« Paris-Briançon » de Philippe BESSON

sonia boulimique des livres

Titre : Paris-Briançon

Auteur : Philippe Besson

Éditeur : Julliard

Nombre de pages : 208 pages

Formats et prix : broché 19 € / numérique 13.99 €

Date de publication : 6 janvier 2022

Genre : littérature générale

blog littéraire

Rien ne relie les passagers montés à bord du train de nuit n° 5789. À la faveur d’un huis clos imposé, tandis qu’ils sillonnent des territoires endormis, ils sont une dizaine à nouer des liens, laissant l’intimité et la confiance naître, les mots s’échanger, et les secrets aussi.
Derrière les apparences se révèlent des êtres vulnérables, victimes de maux ordinaires ou de la violence de l’époque, des voyageurs tentant d’échapper à leur solitude, leur routine ou leurs mensonges. Ils l’ignorent encore, mais à l’aube, certains auront trouvé la mort.
Ce roman au suspense redoutable nous rappelle que nul ne maîtrise son destin. Par la délicatesse et la justesse de ses observations, Paris-Briançon célèbre le miracle des rencontres fortuites, et la grâce des instants suspendus, où toutes les vérités peuvent enfin se dire.

chroniques littéraires

Intercité de nuit n°5789 reliant Paris à Briançon.

Petite, je prenais le train de nuit chaque été avec mes parents pour descendre sur la Côte d’Azur. « Paris-Briançon » a agit un peu comme une madeleine de Proust pour moi, me rappelant des souvenirs totalement oubliés, me permettant de retrouver les sensations particulières de ces voyages.

Les voyageurs s’installent, tentent de prendre leurs marques là où ils vont passer la nuit, entre la promiscuité et la solitude. Alexis Belcour, 40 ans, médecin généraliste ; Victor Mayer, 28 ans, joueur de hockey sur glace ; Julia Prévost, 34 ans, assistante de production et ses deux enfants, Chloé, 8 ans et Gabriel, 6 ans ; Jean-Louis et Catherine Berthier, la soixantaine, retraités ; Serge Dufour, 46 ans, VRP ; un groupe de copains, même pas 20 ans, Manon, Leïla, Hugo, Dylan et Enzo.

« Que s’est-il donc produit pour qu’elle accepte d’ouvrir une brèche, qui plus est, devant un inconnu ? Il ne lui faut qu’une poignée de secondes pour trouver la réponse : l’homme du train est un inconnu. Il est beaucoup plus facile de se confesser devant une personne qui ne sait rien de vous, qui ne vous jugera pas, qui n’osera pas, qui ne vous délivrera pas de conseils, qui ne s’y sentira pas autorisée, c’est comme parler au vent, ou parler à la mer du haut d’une falaise. »

Ces tranches de vie vont se croiser, se lier, se fondre, pour mieux se séparer ensuite. Une nuit. Un huis-clos, dans un wagon SNCF. Pour moi, c’est le comble ! Oui, moi qui prend le train pour aller au boulot, qui peste contre les retards, je lis un roman se passant dans un train pendant mes congés ! C’est le monde à l’envers, je vous le dis !

Il n’empêche que je me suis régalée. J’ai adoré passer ces moments avec les personnages, délicats, sensibles, découvrant leur intimité. J’ai pris place à leur côté dans ce wagon, me laissant bercer par le roulis et leurs conversations.

« Tout garder pour soi c’est le meilleur moyen que ça nous dévore. »

La proximité, le fait d’être entouré d’inconnus est propice à la confession. La longueur du trajet permet également l’échange et le dialogue. C’est vrai, de nos jours, lorsqu’on prend le train pour partir en vacances, bien souvent c’est un TGV et on est tous connectés à nos ordinateurs ou smartphones. On reste dans notre bulle solitaire, aucun lien avec les autres voyageurs n’est envisageable, cela ne nous vient même pas à l’esprit d’engager la conversation avec notre voisin. A bord de l’intercité, cette nuit-là, les voyageurs acceptent de perdre du temps, pour gagner autre chose en échange : des interactions humaines ! Ils sont prisonniers de ce wagon, au milieu de nulle part, cela favorise les rapprochements.

J’ai beaucoup apprécié ce récit d’hommes et de femmes, ces histoires personnelles, tellement représentatives de notre société. Le lecteur se reconnaîtra forcément dans l’un des personnages. Des sujets graves sont développés, les violences conjugales, l’homosexualité, le regard des autres, la maladie. L’air de rien, Philippe balaye large ! Mais aussi, et il ne faut pas l’oublier, dès le prologue, Philippe donne le ton : « Paris-Briançon » est un roman à suspense. A l’issue de cette nuit de voyage, certains seront morts.

« Pour le moment, les passagers montent à bord, joyeux, épuisés, préoccupés ou rien de tout cela. Parmi eux, certains seront morts au lever du jour. »

Qui ? Quand ? Comment ? Le mystère reste entier, il nous faut patienter, le lecteur est lui aussi, tributaire du rythme imposé par le train. La tension est palpable, à chaque début de chapitre, je me demandais si ça allait être là, et lorsque le drame est arrivé, je me suis questionnée sur qui allait y passer et qui allait vivre. 

Un petit pincement au cœur lorsqu’il a fallu se rendre à l’évidence et découvrir pour qui le « Paris-Briançon » aura été leur dernier voyage.

Si le début m’a fait penser au « Crime de l’Orient Express » d’Agatha Christie, la suite s’est avérée totalement différente. 

J’ai trouvé la plume de Philippe d’une fluidité déconcertante, délicate, simple, sans chichi. A partir de petits riens, il arrive à nous proposer un moment de lecture frais et intense, qui nous fait réfléchir sur la fragilité de nos vies. 

Je regrette juste la longueur du roman. J’aurai aimé passer plus de temps dans ce train, entrer un peu plus profondément dans les ressentis des personnages, creuser un peu plus leurs joies et leurs blessures. 

J’ai dévoré « Paris-Briançon » en une matinée, au bord de la piscine, embarquée par Alexis, Julia et les autres. Et petit plus, non négligeable, il était dédicacé par l’auteur, grâce à mon amie, Manoue, qui l’a rencontré au salon de Quiberon, en avril dernier.

N’hésitez pas à monter dans ce train, vous aussi. Vous m’en direz des nouvelles !

« La vie c’est si peu de choses, et ça passe si vite. »

#ParisBriançon      #PhilippeBesson    #Julliard

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Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : la com’ autour de ce roman a été incroyable, et j’avoue que cela m’a poussé à me le procurer…Le résumé m’a tentée, j’avais envie de voir comment l’auteur allait se débrouiller dans ce huis-clos particulier.

Auteur connu : Philippe Besson est un auteur que je découvre. Et que je note dans ma liste d’auteurs à suivre !

Émotions ressenties lors de la lecture : curiosité, empathie, joie, tristesse, étonnement.

Ce que j’ai moins aimé : la longueur du récit, mais tout est relatif.

Les plus : la plume, les relations humaines, les sujets abordés, le drame, la réflexion sur la vie, le huis-clos dans ce train, la fin.

Si je suis une âme sensible : aucun soucis ! On est dans le soft.

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