Informations
Titre : La mainmise
Auteur : Marie Salvatori
Éditeur : N’Co Editions
Nombre de pages : 224 pages
Formats et prix : broché 20 € / numérique 9.99 €
Date de publication : 16 avril 2026
Genre : thriller
Résumé
Quand on perd tout, le contrôle, la raison…
Francis Jonas est un écrivain à succès, mais depuis des mois, il n’écrit plus une ligne.
Après un terrible accident, il perd sa main droite. Les chirurgiens lui proposent une greffe. Une seconde chance.
Très vite pourtant, quelque chose change. Des gestes qui ne lui ressemblent pas, des actes tout comme des mots qui deviennent… violents, sombres, incontrôlables. Des pulsions qu’il ne comprend pas. En cherchant l’identité de son donneur, Francis découvre une vérité glaçante : la main qu’on lui a greffée est celle d’un homme soupçonné d’être un tueur…
Mon avis
Un thriller psychologique qui interroge autant qu’il captive
Avant d’ouvrir « La Mainmise », je me suis posé une question que beaucoup d’entre nous se sont probablement déjà posée, sans jamais vraiment chercher la réponse : lorsqu’une personne reçoit un organe après une greffe, est-il possible qu’elle hérite aussi d’une infime partie de celui qui le lui a donné ?
Cette idée, à la frontière entre la science, les croyances et la psychologie, est fascinante. De nombreux témoignages évoquent des changements de goûts, d’habitudes ou de personnalité chez certains greffés. Les preuves scientifiques restent limitées, mais le simple fait que cette hypothèse existe suffit à nourrir notre imagination.
C’est précisément ce point qu’exploite Marie Salvatori dans « La Mainmise ». Et plutôt que de chercher à convaincre, elle préfère semer le doute. Jusqu’où notre esprit peut-il nous influencer ? Sommes-nous uniquement le produit de notre cerveau, ou notre corps conserve-t-il, lui aussi, une part de mémoire ?
Une intrigue qui entretient le doute
Marie Salvatori prend le temps d’installer son récit et son personnage. Elle nous faire vivre le bouleversement que représente cet accident dans la vie de Francis. De l’épreuve physique aux séquelles psychologiques, de la perte de sa main droite à l’espoir retrouvé grâce à une greffe, le lecteur suit son parcours avant d’assister progressivement aux changements qui vont l’inquiéter.
Car une fois cette nouvelle chance offerte, Francis commence à ressentir un malaise grandissant. Certains de ses gestes lui échappent, ses réactions deviennent inhabituelles et il ne se reconnaît plus. Est-ce la conséquence du traumatisme vécu ? Une réaction psychologique face à ce qu’il a traversé ? Ou sa main porte-t-elle réellement une part de l’histoire de son ancien propriétaire ?
Pour tenter de comprendre ce qui lui arrive, Francis décide alors de découvrir l’identité de son donneur, malgré le principe d’anonymat qui encadre les dons d’organes. Cette quête entraîne le lecteur et fait vaciller toutes les certitudes de Francis (et du lecteur par la même occasion).
Marie Salvatori joue habilement avec cette zone grise entre science, psychologie et croyances. Elle entretient le doute et laisse le lecteur chercher, lui aussi, la vérité aux côtés de Francis.
« Là, ça a fait mal. Parce qu’elle avait touché juste. Parce que tout se mélangeait : mon silence d’écrivain en panne, mon silence de mari lâche, cette impression poisseuse de n’être plus bon à rien, ni à aimer, ni à créer. »
Une tension psychologique qui s’installe progressivement
Marie Salvatori construit son récit autour d’une inquiétude qui grandit peu à peu. La montée en tension est progressive, le malaise s’installe chapitre après chapitre.
Le lecteur se retrouve plongé dans les doutes de Francis, partageant ses interrogations et son incompréhension face à ce qui lui arrive. Plus il cherche des réponses, plus les frontières entre réalité, perception et manipulation deviennent floues.
L’auteure joue avec les nerfs du lecteur en distillant les informations au bon moment. On avance dans cette histoire avec l’envie de comprendre, tout en se demandant si Francis peut encore se fier à lui-même.
C’est cette atmosphère troublante, davantage basée sur la psychologie que sur l’action pure, qui donne toute sa force au roman.
« Un écrivain, c’est comme une dame très âgée, ça a ses petites manies, ses tics, ses habitudes d’écriture. Vouloir toucher à son rituel est une vaste plaisanterie…ou plutôt une mission impossible ! »
Une réflexion éthique particulièrement intéressante
Au-delà du suspense, c’est surtout la réflexion proposée qui m’a marquée.
Le principe même du don d’organes repose sur l’anonymat. Mais si l’on connaissait réellement l’identité du donneur, notre regard changerait-il ? Accepterait-on une greffe avec la même sérénité si l’on apprenait que l’organe appartenait à un criminel ? Cette connaissance pourrait-elle influencer notre comportement uniquement par suggestion ? Ou révéler des peurs enfouies ?
À travers Francis, Marie Salvatori ouvre un débat passionnant sans jamais imposer une réponse. Chacun est libre de se faire son opinion.
C’est précisément ce que j’apprécie dans ce type de thriller : une fois le livre refermé, les questions continuent de nous accompagner.
Mon avis sur « La Mainmise »
J’ai passé un excellent moment de lecture. L’intrigue est addictive, le suspense fonctionne très bien et le concept de départ est suffisamment original pour se démarquer des thrillers plus classiques.
Mais ce que je retiens surtout, c’est cette capacité du roman à faire réfléchir tout en divertissant. On ne lit pas seulement pour découvrir ce qui va arriver à Francis ; on s’interroge aussi sur notre propre réaction face à une situation semblable.
Au final, « La Mainmise » est un thriller psychologique d’une redoutable efficacité, porté par une idée intrigante et une réflexion éthique qui apporte une vraie valeur ajoutée au récit.
Si vous aimez les romans qui entretiennent le doute jusqu’au bout et qui continuent de faire travailler votre imagination après la dernière page, n’hésitez pas !
« Ce donneur, quelle que soit son identité, incarnera toujours pour moi, une sorte d’ange gardien. »

En bref…
Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : j’ai eu le plaisir de rencontrer Marie Salvatori lors d’une séance de dédicaces chez Forum en juin dernier. Cette rencontre m’avait donné envie de découvrir son univers. Quoi de mieux qu’un thriller psychologique avec un résumé aussi alléchant ?
Auteur connu : retrouvez ici l’article concernant la rencontre avec Marie Salvatori.

Émotions ressenties lors de la lecture : curiosité, inquiétude, malaise, tension, doute, surprise, fascination, questionnement, envie de comprendre, appréhension.
Ce que j’ai moins aimé : quelques passages un peu moins intenses, mais rien de gênant.
Les plus : l’originalité de l’idée de départ, le suspense, la réflexion, l’intrigue, l’atmosphère, la plume, la fin.
Si je suis une âme sensible : les sujets abordés sont graves. Mais ce n’est pas un thriller gore : la tension repose surtout sur le malaise, le doute et la psychologie.
