« Derrière la chair » de Stanislas PETROSKY

Informations 

Résumé

Rachid, officier dans l’unité de police d’identification des victimes de catastrophes (UPIVC), est appelé sur les lieux d’un carambolage sans précédent au Havre. Une voiture a violemment percuté un bus de tourisme. Bilan : une cinquantaine de morts. Il est rejoint par la commissaire Rosen qui enquête sur un gang de braqueurs appelé les 1000 visages, connu pour leurs grimages et leurs mises en scène. Lorsqu’ils découvrent que le conducteur n’était pas le propriétaire du véhicule à l’origine de l’accident, le mystère s’épaissit.

Mon avis

Il y a des polars que l’on lit pour résoudre une enquête. Et puis il y a ceux qui nous happent pour tout ce qui se déroule autour de l’enquête.

Avec « Derrière la chair », Stanislas Petrosky m’a embarquée dans un univers que je trouve particulièrement fascinant : celui de l’identification des victimes de catastrophes, avec une plongée dans les procédures, les méthodes scientifiques et le travail minutieux de ceux qui interviennent lorsque le chaos a laissé derrière lui des dizaines de victimes.

Et je dois bien l’avouer : je me suis régalée.

Je suis passée tout près du coup de cœur. Il m’a manqué simplement ce petit supplément d’émotion dans la plume qui aurait fait basculer mon ressenti du côté des cinq étoiles.

Un carambolage qui tourne au cauchemar

Tout commence au Havre, avec un accident d’une ampleur effroyable. Une voiture percute violemment un bus de tourisme. Le bilan est terrible : une cinquantaine de morts.

Rachid, officier au sein de l’Unité de police d’identification des victimes de catastrophes (UPIVC), est appelé sur place. Sa mission : participer à l’identification des victimes. Mais rapidement, quelque chose ne colle pas.

Le conducteur du véhicule à l’origine du drame n’est pas son propriétaire. Et tandis que Rachid et ses collègues s’attellent à leur travail d’identification, la commissaire Rosen enquête sur un gang de braqueurs particulièrement insaisissable : les 1000 visages, spécialistes des grimages et des mises en scène.

Accident ? Acte criminel ? Manipulation ?

Le mystère s’épaissit.

Et pourtant, curieusement, ce n’est pas tellement la question de savoir qui est responsable qui m’a tenue en haleine.

La police scientifique : le véritable cœur du roman

Ce que j’ai trouvé absolument passionnant dans « Derrière la chair », c’est tout le travail scientifique qui se cache derrière l’identification des victimes.

Et là, Stanislas Petrosky m’a complètement embarquée.

Les procédures sont détaillées, précises et suffisamment expliquées pour permettre au lecteur de comprendre le travail réalisé par les équipes. On découvre une mécanique extrêmement minutieuse, où chaque élément peut avoir son importance.

Les corps ne sont pas simplement des victimes anonymes qu’il faut compter. Il faut les identifier, croiser les informations, observer, analyser, comparer.

Et derrière chaque corps, il y a surtout une personne, une identité, une famille qui attend de savoir.

J’ai trouvé cette partie du roman passionnante et particulièrement immersive. À tel point que j’ai presque pris des notes pendant ma lecture ! C’est dire.

J’aime beaucoup lorsque le polar permet d’apprendre quelque chose au passage et, ici, j’ai été servie.

Ce roman nous donne véritablement l’impression d’entrer dans les coulisses d’un métier dont on parle finalement assez peu. Et c’est précisément là qu’il a réussi à me captiver.

Une scène d’accident presque viscérale

La scène de l’accident est particulièrement marquante.

Le chaos provoqué par le carambolage est très bien rendu. On ressent la violence du drame, la confusion, l’ampleur de la catastrophe et surtout cette impression de travailler au milieu d’un véritable champ de ruines. C’est presque viscéral.

Stanislas Petrosky ne nous épargne pas complètement, mais surtout, il nous fait comprendre ce que représente concrètement une catastrophe de cette ampleur pour ceux qui doivent intervenir derrière.

Autant vous dire qu’après cette lecture, je ne suis pas certaine d’être très sereine à l’idée de partir en vacances en FlixBus… Voilà, merci Stanislas. 😂

Rachid, un enquêteur que j’ai beaucoup aimé

Parmi les personnages, j’ai particulièrement apprécié Rachid. Il possède ce côté obsessionnel, presque maniaque, qui colle finalement très bien à son métier. Lorsqu’il tient quelque chose, il ne lâche rien. Pire qu’un pitbull sur un os.

Il cherche, il vérifie, il recommence, il creuse encore. Et cette obstination m’a beaucoup plu.

Rachid est le genre de personnage que l’on suit avec plaisir parce qu’on sait qu’il ne va pas abandonner au premier obstacle. Il possède cette ténacité qui fait avancer l’histoire et qui correspond parfaitement au travail minutieux auquel il est confronté.

Face à lui, la commissaire Rosen apporte une autre dynamique. Elle amène une touche de féminité et de douceur dans un roman qui reste malgré tout assez noir. Son personnage vient équilibrer l’ensemble et permet d’apporter une autre sensibilité au récit.

J’ai aimé ce duo, même si, paradoxalement, c’est surtout Rachid et son travail qui ont retenu mon attention.

Une enquête finalement presque secondaire

Et c’est probablement là que mon ressenti est un peu particulier.

L’enquête autour des 1000 visages est intéressante, mais elle est finalement passée au second plan pour moi.

Je me suis tellement passionnée pour le travail de l’UPIVC et les recherches scientifiques que je n’ai pas vraiment cherché à résoudre l’enquête avant la fin. Je me suis laissée porter. Et cela ne m’a absolument pas dérangée.

Au contraire, j’ai trouvé intéressant que le roman puisse fonctionner autrement que comme un simple jeu de piste destiné au lecteur. Ce qui m’intéressait, c’était de comprendre comment les enquêteurs et les équipes scientifiques allaient avancer, quelles informations ils allaient découvrir et comment les différents éléments allaient finir par s’imbriquer.

L’enquête est donc importante pour faire avancer l’histoire, mais ce n’est pas elle qui constitue, à mes yeux, la plus grande force du roman.

Une plume efficace et des dialogues qui donnent du rythme

J’ai vraiment aimé cette lecture. Alors pourquoi pas de coup de cœur ?

J’ai trouvé l’univers passionnant, les procédures particulièrement intéressantes, les personnages convaincants et le récit efficace.

Mais il m’a manqué quelque chose. Peut-être davantage d’émotion dans la plume.

L’écriture de Stanislas Petrosky est efficace, directe, précise. Les dialogues sont nombreux. Ils donnent beaucoup de vie au récit, rythment les scènes et rendent les échanges entre les personnages particulièrement naturels. On n’a jamais l’impression de rester trop longtemps dans les explications techniques : les conversations permettent de faire avancer l’action et donnent au roman un côté très vivant.

Mais malgré tout, il m’a manqué quelque chose. C’est difficile à expliquer parce que le sujet, lui, est profondément chargé en émotions. Mais j’aurais aimé que la plume me les fasse ressentir encore davantage.

Et c’est probablement ce petit manque qui explique pourquoi « Derrière la chair » est passé tout près du coup de cœur sans tout à fait l’atteindre.

En conclusion

J’ai beaucoup aimé cette lecture et surtout son immersion dans le monde de l’identification des victimes de catastrophes.

C’est documenté, précis, passionnant et suffisamment détaillé pour satisfaire ma curiosité sans transformer le roman en manuel de police scientifique.

J’ai adoré suivre Rachid dans son travail et découvrir toutes ces procédures. C’est vraiment cet aspect qui m’a le plus captivée.

L’enquête, finalement, m’a presque semblé secondaire tant j’étais intéressée par les recherches scientifiques.

Une lecture noire, immersive et particulièrement instructive, portée par des personnages que j’ai pris plaisir à suivre.

Il m’a simplement manqué un peu plus d’émotion dans l’écriture pour atteindre le coup de cœur.

Et comme j’aime beaucoup Stanislas Petrosky, cette lecture confirme une nouvelle fois que je continuerai à suivre ses romans avec plaisir.

En bref…

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : j’aime beaucoup Stanislas Petrosky et un polar qui mêle enquête et police scientifique, avec une immersion dans l’identification des victimes de catastrophes, avait tout pour attiser ma curiosité !

Auteur connu : j’ai rencontré Stanislas à plusieurs reprises, la dernière en date aux derniers Quais du Polar.

Émotions ressenties lors de la lecture : curiosité, fascination, passion, tension, horreur, malaise, intérêt, surprise, immersion, amusement, admiration.

Ce que j’ai moins aimé : un petit manque de profondeur émotionnelle qui empêche le coup de cœur.

Les plus : l’immersion très documentée et passionnante dans l’UPIVC, les détails techniques, les personnages, les dialogues nombreux et vivants, le rythme, le mélange très réussi entre enquête et science.

Si je suis une âme sensible : ATTENTION : ce roman aborde une catastrophe faisant une cinquantaine de victimes et certaines scènes autour de l’identification des corps sont détaillées. L’ambiance est sombre et certains passages peuvent être difficiles si vous êtes sensibles aux descriptions de corps accidentés ou aux situations de catastrophe. En revanche, le roman ne cherche pas uniquement à provoquer le dégoût : les détails servent surtout à montrer le travail minutieux et impressionnant des équipes chargées d’identifier les victimes.

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