« Le désosseur de Liverpool » de Luca VESTE

Informations :

Titre : le désosseur de Liverpool

Auteur : Luca Veste

Éditeur : L’Archipel

Nombre de pages : 384 pages

Format  et prix : broché 22 € / numérique 15.99 €

Date de publication : 18 novembre 2021

Genre : thriller

Résumé :

Une jeune femme, blessée à l’arme blanche, affirme avoir échappé aux griffes du Désosseur, légende urbaine locale. Personne n’y croit… jusqu’à ce qu’un corps soit découvert dans la forêt. Pour l’inspectrice Louise Henderson, cela ne fait plus de doute : le Désosseur existe bel et bien. Quand  » Candyman rencontre Le Silence des agneaux « , un thriller captivant. Légende urbaine ou meurtrier de chair et d’os ? Ne vous promenez pas dans les bois…
Tous les enfants de Liverpool connaissent la légende du Désosseur, sorte de monstre qui vivrait dans la forêt depuis des décennies, enlèverait les gens et collectionnerait leurs os, même si l’on n’a jamais réussi à prouver son existence… Un jour, Louise Henderson et son collègue Shipley sont appelés au chevet d’une jeune femme blessée à l’arme blanche, qui affirme avoir été attaquée par le Désosseur.
Les deux policiers attribuent d’abord ses allégations au choc, mais, peu après, le corps d’un homme est retrouvé là où elle aurait été attaquée, une clairière où l’on identifie bientôt des traces du monstre… Le Désosseur ne serait donc pas qu’une légende ? Mais comment aurait-il survécu seul si longtemps ? L’affaire prend une tournure singulière lorsqu’il apparaît que Louise a une connexion personnelle avec Le Désosseur.
Que cache son passé, qui la hante depuis si longtemps ?

Mon avis :

Méfiez-vous : avec cette lecture, vous n’êtes pas prêt de remettre les pieds dans une forêt ! Va falloir trouver un autre lieu de promenade ! « Le désosseur de Liverpool », déjà rien que le titre fait frémir, et ce n’est rien par rapport au contenu. Luca Veste nous offre un thriller angoissant et diablement original.

Sur fond de légende urbaine destinée à effrayer les enfants, le lecteur part à la recherche de ce fameux désosseur. Qui est-il ? Est-il humain, d’abord ? Parce qu’on peut légitimement avoir de sérieux doutes. Personne ne l’a jamais vu. Tous ceux qui ont croisé sa route n’ont jamais été retrouvés. On sait juste qu’il écorche ses victimes vivantes.

Pour agrémenter cette légende, rien de tel qu’une petite chansonnette. La voici :

« Le Désosseur arrive,

Le Désosseur existe.

Il ne s’arrête jamais,

Il ne ressent rien.

Il t’attrapera.

Il te fera pleurer,

Il coupera dans ta chair,

Et ne gardera que tes os. »

En France, on a l’histoire du loup planqué dans la forêt, et « Promenons-nous dans les bois ». Nettement plus soft ! Si Luca tenait à traumatiser tous les enfants anglais, il ne s’y serait pas pris autrement…

L’histoire commence dans le passé, où une petite fille de 11 ans, son frère Matty, 14 ans, et deux copains osent entrer dans un tunnel sombre dans la réserve naturelle de Dibbinsdale, près de chez eux. C’est peut-être là que vit le Désosseur et ils souhaitent faire preuve de courage et démontrer que le monstre n’existe pas. Ils pénètrent l’un après l’autre dans le tunnel. Quatre entrent, mais seulement trois ressortent. Matty disparaît, il ne sera jamais retrouvé.

Je dois dire que l’histoire a commencé très fort pour moi, et l’image de ces enfants se défiant les uns les autres d’entrer dans ce tunnel pour prouver à quel point ils sont courageux met en scène une scène terrifiante. Peut-être parce que même en tant qu’adulte, cela touche encore à nos peurs les plus primitives, j’en ai eu des frissons ! L’accroche est parfaite, et le lecteur ne peut plus lâcher le bouquin.

De nos jours, une jeune femme, Caroline est retrouvée désorientée, choquée et salement blessée. Elle affirme être une victime du Désosseur auquel elle a réussi à échapper.

Nos deux flics Louise Henderson et Paul Shipley vont partir aux trousses de ce mystérieux Désosseur, et la tâche sera rude.

Louise est un personnage énigmatique, en proie à des crises d’angoisse, profondément dévouée à son travail et largement incapable d’entretenir une quelconque relation. Il y a un mystère autour de sa vie personnelle, cela accroche le lecteur, on sent bien qu’elle est liée au désosseur, reste à savoir comment. Ma première supposition n’a pas été la bonne, je me suis fourvoyée, comme une amatrice ! Paul, quant à lui, est diamétralement l’opposé de Louise. Il n’a de cesse de respecter les procédures, et souhaite boucler l’affaire dans les règles. Les deux personnalités s’équilibrent et permettant à ce duo une redoutable efficacité.

Lorsqu’un corps est déterré dans les bois où Caroline dit avoir été attaquée, l’affaire prend un ton beaucoup plus sombre. Cette histoire cauchemardesque devient obsédante, poignante et émouvante. Le mystère et le suspense s’accumulent sournoisement. Un sentiment de menace ne quitte pas le lecteur d’un iota. Ajoutez un sens palpable du mal, un soupçon de surnaturel et un scénario qui va du chapitre d’ouverture troublant au dénouement dynamique et dérangeant et vous ne fermerez pas l’œil longtemps après la dernière page tournée.

La plume de Luca est vive, punchy et dynamique, il sait poser les bases d’une ambiance terrifiante sans avoir besoin d’inclure du glauque à son récit. Il n’y a aucune scène de torture, de meurtre, pas de sang qui coule, de chair qui éclate, d’os qui craque.

Le rythme est excellent, les chapitres courts et les rebondissements nombreux relancent inlassablement la curiosité du lecteur.

J’ai aimé la réflexion tournant autour de la disparition d’un enfant et de cette mère, désemparée, se posant chaque jour la question de savoir ce que son fils est devenu, s’il est vivant à quelque part, ou mort. Je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir une pensée pour tous ces parents vivant cet enfer.

La fin m’a scotchée, j’avais pensé à tout sauf à ça. Elle s’est révélée brillante et inattendue, révélant un peu plus tout le talent de l’auteur. Il enfonce le clou jusqu’au dernier mot.

Une histoire sournoise et effrayante à lire avec toutes les lumières allumées que je vous conseille de dévorer sans attendre.

« Tous ces enfants qui se racontaient des histoires et emplissaient de leur rire, de leur insouciance, ce champ aujourd’hui désert. Comme étaient désertes les rues, bien plus que lorsqu’elle était jeune. Est-ce que ces lieux risquaient d’être souillés à jamais pour elle ? Bois, champs, parcs…Tous ces endroits magiques de son enfance, désormais métamorphosés en autre chose.

Des lieux où l’obscurité et l’invisible étaient aux aguets dans l’ombre, sans qu’elle s’en aperçoive. »

Je remercie les Éditions L’Archipel pour cette lecture.

#LedésosseurdeLiverpool #LucaVeste #LArchipel

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En bref :

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : avec un titre pareil, vous pensez bien qu’une petite lumière à fait tilt dans ma tête !!

Auteur connu : Luca est un auteur britannique qui a déjà une dizaine de romans à son actif. « Le désosseur » est le premier traduit en français. Espérons que d’autre suivront.

Émotions ressenties lors de la lecture : peur, angoisse, curiosité, anxiété, j’ai été à la fois apeurée par cette histoire et attirée comme un aimant.

Ce que j’ai moins aimé : RAS

Les plus : le sujet, l’ambiance, la plume, le personnage de Louise, le dénouement.

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