« Le sel de tous les oublis » de Yasmina KHADRA

Informations :

Titre : le sel de tous les oublis

Auteur : Yasmina Khadra

Éditeur : Julliard

Nombre de pages : 256 pages

Format  et prix : broché 19 € / numérique 12.99 €

Date de publication : 20 août 2020

Genre : littérature générale

Résumé :

Lorsqu’une femme claque la porte et s’en va, elle emporte le monde avec elle. Adem Naït-Gacem l’apprend à ses dépens. Ne supportant pas le vide laissé par le départ de son épouse, l’instituteur abandonne ses élèves et, tel un don Quichotte des temps modernes, livré aux vents contraires de l’errance, quitte tout pour partir sur les chemins.
Des rencontres providentielles jalonnent sa route : nain en quête d’affection, musicien aveugle au chant prophétique, vieux briscards, galériens convalescents et simples d’esprit le renvoient constamment aux rédemptions en lesquelles il refuse de croire. Jusqu’au jour où il est rattrapé par ses vieux démons.

À travers les pérégrinations d’un antihéros mélancolique, flanqué d’une galerie de personnages hors du commun, Yasmina Khadra nous offre une méditation sur la possession et la rupture, le déni et la méprise, et sur la place qu’occupent les femmes dans les mentalités obtuses.

Mon avis :

Adem est instituteur dans son village en Algérie. Son monde s’écroule lorsque, contre toute attente, sa femme prend ses cliques et ses claques, et le quitte pour un autre, lassée d’une vie trop monotone et de l’indifférence de son mari. Réaction très occidentale dans ce pays musulman.

Adem va tout d’abord sombrer dans l’alcool, puis, réalisant que ce n’est pas la solution, quitte tout, à son tour, et prend la route. Un voyage en solitaire, sans but précis, se laissant guider par les évènements, pour se recentrer sur l’essentiel : sa vie, et tenter de se trouver un nouveau but, sans son épouse. Cet érudit trouvera-t-il sa résilience dans la littérature ?

« Lorsque une femme claque la porte et s’en va, elle emporte le monde avec elle ».

Dans cette Algérie post-indépendance, Adem est l’exemple type de l’anti-héros. Il verra son parcours rédemptoire jalonné de rencontres hors du commun : Mekki, estropié de la vie, Mika, personne de petite taille, vagabond lui aussi, mais avide de rencontres, un peu prophète sur les bords. J’ai trouvé Adem très noir et d’un égoïsme sans pareil (je comprends pourquoi sa femme l’a quitté !). Pas un « merci », aucune once d’empathie envers son prochain. Adem ne réalisera pas que les personnes qui croisent son chemin ont des problèmes bien plus graves que les siens. J’avais envie de le secouer, qu’il arrête de se tourner sur son propre malheur.

La plume poétique de Yasmina Khadra nous emporte sur le chemin de la possession, de la place des femmes dans ces pays à la mentalité statique et dure.  L’écriture de cet auteur me touche toujours autant : elle est à la fois douce et dépouillée, mais également imprégnée d’une richesse qui a quelque chose d’insolent, limpide et sans fioritures. Il nous propose ici une réflexion intense sur le bonheur : il y a toujours une vie après l’échec, il suffit de trouver sa voie.

J’ai aimé l’opposition entre Adem, sombre, blessé, déprimé, ne croyant plus en rien, et l’Algérie euphorique  remplie d’espoir et d’optimisme suite à son indépendance.

« Si ma femme est partie, ce n’est pas parce que je n’ai pas su la garder, mais parce qu’elle voulait vivre sa vie. »

Une très belle lecture, toute en délicatesse, que je conseille à tous.

#LeSeldeTousLesOublis #YasminaKhadra #Julliard #RentréeLittéraire2020

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En bref :

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : l’auteur ! J’aime beaucoup la plume et les romans de Yasmina Khadra.

Auteur connu : j’ai découvert  « Khalil » et « Les hirondelles de Kaboul » . Il me reste beaucoup de ses romans à découvrir !!

J’ai eu la chance de rencontrer l’auteur à la Fête du livre de St Etienne en 2016. Un magnifique échange.

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Émotions ressenties lors de la lecture : beaucoup de tension, il est vrai qu’Adem m’a apporté un lot d’émotions négatives, allant de la contrariété à l’énervement.

Ce que j’ai moins aimé : le côté anti-héros, justement, que j’ai trouvé vraiment poussé à l’extrême. C’est bien la première fois que j’apprécie un roman dans lequel le personnage principal m’a autant agacée !!

Les plus : la plume, incontestablement ! Les thèmes abordés, ainsi que l’angle de vue de l’auteur, toujours intéressant.

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