman qui mêle enquête, histoire locale, secrets de famille et généalogie avec beaucoup de talent.
Un véritable coup de cœur que je recommande à tous les amateurs de mystères historiques et d’enquêtes atypiques.
Et maintenant, une seule question demeure : quelle sera la prochaine enquête de Claire Le Vaillant ? Ce qui est certain, c’est que j’ai trop hâte !!
« Ensuite, une fois quelle avait validé la réalité de leurs petits secrets, elle envoyait des messages de menace, juste pour le plaisir, sans même monnayer son silence. Comme quoi, l’espèce humaine n’a pas attendu les réseaux sociaux pour laisser libre cours au harcèlement et à la calomnie ! Parfois, je me demande ce qui se serait passé si Facebook avait existé au moment de la Libération… »

En bref…
Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : tout simplement parce que je lis les romans de Cécile Baudin depuis ses débuts et que j’apprécie énormément sa capacité à mêler enquête et Histoire. J’étais particulièrement impatiente de découvrir cette nouvelle intrigue.
Auteur connu : retrouvez mes chroniques de « Marques de fabrique » , « La constance de la louve » et « Dur comme fer », des lectures que je ne peux que vous conseiller chaudement !
Aux derniers Quais du Polar, j’ai enfin eu le plaisir de croiser Cécile en vrai et d’immortaliser ce beau moment. Une rencontre que j’attendais depuis longtemps !

Émotions ressenties lors de la lecture : curiosité, fascination, intérêt, surprise, admiration, tension, émerveillement face aux recherches généalogiques, satisfaction, enthousiasme, passion, émotion, attachement aux personnages. Un carton plein niveau émotionnel !
Ce que j’ai moins aimé : RAS
Les plus : le sujet, le personnage de Claire, la double temporalité, les références historiques, le rythme, la plume, la fin.
Si je suis une âme sensible : pas de soucis. L’accent est davantage mis sur l’enquête, les recherches historiques et la psychologie des personnages.
