« La fièvre » de Sébastien SPITZER

Informations :

Titre : la fièvre

Auteur : Sébastien Spitzer

Éditeur : Albin Michel

Nombre de pages : 320 pages

Format  et prix : broché 19.90 € / numérique 13.99 €

Date de publication : 19 août 2020

Genre : littérature générale

Résumé :

Un homme, tout juste arrivé en ville, s’effondre au milieu de la rue. Il meurt, sa langue est noire. Il est le cas zéro. La première victime de la Fièvre.
Keathing tient le journal local. Raciste, suprémaciste, c’est un vrai type du Sud qui ne digère pas la victoire des Yankees et l’affranchissement des noirs. Annie Cook est française. Elle tient un lupanar et ne pense qu’à faire de l’argent. La Fièvre va bouleverser leur vie. La ville se vide, les trains sont pris d’assaut, on s’entretue pour obtenir une place. Puis le silence s’installe. Les derniers habitants, impuissants, assistent à l’impensable. Suivent les premiers pillards. Et les premiers héros : les miliciens. Ils sont noirs, immunisés contre le mal qui décime les blancs. Ils vont sauver les maisons, les biens, les commerces. Contre toute attente, Keathing va vouloir témoigner de leur courage. Anna, elle, transforme son bordel en hôpital de fortune.

La Fièvre est une histoire vraie. En 1878, à Memphis, elle a tué un tiers de la ville en quelques mois…

Mon avis :

J’ai sauté sur ce roman à la seule vue du nom de l’auteur. J’ai tiqué un peu face au titre « La fièvre » ? Mais ça va parler de quoi ??? Pas d’une épidémie j’espère ? Je découvre le résumé, et j’appelle ma mère, persuadée d’avoir fait une énorme boulette😭. Avec Covid et Cie depuis mars, je n’avais pas du tout envie de plonger dans ce genre de livre. J’ai hésité, et puis, tant pis, foutu pour foutu, on va voir si les personnages de Sébastien s’en sortent mieux que nous en terme de gestion épidémique.

Nous sommes à Memphis en 1878. Loin d’Elvis lol.

Keathing est le directeur du journal local, le « Memphis Daily ». Sa femme et ses deux enfants vivent à New York. Keathing est raciste, dominateur et a des affinités avec le Klu Klux Klan, prônant l’apologie du suprémacisme blanc. D’ailleurs, le premier chapitre nous laisse un goût assez amer.

Anne Cook est la propriétaire d’une maison close, »Mansion house ». Elle est française et son objectif est clair : se faire un maximum d’argent. L’un de ses client, Billy, s’écroule en pleine rue en sortant de son établissement. Le patient zéro d’un mal qui va décimer la ville et la couper du monde, et accessoirement, changer les plans d’Anne.

Emmy, jeune métisse de 13 ans, vit chichement avec sa mère aveugle. Elle n’a jamais connu son père et attend son arrivée avec impatience par le prochain bateau.

C’est trois personnages vont être confrontés à la fièvre jaune, épidémie qui a réellement fauché la ville dans les années 1870. Sébastien prend pour point de départ un fait réel pour tisser son intrigue. Et c’est juste passionnant. Je me suis plongée dans le récit avec délectation et envie. La découverte de Memphis, ville tout juste créée une cinquantaine d’année plus tôt, en plein expansion, capitale du coton, avec sa bourse au coton sur Front Street, s’est vue couper du reste des États-Unis, mise en quarantaine, luttant pour sa survie.

J’ai trouvé la manière d’écrire de Sébastien très fluide, accrocheuse. Il a surtout su parfaitement doser le romanesque et la réalité, plongeant le lecteur dans un récit inlâchable. Alors oui, c’est une histoire d’épidémie, mais pas que. C’est une formidable odyssée humaine, où les personnages vont se dévoiler peu à peu. Et la première impression ne sera pas la bonne ! Anne m’a énormément touchée dans sa manière de venir en aide aux malades. Raphaël Brown, l’ancien esclave qui s’est battu pour faire reconnaître son statut d’homme libre décidera de pardonner, et de défendre sa ville, celle qui l’a pourtant exploitée et rejetée. Même Keathing, que je détestais cordialement au début a réussi à remonter dans mon estime, grâce à sa décision de devenir un lanceur d’alerte.

C’est un roman qui laisse la part belle à l’humain, qui en dévoile toutes les facettes, où, grâce à un évènement non maîtrisable, ces hommes et ces femmes vont se livrer, tomber les masques et les faux-semblants. La résilience est tapie dans l’ombre, ne demandant qu’à ressurgir. Une formidable épopée qui ne peut pas laisser le lecteur insensible.

Si on fait le parallèle avec ici et maintenant, je trouve que les personnages de Sébastien ont très bien gérés et sortent grandis de cette épisode tragique. Nous, par contre, suite au confinement et aux réactions que l’on peut voir un peu partout, on ne peut pas en dire autant….

Je vous conseille très chaudement cette lecture.

#LaFièvre #AlbinMichel #SébastienSpitzer #RentréeLittéraire2020

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En bref :

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : l’auteur, comme je l’ai précisé au début de ma chronique.

Auteur connu : j’ai lu et adoré « Dans les flammes de Notre-Dame » et « Le cœur battant du monde ». Sébastien est un auteur que j’apprécie beaucoup.

Émotions ressenties lors de la lecture : de la colère face au racisme et aux préjugés de certains personnages, de l’admiration pour d’autres qui ont évolués d’une belle manière, de la peur face à cette fièvre qui nous met devant notre propre quotidien…

Ce que j’ai moins aimé : j’aurai aimé un « pavé » ! Moi qui ne suis pas fan des gros livres, là, je l’aurai dévoré avec avidité !!! Rester encore un peu dans l’ambiance, avec les personnages, vivre un peu plus à leurs côtés, évoluer avec eux.

Les plus : la plume de l’auteur, le sujet, les personnages.

4 réflexions sur “« La fièvre » de Sébastien SPITZER

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