Informations
Titre : Ce qu’ils nous ont pris
Auteur : Léa Morenn
Éditeur : Taurnada
Nombre de pages : 233 pages
Formats et prix : poche 10.90 € / numérique 7.99 €
Date de publication : 2 juillet 2026
Genre : Thriller psychologique
Résumé
Un policier brisé. Des enfants qui disparaissent. Un passé qui refuse de mourir.
Suspendu de ses fonctions, Eren Conti devrait ignorer l’enquête qui secoue Paris. Mais il ne peut rester insensible face à ces enlèvements qui lui rappellent son propre drame, cet été 1989 où tout a basculé. Pour lui, c’est une évidence : il se doit d’intervenir.
Plus il avance, et plus l’affaire se transforme en descente aux enfers. Harcelé par des appels anonymes, menacé par ses souvenirs, tiraillé entre sa famille et son obsession, il découvre que la vérité pourrait bien être plus terrifiante que le mensonge.
Un thriller psychologique addictif, qui vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière page.
Mon avis
« Ce qu’ils nous ont pris » de Léa Morenn m’a happée dès les premières pages. Une fois commencé, impossible de le refermer. Je l’ai tout simplement dévoré en une journée.
Avant même d’entrer dans le vif du sujet, j’ai énormément apprécié l’idée de l’auteure : la playlist proposée pour accompagner la lecture. J’aime vraiment ce concept qui permet de créer une ambiance particulière et de renforcer l’immersion dans le récit. C’est un petit détail qui fait toute la différence et qui participe pleinement à l’expérience de lecture.
Un passé qui refuse de disparaître
Enfant, Eren Conti a vécu l’impensable. Enlevé avec son frère Raphaël durant l’été 1989, il est le seul à être retrouvé sept mois plus tard. De Raphaël, aucune trace. Le garçon s’est volatilisé.
Des années après ce drame, Eren est devenu policier, marié et père de deux enfants. En apparence, il s’est construit une vie. Pourtant, son passé continue de le hanter.
Lorsqu’une nouvelle disparition d’enfant secoue Paris, impossible pour lui de rester spectateur. Même suspendu de ses fonctions, il ne peut s’empêcher de mener sa propre enquête. Mais très vite, des lettres anonymes et des menaces viennent raviver des blessures qu’il croyait profondément enfouies.
À partir de là, la tension ne cesse de monter.
« Tout reprendre à zéro. Analyser chaque élément. Ils ont forcément raté quelque chose, un indice qui est là, caché sous leurs yeux et les nargue. Treize mois d’enquête, trois enfants disparus et pas un seul suspect. »
Une construction particulièrement efficace
La construction du récit en fait un excellent page-turner.
Chaque partie est racontée par un narrateur différent : Eren, Elliot (le fils aîné d’Eren), François, son ami d’enfance témoin des enlèvements… Cette multiplicité des points de vue apporte énormément de richesse au récit. Chacun possède ses propres émotions, ses propres interrogations et surtout sa propre part de vérité.
En parallèle, Léa Morenn alterne habilement entre le présent de l’enquête et les événements du passé. Les révélations arrivent progressivement, sans jamais casser le rythme.
Résultat : chaque fin de chapitre donne envie de lire le suivant. On se dit constamment : « encore un chapitre », avant de réaliser que l’on approche déjà de la fin du livre.
Des personnages profondément marqués
Ce qui m’a également plu, c’est la manière dont les traumatismes de l’enfance continuent d’influencer les personnages des décennies plus tard.
Eren est un homme cabossé, incapable de tourner définitivement la page. Son passé imprègne chacune de ses décisions, aussi bien dans son métier que dans sa vie familiale.
En revanche, un aspect m’a davantage dérangée : le fait qu’il soit un ancien alcoolique qui replonge. C’est un ressort narratif que l’on retrouve énormément dans les thrillers mettant en scène des policiers. À force, cela devient un cliché du genre. J’aurais aimé que l’auteure emprunte une autre voie pour montrer les failles de son personnage.
Cela ne gâche pas le roman, mais c’est un point qui m’a plusieurs fois sortie de ma lecture.
« La vérité, c’est que l’alcool anesthésie mes pensées, mes souvenirs les plus sombres. Il endort la tristesse qui sommeille en moi depuis tant d’années. »
Un suspense parfaitement maîtrisé
Pendant une grande partie du roman, je me suis interrogée sur ce qui s’était réellement passé durant cet été 1989.
Les indices sont distillés avec parcimonie. On imagine différentes hypothèses, on change d’avis au fil des chapitres, on croit avoir compris… avant que l’auteure ne nous fasse revoir complètement notre théorie.
Un autre point visant à rendre cette lecture complètement addictive !
La révélation finale m’a véritablement surprise.
Je n’avais absolument pas imaginé cette possibilité. Sans entrer dans les détails, la vérité autour de deux personnages bouleverse complètement la perception que l’on avait de toute l’histoire depuis le début. C’est le genre de révélation qui oblige à repenser de nombreux passages du roman.
Une fin efficace… mais un peu trop expéditive
Si la révélation finale vaut largement le détour, j’ai tout de même ressenti une légère frustration.
J’ai trouvé que les derniers chapitres allaient beaucoup trop vite.
Après une montée en tension parfaitement maîtrisée durant tout le roman, j’aurais aimé que l’auteure prenne davantage le temps de développer les conséquences des révélations.
Surtout, certaines questions restent sans réponse. Tout n’est pas totalement expliqué, ce qui laisse une sensation d’inachevé alors que le potentiel était énorme.
C’est vraiment dommage, car avec une conclusion un peu plus développée, ce thriller aurait frôlé le sans-faute.
Mon avis sur « Ce qu’ils nous ont pris »
Léa Morenn signe un thriller psychologique particulièrement efficace, porté par une narration intelligente, une alternance passé/présent parfaitement maîtrisée et des personnages marqués par leurs blessures.
L’intrigue est addictive du début à la fin et la révélation finale est suffisamment inattendue pour surprendre même les lecteurs habitués au genre.
Je regrette simplement une conclusion un peu trop rapide et le recours au cliché du policier alcoolique, que j’ai trouvé peu original.
Malgré ces quelques bémols, j’ai passé un excellent moment de lecture. C’est le genre de roman qui se lit d’une traite.
Si vous aimez les thrillers psychologiques construits autour des traumatismes de l’enfance, des secrets de famille et des enquêtes où passé et présent s’entremêlent jusqu’au dénouement, « Ce qu’ils nous ont pris » mérite clairement une place dans votre valise pour les vacances !
« On est des gamins et on passe le temps à notre manière. Mais ce jour-là, le 18 juin 1989, un drame allait changer nos vies à jamais. »
Un grand merci aux Editions Taurnada pour cette lecture.

En bref…
Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : le résumé, centré sur les enlèvements d’enfants et les traumatismes de l’enfance, m’a immédiatement intriguée. Et j’avais envie de découvrir la plume de Léa Morenn.
Auteur connu : « Ce qu’ils nous ont pris » est le second roman de Léa.
Émotions ressenties lors de la lecture : suspense, tension, curiosité, angoisse, frustration, surprise, compassion, inquiétude, fascination, impatience.
Ce que j’ai moins aimé : le cliché du flic alcoolique qui replonge, la fin trop abrupte, quelques questions restent sans réponse.
Les plus : le côté page turner, la construction, la playlist, le rythme, la construction, la plume, la révélation finale.
Si je suis une âme sensible : ce roman aborde des sujets difficiles, notamment les enlèvements d’enfants, le traumatisme psychologique, les violences subies durant l’enfance, l’alcoolisme et les conséquences durables des traumatismes.
