« Le royaume du condor » de Jeanne-Marie SAUVAGE-AVIT

sonia boulimique des livres

Titre : Le royaume du condor

Auteur : Jeanne-Marie Sauvage-Avit

Éditeur : Charleston

Nombre de pages : 272 pages

Format  et prix : broché 18 € / numérique 9.99 €

Date de publication : 9 juin 2022

Genre : littérature contemporaine

blog littéraire

Lorsqu’elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer de la gorge, le monde de Mirella Abrial, chanteuse populaire à succès, bascule. Si elle ne peut plus chanter, que va-t-elle faire ? Elle refuse de finir sa vie à trente ans sur un lit d’hôpital ! Alors, inspirée par une photographie accrochée au mur de la salle d’attente de l’hôpital, elle s’envole pour El Pueblo, en Bolivie, au cœur de la cordillère des Andes.
Dans ce petit village communautaire, isolé du monde et de la civilisation qu’elle connaît, Mirella découvre une autre manière de vivre, en harmonie avec la Pachamama, la terre mère, dans le respect de la nature et de ses cycles, et s’initie à des pratiques et croyances ancestrales tel le chamanisme. Confrontée à un autre regard que le sien sur la maladie et la mort, arrivera-t-elle à faire la paix avec elle-même ?

chroniques littéraires

Suivez-moi, je vous emmène en Bolivie. Dépaysement garanti !

Mirella, célèbre cantatrice, la trentaine épanouie, découvre qu’elle a un cancer de la gorge. Elle refuse le protocole et le combo chimio, rayon et vie diminuée. Elle décide de profiter des quelques mois qu’il lui reste à vivre et part en Bolivie, cachant sa maladie à ses proches. La seule personne mise dans la confidence est son agente et amie, Charlotte.

Mirella n’est pas réfractaire aux traitements médicaux, puisqu’elle emmène dans sa valise sa chimio en comprimés. Elle va s’installer dans un village de la Cordillère des Andes, El Pueblo. Perdu au milieu de la nature, sans réseau de télécommunication, ce petit village tranquille est pile ce qu’il lui faut. Elle fera connaissance de Ricky, le chef de la communauté, Yok, son épouse, enceinte, Li-Marco, guide de montagne, Isabel, sa femme qui tient le seul hôtel du village, Manuel et Carla, vieux couple louant l’appartement occupé par Mirella, Gabriela et Wendy, gérant toutes les deux la boutique de produits artisanaux et locaux, et Jhonatán, le chamane du village. Pour tous, Mirella est venue s’isoler à El Pueblo afin d’écrire un livre. 

Jusqu’à quel point peut-on se couper du monde et mentir sur son état de santé ? Quel regard sur la maladie porte une culture totalement différente de la nôtre ? Voilà les questions auxquelles Jeanne-Marie tente de répondre dans « Le royaume du condor ». 

Ce roman est une bouffée d’air frais. Le lecteur découvre la Bolivie, ses paysages, sa culture. La communauté rend hommage à la Pachamama, déesse Terre, l’honorant chaque jour afin que les récoltes soient bonnes et les villageois en bonne santé. On plonge dans une région chargée d’histoire, de légendes et de traditions séculaires. Pour les peuples andins, la santé est une analogie entre le corps humain et les différents aspects de la Nature. C’est un bien-être réunissant l’équilibre entre l’homme et la terre, les animaux, les communautés, l’accomplissement et le respect des coutumes. 

« Plus tard, Jhonatán, je t’expliquerai comment retrouver ton animal-frère, le lynx, comment, grâce à lui, devenir le lien entre la nature et l’homme, celui qui réunit les deux mondes, le visible et l’invisible. Je t’apprendrai comment apporter la fertilité à la terre et la santé à ceux qui la demandent. Quand tu seras chamane, tu pourras quitter ton corps et communiquer avec les dieux. »

Mirella va peu à peu se familiariser avec ces coutumes au parfum bien mystérieux pour la française qu’elle est.

« Les Blancs ne comprennent pas grand-chose. Ils ne voient que superstitions et magie primaire. Souviens-toi, seuls les Indiens sont réceptifs. »

Une écharpe en laine de vigogne, la laine des dieux, un bonnet vissé sur sa tête afin de dissimuler ses cheveux qui tombent à cause de son traitement, Mirella va trouver du réconfort à la fois dans la nature, en parlant aux vigognes, en se baignant dans un bassin naturel alimenté par une eau chaude, mais également dans ces gens accueillants, qui ne la jugent pas, et qui possèdent une foi inébranlable en la Nature. Les personnages entourant Mirella sont riches et charismatiques. Certains s’avèrent assez ambigus, à l’instar de Cédric, le frère de Charlotte. Handicapé depuis un grave accident, il cache lui aussi quelque chose, par rapport à sa santé. 

La plume de Jeanne-Marie est fluide, claire et travaillée. Elle s’est rendue en Amérique du Sud, et cela se traduit par des descriptions pointues et minutieuses. Elle connait à la perfection le cadre dans lequel se déroule son roman, et cela ajoute une plus-value indéniable à la qualité du récit.

J’ai pris beaucoup de plaisir à suivre le parcours de Mirella, au début, j’avais un peu peur que le cancer ne soit trop omniprésent (j’ai du mal avec cette pathologie…), et puis non, très vite, il est occulté et la vraie richesse du roman prend largement le dessus. J’ai lu avec passion les descriptions des pratiques de Jhonatán, son rôle à la fois de médecin grâce à sa grande connaissance des plantes, mais aussi de psychologue, à l’aide de son don de visionnaire et de perception de l’âme. 

Fascinant et authentique ! Je vous conseille vraiment « Le royaume du condor », c’est un roman original, riche et dépaysant.

« Le visage tourné vers le soleil, Mirella s’interrogeait sur le sens de ces mots. Le passé, l’avenir, le monde-autre. Tout cela la dépassait. Depuis des mois, ses pensées s’étaient murées dans un tombeau sombre où elle n’existait que par son cancer. « 

Je remercie les Éditions Charleston et Jeanne-Marie pour leur confiance. 

#Leroyaumeducondor    #JeanneMarieSauvageAvit   #Charleston

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Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : j’adore les romans de Jeanne-Marie. A chaque fois, c’est un nouveau voyage.

Auteur connu : j’ai lu tous les romans de Jeanne-Marie. Retrouvez mes chroniques de  « Cueilleuse de thé », « Céleste, la fille de Perline », « La terre des loups ». Les précédents romans ont été lu avant l’aventure du blog. J’ai rencontré Jeanne-Marie à plusieurs reprises sur des salons, et elle a même participé aux Boënnales à deux reprises. 

Émotions ressenties lors de la lecture : ce roman m’a permis de ressentir beaucoup de liberté, de légèreté malgré la gravité du sujet. Je suis ressortie de ma lecture comblée, pleine d’énergie et enjouée. Un roman qui fait du bien !

Ce que j’ai moins aimé : RAS

Les plus : la plume, le dépaysement total, les personnages, la fin.

3 réflexions sur “« Le royaume du condor » de Jeanne-Marie SAUVAGE-AVIT

  1. Tu me donnes de plus en plus envie de lire. Surtout ce genre de livre. Les thrilleurs pas pour moi😃. Mais de bons policiers et ce genre de roman oui. Merci de nous partager tes aventures de lecture. Bonne journée et bon week-end. Gros bisous 😽 Dominique

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