« Une vie de poupée : Mélancolie grise » de Erik Axl SUND

Informations :

Titre : une vie de poupée : mélancolie grise

Auteur : Erik Axl Sund

Éditeur : Actes Sud

Nombre de pages : 304 pages

Format  et prix : broché 23 € / numérique 14,99 €

Date de publication : 6 janvier 2021

Genre : thriller

Résumé :

Nova et Mercy ont à peine seize ans, mais cela fait déjà bien longtemps qu’elles ont perdu leur innocence. Sous le couvert de la nuit, elles s’enfuient à bord d’une voiture volée, laissant derrière elles le foyer pour jeunes filles où une autre adolescente vient de disparaître. Que fuient-elles ? Et pourquoi ?
Tara est retrouvée sans vie en bas d’un immeuble. Selon sa famille, il s’agit d’un suicide. Mais quelque chose ne colle pas dans le récit de ses parents. Et qui peut bien être la personne qui lui avait donné rendez-vous ce soir-là ? Celui que la police ne va pas tarder à surnommer le Marionnettiste vient seulement de commencer son spectacle.

Mon avis :

J’avoue que j’ai du mal avec les auteurs scandinaves. Il y en a deux ou trois avec lesquels ça se passe bien, et d’autres bof bof. Erik Axl Sund font partie de la première catégorie. Le duo suédois m’a donné des frissons d’angoisse avec leur trilogie « Les visages de Victoria Bergam », lue il y a quelques années.

« Une vie de poupée » est le second opus d’une nouvelle série, « Mélancolie ». Le premier étant « Les corps de verre », publié en France en  2015. Mais il peut tout à fait se lire indépendamment. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait !

Dans ce nouveau roman, nous allons suivre trois personnages vraiment forts : Mercy et Nova, 16 ans, dont l’amitié sera sans faille, et Kevin Jonsson, commissaire de police à Rikskrim.

Mercy a fui son pays, le Nigéria et les atrocités menées par Boko Haram. Propulsée en Suède, elle a du se prostituer pour tenter de s’en sortir. Nova, quant à elle, a fui sa famille, victime d’un pédophile. Deux enfances volées, deux jeunes filles paumées, deux amitiés, deux destins. Au lieu de jouer à la poupée, ce sont elles qui serviront de jouet, à la merci de monstres sans scrupules. Kevin travaille sur la pédo-pornographie. Ce qui va raviver de sales souvenirs, faisant remonter son passé qu’il avait bien tenté d’enfuir loin dans les méandres de son subconscient.

Les personnages secondaires sont tout autant bordeline, rassurez-vous. Chacun cache quelque chose. A travers des chapitres courts, alternant présent et passé, sous la voix des divers personnages, les auteurs nous dépeignent un pan extrêmement sombre de notre société. La pédo-pornographie, la prostitution, le trafic sexuel, ce roman plonge dans les ténèbres les plus noires. Le pire, c’est qu’elles sont courantes. Ajoutez à cela les dérives de la religion, l’immigration, les réfugiés, le féminisme, et vous obtenez un roman d’une rare densité. L’histoire est brute, glauque et obscure. Notre duo navigue très habilement dans les représentations d’abus et de misère mais toutefois sans jamais tomber dans le macabre et encore moins dans la banalisation.  La justesse de plume est admirable.

L’écriture est brutale, crue, trash, habile, réussissant à toucher les nerfs du lecteur. Les mots claquent et tranchent dans le vif, imprégnant le lecteur jusqu’à l’os. Le rythme est soutenu, le récit se révèle passionnant, malgré les abominations. Les références cinématographiques sont innombrables et apportent un peu de légèreté à l’ensemble.

Attention aux âmes sensibles, le sujet est délicat, certaines scènes peuvent être insoutenables. Les auteurs consolident leur place de maîtres du genre. Un régal ! « Mélancolie grise » ? C’est quand même bien noir, je trouve. Même si l’on aperçoit un peu de lumière à certains moments…Inutile de vous dire que je vais dévorer le premier tome en attendant la parution du troisième !

« Espérer un coup dur est statistiquement beaucoup plus sûr qu’espérer un miracle. »

#uneviedepoupée #mélancoliegrise #actessud #erikaxlsund

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En bref :

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : la couverture, absolument sublime !! Et puis les auteurs !

Auteur connu : j’ai dévoré leur trilogie :  « Persona », « Trauma » , « Catharsis » . Et j’ai eu la chance de les rencontrer aux Quais du Polar en 2016. Un duo super gentil, abordable, un peu bordeline sur les bords.

Émotions ressenties lors de la lecture : un malaise constant, du dégoût, de la rage. Comment l’homme peut-il être aussi abject ?

Ce que j’ai moins aimé : RAS

Les plus : le rythme, la construction, les personnages, le sujet, la couverture.

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